TRACTIONS RYTHMÉES DR LA LANGUE
ment des bras sur la poitrine, faire respirer de l'oxygène, mais surtout employer le merveilleux procédé du Dr Laborde, des tractions rythmées de la langue qui a déjà sauvé la vie à un grand nombre de personnes, aussi bien aux nouveauxnés qui ne commencent point à respirer qu'à des adulles noyés ou asphyxiés.
Tractions rythmées de la langue. —
J'emprunte au volume qui a été publié par le Dr Laborde (Les tractions rythmées de la langue, Félix Alcan, éditeur), l'observation suivante qui est très démonstrative :
« Rappel à la vie d'un noyé âgé de 70 ans, retiré de Veau depuis une heure, par M. le Dr Sorre, chirurgien de l'hôpital de Saint-Malo. .
« Le 25 août dernier, à minuit, je fus demandé pour aller donner mes soins, sur les quais de Saint-Malo, à un noyé qui avait été retiré de l'eau depuis une heure et qu'on ne parvenait pas à ramener à la vie. On le croyait mort. Je me rendis ausssitôt à l'endroit indiqué, et voici ce que j'appris :
« A onze heures, un vieux marin, de 76 ans, était tombé dans l'avant- port où la mer était haute ; un douanier de service entendant la chute se rendit immédiatement à l'endroit pré-
100 ABSORPTION DE l'oXYDE DE CARBONE
suméet jeta, un peu à l'aventure, vu l'obscuri'é, sa ligne, et eut la chance de le saisir avec un des grappins dont elle était munie, et de l'attirer sur le quai, avec l'aide de trois personnes qui passaient.
« Immédiatement, ces quatre personnes se mirent en devoir de retirer tous ses vêtements, de l'envelopper d'une couverture de laine, de le frictionner vigoureusement en faisant des pressions alternatives sur la poilrine, de façon à rétablir les mouvements respiratoires.
« Aussitôt arrivé, je pris dans ma trousse une pince hémostalique. J'ouvris de force la mâchoire, que je fis maintenir ouverte avec le bout de ma canne introduite enlre les dents, je saisis fortement la langue avec la pince, et exécutai des mouvements rythmés de cet organe dix-huit à vingt fois par minute. Je continuai cette manœuvre pendant une vingtaine de minutes, malgré tout ce qui se disait autour de moi, notamment que tout ce que je faisais était inutile.
« Enfin, au bout de ce temps, j'eus la grande satisfaction non de voir, parce qu'il faisait une nuit obscure, mais de sentir avec la marn de petits mouvements de soulèvement et d'abaissement de la région diaphragmatique ; cinq mi-