LES COMBUSTIBLES
Mais le coke est un des principaux produits des usines à gaz, qui cherchent à s'en débarrasser, et il permet d'employer des gazogènes très simples, dont le gazogène Dovvson représente le type le plus parfait. 11 ne nécessite que peu d'épurateurs.
Celte qualité est considérable, surtout pour les petites installations et, dans la pratique, le coke est le combustible que Ion choisira de préférence.
11 y a cependant des réserves à faire.
Le coke coûte cher, plus cher que la houille, à pouvoir calorifique égal.
S'il ne contient pas de produits volatils, il conserve toute la cendre et presque tout le soufre que contenait la houille originelle.
De telle sorte qu'à pouvoir calorifique égal, il est plus cendreux et plus sulfureux. Ce sont là de sérieux inconvénients.
En échange, le coke ne gonfle pas, puisqu'il a déjà subi une cuisson, il descend bien dans le gazogène et ne produit pas de voûtes.
On emploie très rarement d'autres combustibles artificiels, tels que les agglomérés. Cela tient à leur prix élevé par rapport à leur pouvoir calorifique et aux produits employés pour l'agglomération, brai et chaux, qui auraient de mauvais effets dans le gazogène.
Parmi les combustibles naturels, celui qui est préféré c'est Tanthracite, et surtout Tanthracite anglais ou américain, qui est dur, peu friable et contient de très faibles proportions de cendres.
11 convient, pour un gazogène, que la masse du combustible soit aussi homogène que possible, de façon à ce que l'air chemine, au travers, d'une façon à peu près égale.
Soit qu'il s'agisse de coke, soit qu'il s'agisse de charbons maigres ou d'anthracite, on cherchera à avoir de préférence des charbons criblés, d'assez petite grosseur, de 10 à 15 mil-
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limètres par exemple, mais on ôtera soigneusement les fines, surtout dans les gazogènes Dowson.
En descendant toute la série des charbons, depuis Tanthrarite jusqu'aux charbons bitumineux et aux lignites, on rencontrera des combustibles qui se prêtent de plus en plus difficilement à remploi dans les gazogènes à combustion directe, parce que les produits volatils deviennent de plus en plus abondants.
Si Ton veut employer la combustion renversée, on pourra venir à bout des combustibles très chargés en produits volatils.
Mais Ton n'obtiendra de bons résultats qu'en tant que leur proportion sera élevée.
D'autre part, une des plus grandes difficultés que l'on rencontre dans l'emploi des charbons gras et demi-gras, c'est la propriété qu'ont ceux-ci, par une sorle de transformation d'état, de gonfler et de se coller quand ils distillent à haute température.
II se forme, ainsi, des voûtes, dans les gazogènes, qui s'opposent au passage des gaz et rendent le fonctionnement des appareils très mauvais. Souvent la masse se prend en un seul bloc dans la cuve, d'une façon analogue h ce qui se passe quand il se forme un loup dans un haut fourneau. La production de gaz est ainsi fort réduite.
Il semble, à ce sujet, que les gazogènes inclinés, type Siemens, se prêtent beaucoup mieux à cet usage que les gazogènes à cuve verticale, comme les gazogènes Dowson.
On emploie actuellement, dans des gazogènes Siemens, des charbons demi-gras et des charbons maigres mélangés, et l'on n'hésite pas à y charger des charbons tout-venants.
Ce sont des gazogènes moins délicats que les gazogènes Dowson. Il est plus facile d'y pousser le combustible, à coups de ringards et de briser, ainsi, les agglomérations qui se forment.
Enfin, comme les gaz de ceux-ci sont utilisés pour des fours, la présence, dans les gaz, de carbures et de goudrons est beaucoup moins désavantageuse.
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Eq résumé, il semble que, pour un gazogène, les charbons les plus difficiles à employer sonl encore ceux où la proportion des produits volatils atteint 15 à 20 0/0.
La marche en combustion renversée ne me semble pas suffisamment indiquée, pour une si faible proportion de produits volatils.
Elle a quelques inconvénients qui ne me sembleraient pa;^ contrebalancés.
D'autre part, en marchant en combustion directe, si Fou veut du bon gaz, exempt de produits condensables, il faut installer, avec de semblable charbon, toute une épuration onéreuse et encombrante, qui fournit dos produits dont Tindustrielse passerait fort bien le plus souvent.
Enfin, malgré quelques essais et sauf peut-être les applications aux fours, je ne connais pas de gazogène employant bien les charbons tout venants et encore moins des gazogènes employant des fines.
Il y aurait un grand intérêt à faire des recherches dans ce sens. Les fines coûtent beaucoup moins cher que le charbon ou le coke criblé, et il ne semble pas que Ton n ait à opposer h leur emploi des raisons bien péremptoires.
On utilise peu, en France, dans les gazogènes, d'autres combustibles tels que la tourbe et le bois.
Môme les lignites n'ont pas donné, jusqu'ici, des résultais bien satisfaisants.
Il y a surtout des variétés de ces combustibles qui, à Tair, tombent en poussière et ont l'aspect de terre sèche.
Il est évidemment très difficile de faire traverser, par un courant d'air, une semblable niasse, sous une épaisseur suffisante.
Si le courant d'air est violent et l'épaisseur réduite, il <*st probable qu'il se formera des cheminées et. que l'on aura, comme gaz, de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau.
Quant à la tourbe, M. Lencauchez, dont on consultera avec le plus haut intérêt l'étude sur les combustibles, a, jadis, beau-
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coup insisté sur Tulilité qu'il y aurait à traiter la tourbe, dans des gazogènes à combustion directe, en récupérant surtout le sulfate d'ammoniaque.
En outre, la combustion renversée doit fournir, avec la tourbe, une très bonne solution, et je crois que cela vaut mieux que de chercher, comme certains inventeurs, à faire du coke de tourbe, par analogie avec ce que je disais plus haut pour le bois et le charbon de bois.
L'expérience a montre que le bois brûlait d'une façon parfaite en combustion renversée, et j'en parlerai notamment avec les gazogènes de cette famille.
Je renvoie aux ouvrages spéciaux, pour fournir les pouvoii's calorifiques do la houille. Ils diffèrent, en somme, assez peu, cendres et eau déduites, et sont naturellement d'autant plus élevés que la houille contient plus de produits volatils.
Le pouvoir calorifique du carbone pur étant de 8.080 calories, celui des houilles ordinaires est généralement compris, cendres non déduites, entre 7.000 et 9. 5(X) calories.
Pour les autres combustibles, la proportion d'eau a une importance capitale.
Les lignites valent entre 3 et G. 000 calories, la tourbe de 2.500 à 3.500 calories.
Quant au bois étuvé, son pouvoir calorifique est en général de i.WO à i.500 calories. A 30 0/0 d'eau, il est ramené à 2. 8<X) calories environ.