II EXP.I
Alors, monsieur, je suis venu dans ce village en fôte... au hasard... et comme un égaré qui suit la foule pour s'étourdir. La fatalité a voulu que, dans l'après-midi, j'aie entendu parler de la richesse de votre maison... des bijoux... des diamants de madame la baronne.
LE BARON, à lui-même.
Cet animal de Floupin avec ses conférences...
HENRI
Alors, j'ai pensé: « Si j'attendais la nuit... les maîtres seront au bal ou sur la terrasse, à voir la fête... les domestiques auront congé. Par le saut-de-loup, je pénètre dans le parc... j'arrive à couvert dans les massifs jusqu'à la maison... l'été, toutes les fenêtres sont ouvertes... et, une fois là, le premier secrétaire... ou chiffonnier de femme que je rencontre... » ( u respire opris les
efJbrts qu'il a faits pour inventer son récit. )
LE BARON
En effet, c'est bien raisonne. — Mais vous ne vous saviez donc pas poursuivi, quand vous vous êtes emparé de ces diamants?
HENRI
Non, monsieur.
LE BARON
Et, une fois en leur possession, que compliez-vous faire ?
HENRI
Ah! monsieur, je ne me suis pas demandé cela. Figurezvous un homme aux abois... la tète perdue... voulant le salut à tout prix... A la première chance qui s'offre, l'égarement, le vertige vous entraînent... on la saisit à corps perdu, cette branche inespérée qui est à portée de la main, et ce n'est qu'a-