‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 17 sur 238 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BOURGOGNE

Oui, monsieur.

VAUCLIN.

Eh bien^ d('pose ce plateau; M. le Marquis s'en passera ce soir !

BOURGOGNE

Monsieur veut priver mon maître...

Pardieuîje m'en prive bien depuis cinquante ans, moi!... et il y a assez de malheureux qui s'en privent tous les jours.

BOURGOGNE

Il y a aussi des malheureux qui n'ont plus de dents! — Si M. le Marquis u'était plus libre de se servir des siennes.

VAUCLIN, s'échauffant.

Il n'est pas libre de s'empoisonner!

BOURGOGNE

M. le Marquis a plaisir à s'empoisonner.

VAUCLIN.

Si ton intelligence n'était pas abrutie par la livrée que tu portes, tu saurais que ton maître est citoyen avant d'êlre homme, et qu'il est responsable envers la Société de tout le tort qu'il peut faire à sa propre personne, en l'abreuvant d'une substance nuisiblt à la conservation de l'espèce humaine!

BOURGOGNE

Il faudra maintenant que nous demandions à la Sociiic la permission de prendre notre café?

VAUCLIN, brutalement, prenant la cafetière sur lé plateau.

Et la Société... c'est moi... Je refuse!

(Il jette le café au feu.) BOURGOGNE.

Oh!

VAUCLIN, remettant la cafetière vide sur le plateau.

11 n'y a que les moyens révolutionnaires!... Si on disculail avec ces brutes-là !

(Il trayerse à gauche, s'assied devant la table et ou\re son journal.)

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