ACTE QUATRIÈME. 12o
joio... Eli bien, non, toutccla, mensonge!... Réveille-toi, vieillard, ton lils ne conduit pas une honnête fille à l'autel; mais il est conduit au tribunal par deux gendarmes!... Ce n'est pas le bonheur, c'est le scandale!... Ce n'est pas l'amour, c'est l'infamie!... Tu t'es endormi le père d'un honnête homme, et, parce qu'il s'est trouvé sur sa route une femme mariée à distraire de ses devoirs, tu n'es plus que le père d'un voleur!...
HENRI, à bout de courage.
Ah! par piiié, monsieur, épargnez-moi!... A quoi bon me dire tout cela?...
LE BARON
Mais c'est vous, malheureux, qui deviez vous le dire!
Ah ! je ne me le suis pas dit... je n'y ai pas pensé... Autrement...
lE BARON.
Oui, trop tard, toujours, au risque de le tuer...
HENRI, dans le plus grand trouble.
Le tuer?... Non!... Il est encore temps... je puis encore...
LE BARON
Quoi?
HENRI
Non... rien !...
LE BARON, touché de son état, à part.
Des larmes!
HENRI, à lui-même.
Ah! le voilà, l'héroïsme!... c'est de continuer maintenant.
LE BARON
Allons, asseyez- vous, vous chancelez... (nenri tombe assis
sans parler.)
LE BARON, ému, à lui-mùme.
Allons... il a du bon... Le fond est bon... du cœur... une vraie douleur... Il y a encore l'étoffe d'un honnête homme. (Haut.) Vous sentez-vous mieux?
HENRI, avec effort.
Oui, monsieur.
LK BARON
Eh bien, maintenant, voyons! 11 ne s'agit pas de se désoler sur le mal... Pensons au remède... Avez-vous bien médité sur votre position?... Avez-vous quelque idée de ce que vous allez faire?...
IIENBî, a?eo décourascmcnt.
Aucune ...
LE BARON
Rien du tout?...
HENRI
Rien!
LE BARON
Alors, je suis donc plus habile que vous, moi, car j'ai trouvé
quelque cllOSe. (llemi le regarde avec étonnement.) Oui, c'est Un pOU
risqué; mais, ma foi, si je me trompe, tant pis... pour vous !... mon avis est que vous auriez le plus grand tort d'attendre M. le commissaire de police, et qu'avant son arrivée, ce que vous pouvez faire de mieux, c'est de vous sauver!...
(Henri le regarde avec une surprise croissanle.) Oui, OUi, aVCC VOS jam-
bes!...
HENRI
Ah! monsieur, et c'est vous qui...?
LE BARON, souriant.
Mais je crois, en effet, que, sans mon aide...
Ah! monsieur, vous feriez cela... et je vous devrais, à vous... ?
LE BARON
Allons, allons, voyons, ne pleurez pas de joie, maintenant!
HENRI, debout.
Ah! si vous saviez!... Ah! Dieu! il faut voir ses fautes face à face, comme je les vois... pour savoir à quel point elles sont condamnables.