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CHAPITRE IV

LA GAZÉIFICATION DBS COMBUSTIBLES

Pour qu'un combustible puisse s'allumer, il est nécessaire que la partie que l'on veut enflammer soit, d'abord, portée à une assez haute température, variable avec le combustible. . Comme conséquence naturelle, la partie du combustible qui brûle, ayant toujours, au préalable, été chauffée, a déjà subi certaines transformations.

Notamment, lorsqu'on chauffe un combustible, l'eau qui est contenue dans celui-ci est vaporisée et les produits volatils distillent.

Quand on veut traiter un combustible dans un gazogène, on a donc à s'inquiéter des produits qui se volatilisent et qui ne sont pas combustibles, comme la vapeur d'eau, de ceux qui sont combuslibles, comme le gaz de ville, et du coke, qui ne peut être volalilisé parla chaleur et ne pourra ôlre transformé en gaz combustible que par une combustion incomplète en oxyde de carbone.

Enfin, toutes ces parties ainsi transformées, il resle les impuretés du combustible, c'est-à-dire les cendres et les scories, qu'il faut éliminer.

Lorsque Ton fait la combustion dans un vase clos, une cornue par exemple, on ne peut recueillir que les deux premiers produits. Le coke reste dans la cornue.

C'est ainsi que l'on procède pour le gaz d'éclairage.

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Tous ces produits ne sont pas, en général, d*un bon emploi.

D'abord, les vapeurs d'eau ne peuvent servir à rien. Il convient de les éliminer par condensation. D'autre part, on peut condenser d'autres produits, comme Tammoniaque commerciale qui a une grande valeur, Tacide acétique, Tacide pyroligneux, etc.

Mais les produits les plus combustibles de la distillation, telsque les carbures d'hydrogène, se transforment en se refroidissant et donnent naissance à dilTérents produits, qui ne sont pas tous volatils aux températures ordinaires.

C'est ainsi que Ton recueille les goudrons, les huiles lourdes,, parafines, etc.

Il est certain que ces produits ont une grande valeur, généralement très supérieure k la valeur du gaz lui-même et qu'il est du plus haut intérêt de les recueillir.

Mais je n'examinerai pas ce sujet dans cet ouvrage, du moins d'une façon très sérieuse, parce que, dans un gazogène^ d'après la définition que j'ai adoptée, Ton doit chercher à faire du gaz combustible, de préférence à d'autres produits.

Je parlerai d'ailleurs très sommairement des gazogènes de distillation en cornues, ainsi que je l'ai dit.

Dans un gazogène de gaz à l'eau, on cherche à produire la décomposition de la vapeur d'eau passant sur du carbone rouge, pour obtenir un gaz assez pur où les produits de la distillation viendraient, le plus souvent, se mélanger d'une façon fAcheuse, et l'on ne pourra utiliser les combustibles très riches en produits volatils qu'en marche renversée, comme je l'indiquerai plus loin.

Dans un gazogène ordinaire, Siemens et Dowson, où l'air est admis en bas du gazogène et où la combustion se fait de bas en haut, le combustible s'échauffe au fur et à mesure do sa descente dans le gazogène. Si l'on recueille les gaz produits au haut du gazogène, il faut donc s'attendre ù y rencontrer, mélangés, la vapeur d'eau, les gaz de distillation et ceux pro-

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duils par la combustion incomplèlc du carbone, enfin les gaz incries, tels que Tazote et Tacide carbonique.

11 est certain qu'il y aura intérêt h employer des combustibles aussi secs que possible, puisque la volatilisation de l'eau qu'ils contiennent, conslitue une perle nette.

Quant aux gaz de distillation, ils diiïèrent essentiellenienl, suivant les températures auxquelles la distillation a été produite et les lempératures auxquelles ils ont été soumis après la distillation.

On peut faire varier cette température de différenles manières, en recueillant le gaz, à des hauteurs différentes, dans la mass<î du combustible.

En tous cas, le gaz combustible qu'il convient d'obtenir, soit pour des moteurs, soit pour le chauffage, quand les gaz doivent parcourir de longues conduites de distribution, doit ôlre, autant que possible, dépourvu de tous produits pouvant se condenser.

Aussi, plus le combustible contient de produits volatils, plus il est nécessaire de mettre, k la .sortie du gazogène, des appareils d'épuration dont le rôle est de refroidir les gaz et d(» retenir tous les goudrons que l'on pourra faire déposer.

11 y a là deux inconvénients.

Si Ton ne recherchepas à recueillir ces goudrons, ou d'autres sous-produits, ce qui conslitue un cas tout particulier, que nous examinerons dans le chapitre xii, on a l'ennui de n'utiliser qu'une partie restreinte du combustible, puisque ce qui se condense, sous forme de goudron, constitue, en soi-même, un combustible fort riche que l'on n'a pas gazéifié.

L'autre inconvénient, c'est que les appareils d'épuration sont rarement parfaits et qu'ils coûtent cher, demandent une surveillance et un entretien et sont encombrants.

Dans ces conditions, il devient évident que les combustibles, bons à employer dans les gazogènes, sont, de préférence, ceux qui contiennent le moins de produits volatils.

Le combustible idéal, ce serait le charbon de bois et nous verrons qu'en songeant à faire un gazogène en quelque sorte

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parfait, peu encombrant et peu lourd, pour voilures automobiles, c'est au charbon de bois qu'a songé, avec beaucaup d'àpropos, la maison Taylor.

En pratique, dans tous les gazogènes alimentant des moteurs à gaz et dans tons ceux, où le gaz n'est pas directement conduit à un four très voisin, on se borne, jusqu'ici, à employer les anthracites et encore, de préférence, le coke, c'est-à-dire les charbons dépourvus de produits volatils, ou les charbons artificiels, dont les produits volatils ont été retirés.

Pour les combustibles où la proportion des produits devient importante, il semble que la gazéification ne puisse être faite d'un façon convenable que par la combustion renversée.

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