‹ Les ganaches, comédie en quatre actesChapitre 84 sur 116 · SCÈNE VI LE MARQUIS, VAUCLIN, FROMENTEL ROSALIE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI LE MARQUIS, VAUCLIN, FROMENTEL ROSALIE

LE MARQUIS, entrant vivement, vêtu en Parisien qui voyage, avec une escarcelle et unecouverture, triomphant et de bonne humeur, des journaux et des brochures à la main, (La musique cesse).

Eh! ici, mon bon Vauclin! Bonjour, mon vieil ami!... bonjour, Fromentel, bonjour î — Allons, Bourgogne, les bagages, vile, vitel

BOSALIE, avec sentiment.

Ah! monsieur le Marquis!

(Elle tourne autour de lui pour l'embrasser; le Marquis lui remet ses journaux, qu'elle porte au fond.)

FROMENTEL, regardant la couverture.

Quel luxe!

LE MABQUIS, à Vauclin.

Et mon père? et Marguerite?

VAUCLIN.

Pas si fort, ils dorment. (Avec intention.) Et même Marguerite...

LE MARQUIS, sans l'écouter.

Ils dorment encore!... Ah ! les paresseux!... (a Bourgogneet au valet.) Allons, dépêchons, voyons! Les trois caisses sous le hangar!... les colis couverts de toile dans le vestibule, les malles chez moi! et dégourdissons-nous, mes amis! Allons, allons donc î

ROSALIEj même jeu, le rattrapant à gauche et cherchant à l'embrasser.

Ah ! monsieur le Marquis !

VAUCLIN, passant devant elle.

Et tu vas?...

(Rosalie, dépitée, remonte pour retrouver le Marquis d'un autre côté.) LE MARQUIS, gaiement.

Vingt ans, mon ami, vingt ans! Je me porte! je suis léger.

(Jetant l'escarcelle à Bourgogne.) Eh bien ! et ça, et Ça donC?

(Il jette la couverture à Bourgogne, et c'est Rosalie qui la reçoit au moment où elle tend les bras.) * Vauclin, le Marquis, Fromentel, Rosalie ; Bourgogne, au fond,

n LES GANACHES.

ROSALIE

Ah ! monsieur le Marquis ! .. J'avais rêvé son retour,

LE MARQUIS, au moment où elle va l'embrasser, à Bourgogne> en se retournant.

Ah! et la vache?

ROSALIE, stupéfaite.

La vache !

LE MARQUIS, à Bourgogne.

N'oubliez pas la vache de la voiture, où j'ai laissé des bour-

riches! (Les domestiques disparaissent.) Ah! (Rosalie l'embrasse déÛDitive-

ment. C'cst ça, là, ouf!... enfin Je respire!

(Il s'assied sur le canapé.)

VAUCLIN.

Voici du feu l

LE MARQUIS, assis.

Bon, bonjen'aipas froid! Vous avez froid, vous autres?— Estce contrariant ! Mon père, cette petite fille qui dorment, à onze

heures! (Regardant la pendule et sa montre.) TicUS 1 VOUS relai'dcz î FROMENTEL.

Mais non !

LE MARQUIS

Si... si... il est onze heures et demie à la Bourset

VAUCLIN, surpris.

La Bourse !

FROMENTEL, de même.

La Bourse de Quimperlé?

LE MARQUIS

Eh bien, quoi?... Qu'est-ce que vous avez?... Vous avez i'air gelés tous les trois.

VAUCLIN.

Mais non, c'est toi qui est tout...

FROMENTEL

Oui, tout...

Vous allez! vous allez! vous allez!...

LE MARQUIS, se levant gaiement»

Vingt ans! mon ami! vingt ans! C'est Paris! (Se levant.) Eh! à propos! victoire!

FROMENTEL et VAUCLIN.

Pas de chemin de fer à Quimperlé l

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