I.à-bas! tenez! tenez! le voilà
* Le Marquis, Rosalie.
LE MARQUIS, regardant.
En effet! un homme, jeune encore!
ROSALIE *, de même.
Et qui n'est pas d'ici, j'en réponds! Je les connais tous, les bandits!.,. Ils donnent assez de mal à la Société.
LE MARQUIS, après avoir pris une lorgnelle sur le secrétaire.
Il marche avec précaution sur les pierres du petit mur écroulé.
ROSALIE
Et en se baissant, le voyez-vous glisser, le serpent 1
LE MARQUIS, regardant.
Le voici qui s'assied!
ROSALIE
Oui, mais il guette toujours! il regarde par ici, tenez! (reculant indignée.) Il me prend pour elle !
LE MARQUIS, arec menace.
Ah! si je croyais! (Redescendant.) Ce n'est pas possible!— Un impertinent voyageur, voilà tout! elle le regardait comme on regarde un passant, par hasard!...
ROSALIE **, onclneusement.
Il n'y a pas de jeune homme qui passe par hasard, monsieur le Marquis!... H n'y a pas de jeune filie qui le regarde par hasard! et quand ces hasards-là se répètent trop souvent, ça finit toujours... toujours... toujours!... par revenir à la Société matemeile !
LE MARQUIS
Bon pour vos grisettes!... mademoiselle de Forbac!... mais une fille de notre maison !
ROSALIE, de même.
Ilélas! c'est mot à mot la réponse que le Marquis me fil il y a vingt ans, quand je vins lui dire comme aujourd'hui : « 11 y a un jeune homme qui passe bien fréquemment dans la prairie, et votre sœur est bien souvent à sa fenêtre! »
LE MARQUIS
Ah! c'était alors... c'était...
* Rosalie, le Marquis.
** Le Marquis, Rosalie.