ACTE DEUXIÈME. 5S
ROSALIE
La! ne vous fâchez pas, moasieurle Marquis!... Je dis ce que j'ai vu!
LE MARQUIS
Quoi?
ROSALIE, myMérieu'emcnt.
Mais j'ai vu, comme je vous vois, de ma fenêtre, où j'rlais par hasard, hier à minuit... un jeune homme... un praii.'l beau garçon!... ilssont toujours beaux ces Satans-là !... faire !e tour du parc, vers la haie d'aubépine, en regardant la fenClrc de mademoiselle Marguerite ; et ce matin encore... ce malin, monsieur le Marquis, il a eu le front de faire le même tour par la petite prairie.
Et voilà tout, quoi? et c'est cela? Pour un curieux qui passe...
ROSALIE
Un curieux! par un froid de dix degrés! Votre niôce est donc bien curieuse aussi, car il. n'y a pas dix minutes, je l'ai vue, tandis que le beau jeune homme passait, soulevei' le rideau de cette fenêtre.
LE MARQUIS
Celte fenêtre?
ROSALIE
Eh!... tenez, tenez!... le rideau est encore relevé!
LE MARQUIS, frappé.
Oui! tout à l'heure'... devant moi !... celte animation!... celle rougeur!... ces distractions qui m'étonnaieut. (vivunent.) Ce jeune homme était derrière la haie, vous en êtes sûre V
ROSALIE, doucement.
Ûh ! Dieu ! Je les devinerais dans les entrailles de la terre !... les horreurs d'hommes! 11 est peut-être encore là.
(Elle va à la fenêtre.) LE MARQUIS.
OÙ ça?
ROSALIE