PENDANT L'INTERVENTION
En cours d'intervention, le stade décisif est atteint. L’ulcère est déclaré réséquable ou inréséquable. Maïs souvent le compte rendu opératoire qui donne cette conclusion n’en apporte pas la raison. L'opérateur se contente d’exprimer son opinion personnelle. De telle sorte qu’il manque à l’observation les éléments d’objectivité qui la rendraient utile. L’énoncé de la décision prise et de l’intervention pratiquée semble suffisant. La description paraît complète. On oublie seulement de justifier le geste technique par des raisons techniques. Le simple récit des convenances personnelles du chirurgien tient lieu de tout, Or ces convenances ne sont pas immuables. Les décisions varient avec l’expérience, l'entrainement de l'opérateur, avec ses aides, la qualité de l’anesthésie, l’état de la paroi...
Faut-il donc renoncer à y voir clair ?
Peut-on apporter de l’ordre dans un problème aussi confus ? Peut-on, en évitant le schéma qui détruit tout
Pre
parce qu’il est arbitraire et inapplicable, définir les ulcères inextirpables ? Il s’agit du point de vue de la technique opératoire, mieux, de l'exploration opératoire, de s’efforcer de préciser les risques dans chaque cas particulier, de comprendre comment un ulcère devient dangereux, comment on s’en aperçoit pour prendre enfin, à la suite d’une vue raisonnée des lésions, la décision de tenter une exérèse ou d'abandonner en place.
Ce temps d'exploration — «temps de pause» dans la continuité de l’acte opératoire — va comporter, après abord direct de la lésion, des manœuvres chirurgicales, qu'il faut distinguer soigneusement de toute manœuvre d’exérèse. « C’est en principe seulement lorsque la décision est prise que peuvent commencer les délabrements » (Jourdan).