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DEFINITION DES GALLES

M. de Lacaze-Duthiers a donné des galles lo, définition suivante : « Ce sont toutes les productions anormales pathologiques développées sur les plantes par Faction des animaux, plus particulièrement des insectes, quels qu'en soient la forme, le volume ou le siège (1 ). » En ajoutant la restriction « plus particulièrement des insectes», le savantprofesseur delaSorbonne a voulu simplement indiquer que le plus grand nombre de ces productions est dû à ce groupe d'arthropodes. Cette définition, acceptée longtemps sans contestation, n'est plus admisedans la science actuelle. 11 n'y a pas que les animaux qui produisent des galles. Parmi les végétaux, beaucoup d'individus sont galligènes. Aussi, déjà en 1873, le professeur Thomas, à Ohrdruf, appliquait le nom de galle ou de cécidie à tou^.e anomalie de développement produite par un parasite quelconque, animal ou végétal. Suivant l'embranchement auquel appartenait le parasite, il le désignait sous le nom de cécidozoaire ou de cécidophyte (2). En 1877, W. Beyerinck considérait aussi comme une galle « toute production nouvelle anormale de cellules ou de tissus végétaux due à la présence d'un organisme animal ou végétal » (3). Aujourd'hui presque

(1) Lacaze-Duthiers. Recherches pour seroir à V histoire des galles, Ann. se. nat., bot., t. XIX 1853.

(2) Thomas. Beilraege zur Kenntniss der Milbengallen und der Gallmilben, HaUe, 1874.

(3) W. Beyerinck. Bijdrage tôt de Moi-phologie der Plantengallen. Utrecht. 1877.

tous les savants se rangent à Topinion de Thomas et de Beyerînck. Un certain nombre d'altérations végétales provoquées par des parasites comme celles que présentent, par exemple, les feuilles minées et rongées par des chenilles ne doivent pas être regardées comme des galles. En dehors de Tinfluencc parasitaire, une condition essentielle, ou le critérium en quelque sorte, pour qu'une altération végétale soit une galle, c'est une réaction de la partie du tissu végétal caractérisée par un développement anormal. Les galles seront pour nous: Toute production mo7*bide développée sur une partie quelconque d' une plante par un parasite animal ou végétal avec participation active du tissu affecté.

Les galles sont destinées à fournir la nourriture et un abri aux parasites qui ont provoqué leur formation. Elles se rencontrent sur tous les tissus. Aucune des parties des plantes depuis les racines jusqu'aux rameaux, depuis les feuilles jusqu'aux fruits n'est k l'abri de ces productions. Lorsqu'elles se forment aux dépens du cône végétatif d'un bourgeon comme les galles en artichaut du chêne, par exemple, le professeur Thomas (1) leur donne le nom d'acrocécidies tandis qu'il désigne toutes les autres, quel que soit leur siège, sous le nom de pleurocécidies.

Les galles se développent tantôt dans l'épaisseur des organes comme sous l'écorce de la tige ou au sein du mésophylle de la feuille, tantôt à l'extérieur et ne restent attachées au tissu d'origine que par un pédicule. M. Lacaze-Dulhiers (2) a insisté sur cette différence pour établir une classification des galles. Il désigne les premières sous le nom de galles vraies internes et les secondes sous le nom de galles externes. Nous verrons un peu plus loin, en étudiant le développement de ces productions morbides, que ces deux dénominations

(1) Loc ciL (2; Jd.

ne correspondent pas à deux variétés de galles parfaitement distinctes. Les galles vraies internes et les galles externes sont fermées de toutes parts et logent les parasites au milieu de leurs tissus comme cela a lieu, par exemple, pour ces galles si connues qu'on trouve sur les chênes et les rosiers. Parfois elles sont plus ou moins ouvertes et abritent simplement leurs habitants, comme on l'observe dans les galles creuses répandues dans les feuilles de tilleul, d'orme, de peuplier, etc. Ce sont ces galles, dont le type est bien différent des précédentes, que M. Lacaze-Duthiers appelle des fausses galles internes. Il nous arrivera d'employer de temps en temps les termes de galles internes et de galles externes ; nous avons cru bien faire de les définir avant d'aller plus loin.

La forme des galles est extrêmement variable.

Tantôt ce sont des séries de sphères d'une très grande régularité, tantôt ce sont des excroissances diversement contournées, pourvues de prolongements, de cornes ou d'une sorte de chevelure touffue. Ailleurs ce sont des groupes de godets, d'urnes, de bourses, etc. La même forme peut se rencontrer sur des organes très différents. Mais l'on voit aussi les formes les plus bizarres apparaître simultanément sur un même emplacement, comme on le constate, par exemple, sur une même feuille de chêne. Les naturalistes de toute époque, frappés d'observer, d'une part, un même type de galle sur des supports différents et, d'autre part, divers types de galle sur un même support, se sont demandé quelles pouvaient être les causes de ces dissemblances. Le support en lui-même n'a-t-il aucune influence sur la marche de la production gallaire? Est-ce sur le compte de l'animal galligène qu'il faut mettre l'apparition de cette diversité de formes? C'est en étudiant les causes de la formation des galles que nous allons voir de quelle manière on a cherché à résoudre le problèrae^.

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