‹ Les ganaches; comédie quatre actesChapitre 78 sur 238 · SCÈNE Vï LE MARQUIS, VAUCLLN, FROMENTEL ♦, ROSALIE · texte numérisé non relu

SCÈNE Vï LE MARQUIS, VAUCLLN, FROMENTEL ♦, ROSALIE

LE MARQUIS, entrant vivement, vêtu en Parisien qui voyage, avec une e? canelle et unecouverture, tncmphint et de bonne humeur, des journaux et desb-ochures à la main. (La musique cesse).

Eh! ici, mon bon Vauclin! Bonjour, mon vieil ami!... Lonjour, Fromentel, bonjour ! — Allons, Bourgogne, les bagages, vite, vile!

BOSALJE, avec sentiment.

Ah! monsieur le Marquis!

(Elle tourne autour de lui pour l'embrasser; le Marquis lui remet ses journaux, qu'elle porte au fond.)

FROMENTEL, regardant la couverture.

Quel luxe!

LE MARQUIS, à Vauclin.

Et mon père? et Marguerite?

VAUCLIN.

Pas si fort, ils dorment. (Avec intention.) Et môme Marguerite...

LE MARQUIS, sans l'écouter.

Ils dorment encore!... Ah! les paresseux!... (a Bourgogne et au valet.) Allons, dépêchons, voyons! Les trois caisses sous le hangar!... les colis couverts de toile dans le vestibule, les malles chez moi! et dégourdissons-nous, mes amis! Allons, allons donc !

ROSALIE, même jeu, le rattrapant à gauche et cherchant à l'embrasser.

Ah ! monsieur le Marquis !

VAUCLIX, passant devant elle.

Et tu vas?...

(Rosalie, dépitée, remonte pour retrouver le Marquis d'un autre côté.) LE MARQUIS, gaiement.

Vingt ans, mon ami, vingt ans! Je me porte! je suis léger.

(Jetant l'escarcelle à Bourgogne.) Eh bien ! et Ça, et ça donc?

(Il jette la couverture à Bourgogne, et c'est Rosalie qui la reçoit au moment où elle tend les bras.) • Vauclin, le Marquis, Fromenlel, Rosalie ; Bourgogne, au fond.

EOSALiE.

Ah ! monsieur le Marquis ! .. J'avais rêvé son retour.

LE MARQUIS, au moment où elle va l'embrasser, à Bourgogne» en se retournant.

Ah! et la vache?

ROSALIE, stupéfaite.

La vache !

LE MARQUIS, à Bourgogne.

N'oubliez pas la vache de la voiture, où j'ai laissé des bourriches! (Les domestiques disparaissent.) Ah! (Rosalie l'embrasse défloitive-

ment. C'cst ça, là, ouf!... enfin je respire!

(Il s'assied sur le canapé.) VAUCLIN.

Voici du feu !

LE MARQUIS, assis.

Bon, bon, j e n'ai pas froid ! Vous avez froid, jous autres ?— Estce contrariant ! Mon père, cotte petite fille qui dorment, à onze

heures! {Regardant la pendule et sa montre.) Tiens 1 VOUSrelardez ! FROMENTEL.

Mais non î

LE MARQUIS

Si... si... il est onze heures et demie à la Bourse.

VAUCLIN, surpris.

La Bourse !

FROMENTEL, de même.

La Bourse de Quimperlé ?

LE MARQUIS

Eh bien, quoi?... Qu'est-ce que vous avez?... Vous avez i'air gelés tous les trois,

VAUCLIN.

Mais non, c'est toi qui est tout...

FROMENTEL

Ouij tout...

ROSALIE

Vous allez! vous allez! vous allez!...

LE MARQUIS, se levant gaiement-

Vingt ans! mon ami! vingt ans! C'est Paris! (Se levant.) Eh! à propos! victoire!

FROMENTEL et VAUCLIN.

Pas de chemin de fer à Quimperlé I

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