‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 184 sur 238 · HE NUI · texte numérisé non relu

HE NUI

Quoi de plus sérieux que de nous aimer?

GENEVIÈVE, debout, s'éloignont.

Ah! que j'ai eu tort de vous donner celte clef!

IIENni, la suivant.

Encore!..,

Plus que jamais!., je suis mécontente de moi!., je souffre... j'ai peur... Tenez... je vous en prie, Henri... allez-vou£'.-en...jo vous en supplie !

HENRI

Eh bien, je m'en irai, oui !

GENEVIÈVE

Enfin 1...

HENRI

Mais quand vous m'aurez dit que vous m'aimez.

GENEVIÈVE, sans conviction.

Eh bien, je vers aime, oui, allez-vous-en I

HENRI

Oli! mieux que cela.

GENEVIÈVE

Je vous le dirai tout à l'heure au bal.

HENRI

Tout de suite et je pars!...

GENEVIÈV13.

Bien vrai?

HENRI

Sur l'honneur!...

GENEVIÈVE

Ch bien... Non 'e le dirais raall

HENRI

Parce qae?...

GENEVIÈVE

Parce qu'il y a quelque chose en moi qui étouiïe sur mes lèvres tout ce qui me vient du cœur!... Dieu sait, mon ami, si une seule minute de celte journée s'est écoulée sans que vous fussiez présent à ma pensée... Et pourtant, il n'y a plus de douceur ? vous voir... au contraire... Ah! cela est bien nouveau pour moi, je vous assure, et bien triste!

HENRI

Geneviève, mon amie...

GENEVIÈVE

Ah ! laissez-moi tout dire... vous aurez beau parler, il y a là quelqu'un qui parle plus haut que vous et qui me dit : « Geneviève!... il ne devrait pas être ici, et, toi, tu ne devrais pas ''écouter... Tu frissonnes!... tu as peur!... ce qui prouve bien la faute... car on ne se cache que pour mal faire et l'on ne tremble ainsi qu'étant coupable! »

HENRI, se récriant.

Coupable, vous ?

GENEVIÈVE

Oui, oui, coupable, oui!... car ce que nous faisons là n'est pas bien ; je vous jure, Henri, que ce n'est pas bien !... ce n'est pas bien! — Ce n'est pas bien!

HEN RI

Mais, chère enfant...

GENEVIÈVE

Non... je ne vous écoute plus... laissez-moi!... je soufTre trop !epuis que vous êtes là!... j'ai le cœur serré... je n'ose vous Sgarder, vos paroles me choquent, vos regards me blessent!.. 3ut en vous me trouble, m'inquiète... Est-ce que c'est naturel, cela ? .. voyons !... et n'est-ce pas affreux que je sois si peinée de vous voir... si mécontente de vous et de moi,... si craintive, si malheureuse... et enfin, vous le voyez bien, si chagrine? (EUe tombe assise à droite tout en pleurant.)

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