‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 201 sur 238 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

près l'horrihlo chute qu'on se dit (avec émoiion) comme moi tout à l'heure : «Ah!... qu'ai-je fait?... Pour le salut d'une heure, fallait-il compromettre celui de toute ma vie ? »

LE BAIiOX, à lai-mëme.

Tout cela a l'air naturel... (sd lapprociiam de lui.) Voyons, vous n'êtes peut-être pas si coupable, en effet... A vingt-trois ans... de méchantes connaissances... des conseils perfides... un complice...

II E N n I , vivement.

Non, monsieur, je n'ai pas même celte excuso.

LE BARON

Et vous en êtes venu là tout seul ?

HENRI

Seul.

LE BARON

Parions que vous ne me dites pas la vérité... et que, dans votre affaire, il y a au moins une personne...

HENRI

Une...

Une femme Une femme 1

LE BARON, achovanU

HENRI, tressaillant.

LE BARON

Ail! voyez-vous!... Parbleu! à votre âge!. . très-belle action OU très-grande faute : cherchez la femme!... Il y a une femme.

HENRI, inquiet, le regardant.

Jo vous jure...

LE BARON, remarquant son trouble.

Ne mentez donc pas... Vous vous trahissez vous-même.,. car vous tremblez, pour elle plus que pour vous...

HENRI, à lui-même.

Ah! certes, oui...

LE BARON

Quelque drôlesse, hein ?

HENRI

Ah! Dieu, non!

LE BARON

Alors, une jeune fille que vous aurez séduile ou une femme

mariée. Vous êtes dans l'âge. (Henri cache son visage sans répondre.) LE BARON, continuant.

Allons, elle est mariée, c'est clair... Celte terreur... Vous vous dites : » On va tout découvrir... » Ah! mon Dieu, élevez donc votre fils dans des principes d'honneur et de vertu, soyez donc conslamment tendre et dévoué, et saignez-vous aux quatre veines, pour que tout, probité, honneur, avenir, aille misérablement s'engloutir aux pieds de la première femme qui passe...

HENRI, à lui-même, douloureusc:iieat.

C'est vrai !

Tes larmes!... ton désej^poir, pauvre père!... il est bien question de cela! Je gage, malheureux enfant, qu'en vous jetant à l'aventure dans ce gouffre, vous n'avez pas seulement songé à votre père?

HENRI, ému.

Ah! mon pauvre père!... Assurément, non, je n'ai pas songé à lui.

LE BARON

Et vous l'aimez pourtant?

HENRI

Si je l'aime!

LE BARON

Mais, fils ingrat, pensez-y donc!... Il dort... tenez, à cette heure!... il rêve!... des rêves qui ne sont que vous!... Il vous voit heureux, honoré, aimé... Il vous marie... il revit dans votre bonheur, dans vos petits enfants, qu'il fait sauter sur ses genoux... Et, devant ce paradis de sa vieillesse, il pleure de

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