‹ Les ganaches, comédie en quatre actesChapitre 83 sur 116 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

VAUCLIN.

A deux genoux.

MARGUERITE. Elle achève de boire.

Dieu vous saura si bon gré de le faire qu'il me guérira... vous verrez.

VAUCLIN, ému.

Eh bien, oui, mon enfant, oui, il te guérira,

MARGUERITE

Merci î... Ah! laissez-moi vous embrasser.

VAUCLIN, l'embrassant.

Voyons, chère petite!...

MARGUERITE, accablée et retombant.

Merci !...

VAUCLIN. Il redescend en essuyant une larme.

Enfin î Quel assaut î... (La regardant.) Elle s'endort!

(Musique en sourdine. — Vauclin passe à droite et va serrer la potioo dans un petit meuble.)

MARGUERITE, s'endormant et rêvant tout haut.

Il reviendra.

VAUCLIN.

Encore lui... Elle va rêvasser... comme toujours, et ne pas dormir.

(Il revient à elle.)

MARGUERITE

Il reviendra par là!... Il n'ose pas... on l'a chassé...

VAUCLIN, à demi-YOix, à son oreille.

Mais non...

MARGUERITE

Si... Rosalie me l'a dit 1... On l'a chassé parce qu'il a demandé ma main... et il est parti.

VAUCLIN, de même.

Mais il n'est pas parti, chère enfant!... Dors tianquille. Il est à Quimperlé.

MARGUERITE

Non!

Je Tai vu hier.

MARGUERITE, tressaillant.

Et il ne vient pas me voir!... On l'a chassé !.., Mon oncle* Rosalie me l'a dit !

se LES GANÀCHES.

VAUCLIN5 à lui-même, montrant le poing à Rosalie dans le vide.

(Bas.) Ahl vieille sorcière! (Haut.) Mais non, au contraire!... Dors, je t'en prie.

MARGUERITE, vivement.

Ce n'est pas vrai, n'est-ce pas?... Oui, on l'a bien reçu, au contraire...

VAUCLIN.

Mais certainement !

MARGUERITE

Oui!... Et mon oncle est allé à Paris pour les renseignements.

VAUCLIN.

Mais, justement.

MARGUERITE, de même, avec joie.

Oui!... Et on nous mariera!

VAUCLIN.

Mais oui, chère enfant!... Oui, certainement, on vous mariera!

MARGUERITE, soupirant avec bonheur.

Ahl

(Elle s'endort.)

VAUCLIN.

Elle va dormir profondément, grâce à la potion ! (ii prend son pouls.) La fièvre s'apaise un peu! Pauvre enfant! Elle aime: toute la maladie est là.

BOURGOGNE, entrant.

Monsieur!... monsieur!

(La musique continue agitato et crescendo.) VAUCLIN.

Plus bas!

BOURGOGNE, baissant la voix.

Voici M. le Marquis de retour.

VAUCLIN.

Déjà!

BOURGOGNE

Et tout joyeux!

VAUCLIN.

Mon Dieu! c'est vrai! il ne sait rien!... Il faut lui apprendre.

(V ivement.) Ouvre la porte, qu'il ne voie pas Marguerite dans cet état! il la croirait morte.

LE MRAQUIS, dehors.

Yauclin! Marguerite!...

(Bourgogne ouvre la porte de la chambre de Marguerite et tire le fauteuil, aidé par Vauclin.)

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