‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 185 sur 238 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

HENRI

Des larmes?

GENEVIÈVE

Eh bien, oui, je ne voulais pas!... mais à la fin... malgré moi... il le faut bien, je ne peux plus... je ne peux pas...

HENRI, ému.

Pleurer !... et pour moi... à cause de moi... Ah! pardonnezmoi, et ne pleurez plus... Geneviève!... mon amie!...

GENEVIÈVE

Ah! c'est ridicule, je sais bien...

HENRI

Non, ce n'est pas ridicule, mais c'est doux, c'est tendre et bon... Oui, vous avez raison... oui, je ne devrais pas être ici... mais le seul coupable, c'est moi... moi seul !.. et cent fois plus coupable encore que vous ne le pensez... et vous êtes, vous, l'ange adoré, qui me sauve de l'indigne action que j'allais commettre.

GENEVIÈVE

Vous!...

HENRI, continuant, avec chaleur.

Car m'introduire ici, comme je l'ai fait, la nuit... et dans quel but!... oui, c'est le fait d'un malhonnête homme et d'un méchant... Ne regrettez pas ces larmes que je bénis... chère aimée que vous êtes, car ce sont elles qui m'ont fait rougir de moi-même... et je partirai cette fois.. . Ah ! certes, oui, je pars... comme un voleur de nuit surpris par la clarté du jour... honteux de ma faute et fier de lui échapper... Les yeux tournés vers vous, vous mon devoir... ma vérité... ma vertu... l'auroce de mon cœur... et mon seul et radieux amour....

GENEVIÈVE, heureuse.

Ahl vous partez...

HENRI, déposant la petite clef sur la table.

Mais d'abord cette clef, complice de ma faute... tenez... tenez... Geneviève, reprenez-la... je n'en veux plus, cela r.;6 brûle I

G E X E V 1 L; V R , debout, h droite.

Gardez-Ia pour le jour.

II ENUI , sur le seui!.

Non ! non ! — Pour demander à deux genoux votre main, et avec elle tout le bonheur de ma vie... je ne veux rentrer ici que p;!r la grande poste... en honnête homme.

GENEVIÈVE

A demain donc!

HENRI

A demain !

GENEVIÈVE

Ah bien, maintenant, oui... jo vous aime 1

lîENUI. Et moi donc!... (n se sauve.)

SGÈNÏÏ VIII.

GENEVIÈVE, p..,;s PAULINE.

GENEVIÈVE, seule.

Ah!... ah! que c'est bon de respirer à l'aise!... Pourvu qu'il

ne s'égare pas dans le parc. (eUo remonte un peu et le suit des yeux par le fond.)

PAULINE, sortant de chez elle.

Comment! c'est encore ouvert ici ? Geneviovo...

GENEVIÈVE, redescendant.

Ah! te voilà !... enfin 1...

PAULIN E

Qu'as-tu donc ? Tu es toute...

GENEVIÈVE, vivement.

Oui... je me suis trouvée seule... et je viens d'avoir un« petite peur, mais ce n'est rien... c'est passé... tout à fait...

PAULINE

Madame Boutillé t'attend à la grille.,. Je te croyais avec la Mariolle.

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