‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 160 sur 238 · AU · texte numérisé non relu

AU

FLOUPIN.

Et une brochure avec cette épigraphe : « Le Parisien, qu'est-il aujourd'liui? — Tout. — Que duit-il être? — Rien.

— Le villageois, qu'esl-il?— Rien. — Que doil-il être?— Tout. «

GRINCIIU, enllioiisiasmé.

V'ià, v'ià, v'ià c' qu'on demande!

FLOUPIN.

Premier chapitre. De l'origine du Parisien... Il n'en a pns!

— Deuxième chapitre. Son caractère: léger, futile, inconstant, toujours en quête de plaisirs nouveaux, et, séduit par la douceur de notre climat et de nos mœurs, le Parisien s'est persuadé récemment qu'il aimait la campagne, et a mis la villégiature à la mode. — De là cette quantité prodigieuse de vilhis et de chalets, oij nous voyons, au printemps, le Parisien, maigre, blême, épuisé, labourer péniblement un sol ingrat qui se refuse à son travail d'amateur, et retremper dans les émanations balsamiques des c''amps ses organes affaiblis par les débauches de i'iiiverl

TÉTILLARD, enlhousiasmé.

Oui!

FLOUPIN.

Chut! Troisième chapitre. Ses mœurs!... abominables!... La présence du Parisien dans nos cantons constitue un véritable danger pour les mœurs locales, si pures... ah! grand Dieu ! si pures! avant son arrivée! —C'est à sa présence qu'il faut attribuer ce redoublement d'ivrognerie chez les femmes et de coquetterie chez les hommes. Non!... je veux dire de coquetterie chez les hommes, et d'ivrognerie chez les femmes!... Enfin!... Dernier chapitre... Des moyens propres à le combattre!...

TlÎT ILLARD.

L'épicerie!...

G6 NOS BONS VILLiVGEOIS,

GRInCUU, l'interrompant.

Oh! il n'en faut pas tanti Yn'ia qu'à leuz'y rend' la vie dure, qu'ils dccanillent tous!...

TÉTILLARD, vivement.

Tous? Eh ben, merci, toi, dis donc, et l'épiccrisl

GRINCIIU.

L'épicerie ?

FLOU PIN, voulant parler.

Si...

TÉTILLARD.

Oui, quand ils ne seront pas là, c'est-y toi qui me feras vivre avec les six sous de sel et les quatre livres de chandelles que tu me prends par mois?

FLOU PIN, mJmo jeu.

Je...

GRINCUU.

T'es donc aussi un vendu, toi? t'es donc un Parisien?

FLOU PIN, m;me jeu.

Vous..,

TÉTILLARD.

Parce que tu portes tous tes légumes à Paris, toi, tu t'en fiches !

FLOUPIN, exaspi?ré.

Silence!... Je parle à des âne?.— Si vous m'aviez laissé achever, vous sauriez que mon système ne conclut ni à leur tyrannie, ni à leur expulsion, qui ruinerait l'épicerie et la pharmacie locales.

TÉTILLARD.

Pardi!

FLOUPIN.

Mais à leur servitude... par un système de comprosMon municipale... qui ne peut être pratiquée que... quand je serai maire.

Page 1