ACTE DEUXIÈME. S
LE MARQUIS, très-ému.
Ah! laisse-moi, il ne fallait pas moins pom' m^ faire oublier un serment de trente ans!... Mais je la verrai une fois face à face leur civilisation, et je me mettrai au courant!... Ce n'est qu'un projet, grâce à Dieu!... J'ai des amis, des parents influents!... Je verrai! je saurai!... Et, pardieu! moi aussi j'intriguerai... Allez-vous à Paris, monsieur?
MARCEL
Non, monsieur le Marquis. — Je souhaite bien sincèrement que vous puissiez faire modifier mes instructions : j'aurai l'honneur, si vous le permettez, de vous voira votre retour.
Merci, monsieur! Adieu, Fromentel ! adieu, Vauclin!
VAUCLIN, rarrêtant.
Voyons, Laroche! voyons, la, soyons raisonnable, morbleu! Si ton roi te la demandait, ta maison, la donnerais-lu?
LE MARQUIS, avec élan.
Ah! à lui... parbleu!
VAUCLIN.
Eh bien! c'est le pays qui la demande! donne-la, et vive la Nation !
LE MARQUIS
Ah ! ce n'est pas la même chose, mon ami, ce n'est pas la même chose!
VAUCLIN.
Mais, vieil entêté!...
LE MARQUIS
Ne me querelle pas!... je n'aurais pas la force de te répondre.
VAUCLIN, lui serrant les mains.
Alors, bon voyage!... bon voyage î
LE MARQUIS, très-émn.
Je ne peux pas la quitter pour trois jours sans avoir des larmes dans les yeux! Et ils veulent que je la perde à jamais! Ah! nous allons bien voir!... Bourreaux !'bourreaux !
(Il sort, Cavalier referme son album.) FROMENTEL, prêt à suivre le Marquis, à Mircel, avec reproche.
Quand on pense qu'il était si facile de passer par le petit ruisseau !
MARCEL, le saluant.
Et de rouler dans la boue î
(Il sort. Fromentel hausse les épaules et sort de son côté.) VAUCLIN, seul, passant à gauche.
Eh bien! au moins c'est un honnête homme^ celui-là 1