PRINCIPES INSTALLATION COND UI T E ENTRETIEN
Etienne CHIRON, éditeur
adresse de repli :
8, Rue R aine an, Clermont-Ferran cl
AVANT-PROPOS
Quand Colbert fut chargé par Louis XIV de la réorganisation de notre marine, c’est à la forêt qu’il dut s’intéresser avant toute autre chose, afin d'assurer aux chantiers de constructions navales les bois qui leur étaient indispensables.
C'est un semblable souci de notre puissance maritime qui avait inspiré au roi Charles V une importante ordonnance, considérée, en fait, comme le premier code forestier français.
Par un destin singulier, c'est encore dans la forêt tutélaire que nous avons à rechercher, aujourd’hui, sous une forme nouvelle, un des éléments essentiels de notre sécurité et de notre indépendance.
Grâce au bois de feu et ù son dérivé, le charbon de bois, nous sommes désormais en mesure de produire une importante fraction de la force motrice dont nous avons besoin.
Les appareils d’utilisation bénéficient d’une technique qui a dépassé la marche empirique et spontanée de l’esprit pour atteindre, par des méthodes claires et conscientes, un but déterminé.
Le temps est révolu de ces circuits de démonstration où les distances à parcourir ne dépassaient par 100 kilomètres par jour, ce qui laissait aux retardataires en difficulté la possibilité de rejoindre le lendemain matin, au départ de l’étape suivante, les camarades que les circonstances avaient plus heureusement favorisés.
Aujourd’hui, le gazogène a fait ses preuves; on ne saurait énumérer ici les diverses lignes de transport qui fonctionnent en régime permanent avec des véhicules alimentés au gaz des forêts à l’entière satisfaction du public et des services d’exploitation.
Pour n’en citer que quelques-unes des plus caractéristiques, il suffira de rappeler le remplacement des chemins de fer économiques de la Haute-Saône par des autobus à gazogène qui circulent régulièrement depuis plus de trois années.
Dans le Sud-Ouest, de nombreuses communications interurbaines sont assurées dans les mêmes conditions. Au Mans,
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D'ailleurs, est-il besoin de tels pourcentages pour justifier la faveur d’un mécanisme auprès des usagers ?
N’oublions pas que si l’on se prive d’un procédé qui représente une économie d’utilisation de 20 0/0, tout se passe comme si l’on acceptait d’être frappé d’une taxe de même importance.
Mais l’avenir du gazogène est conditionné par un abondant et facile ravitaillement en carburants forestiers susceptibles de répondre aux besoins des usagers.
On a disputé et l’on dispute encore des mérites respectifs du bois, du charbon de bois, des agglomérés, des mélanges de toutes sortes.
La première qualité à attendre d’un carburant, c’est d’être dès maintenant, d’un approvisionnement facile et peu coûteux, c’est d'être d’une fabrication simple, c'est de délivrer le consommateur de la crainte du lendemain.
Le bois et le charbon de bois répondent parfaitement à ces conditions et l’heure est trop incertaine pour qu'il soit permis d'attendre une éventuelle perfection avant d’utiliser les ressources qu'ils nous offrent.
On ne saurait prétendre, comme certains l’ont fait un peu légèrement, que la forêt française soit en mesure, à l’heure actuelle, de répondre à la totalité de nos besoins en carburant.
Il y a place en tout, pour chaque chose. Cependant l’équipement d'un contingent important de véhicules peut être envisagé à brève échéance et il est facile d’apprécier la répercussion heureuse qu’aura, sur notre ravitaillement et sur l’économie nationale en général, cet apport précieux dans le système de nos transports routiers.
Enfin, il ne faut pas perdre de vue que le rendement d’un gazogène dépend, pour une large part, de la compétence et du goût de son conducteur.
Il faut absolument que celui-ci prenne conscience de l’importance du rôle qui lui est imparti. Il ne faut pas qu'il considère comme une tâche fastidieuse l’opération qui consiste à vider un cendrier, à nettoyer des épurateurs ou à allumer un'' foyer.
Il devra s’intéresser à un appareil dont les moindres défaillances lui deviendront sensibles, il développera ses quotités d’observation et saura bientôt se forger une mentalité
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« gazogène », avec tout ce que ce mot peut évoquer de conscience professionnelle et d’esprit d’initiative.
N’oubltons pas que derrière une simplicité apparente le problème de l’utilisation des carburants forestiers présentait des difficultés sérieuses qui n’ont été résolues que grâce à la confiance inébranlable en leur tâche, d’une phalange peu nombreuse d’habiles techniciens, voués parfois à Vindifférence ou à l’ironie et dénués, assez souvent, de ressources.
Ceux-là savent qu’il n'y a pas de routes royales en matière de gazogène, mais le souvenir des sentiers rocailleux donne plus de prix au chemin que l’on a parcouru.
Ce livre aura rempli son objet si. rendant témoignage dé l’effort accompli et montrant les possibilités d'avenir, il réussit à associer à une cause attachante, des activités et des collaborations nouvelles.