F. — INCIDENTS
60. LES CAUSES. — Le moteur et l’allumage étant mis à part, tout incident de marche peut être attribué à l’une des trois causes suivantes :
1° Le combustible ne convient pas : trop gros, il forme des voûtes; trop petit, il se tasse; trop humide ou trop impur, il donne un gaz trop pauvre : notamment si le charbon est très humide, toute la vapeur d’eau ne peut être réduite dans le foyer, la vapeur vient humecter les toiles et les colmater. En outre, l’allumage est difficile.
2 ° Les appareils n ont pas été nettoyés en temps voulu : le foyer est encrassé de mâchefers, les tuyauteries sont bouchées, les toiles sont couvertes d’une forte couche de poussières ou bien sont colmatées (combustible humide), ou bien le filtre de sécurité est bouché (les toiles sont en mauvais état).
3° Les joints ne sont pas étanches.
•61. L.ES -JOINTS. — Ils sont toujours nombreux : joints de portes de cendrier, de chargement, de visite, joints entre deux appareils; ils doivent être l’objet d’une surveillance attentive, car s’ils sont en mauvais état, de l'air entre dans les appareils, le gaz est appauvri, le moteur ne tire pas : par exemple, si le joint entre générateur et refroidisseur est mauvais, le gaz peut brûler aussitôt formé, le moteur reçoit trop de^ gaz inertes et il n a pas de puissance, le démarrage peut meme être impossible; s il s agit d’un joint situé dans une région où le gaz est froid, on est prévenu par une petite explosion quand on vérifie le gaz ou bien par la position de la commande de l’air secondaire, que l’on doit moins ouvrir que d habitude.
Pour trouver un joint défectueux, on peut procéder comme suit :
1° Faire tourner le moteur et présenter une flamme autour
du joint ; si elle est attirée, le joint est mauvais ; avec un
moteur silencieux, une oreille attentive peut aussi déceler un sifflement significatif ;
2° Arrêter le moteur et fermer toutes les issues du gaz
(entree d air primaire, papillons) et présenter une flamme
autour des joints; si la flamme grandit en un point, c’est que le joint est mauvais ; 4
3° Y ider le générateur et le garnir d’un combustible dégageant beaucoup de fumee (papier, paille, copeaux légèrement humides) ; fermer toutes les issues quand le combustible est
GENERALITES SUR LES GAZOGENES
enflammé : tout joint qui laisse sortir de la fumée doit être refait.
4° Boucher tous les orifices sauf un, par lequel on introduit le tuyau, garni de chiffons, du gonfleur et souffler de l’air dans les appareils ; passer de l’eau savonneuse sur les joints : si des bulles se produisent dans une région, le joint est mauvais en cet endroit.
Un bon joint doit présenter une teinte noire brillante uniforme; des traînées grisâtres indiquent une entrée d’air.
Les joints fixes entre deux appareils sont généralement constitués par un carton d’amiante enduit d’un mastic (minium, céruse) serré entre deux brides.
Les joints de portes, fréquemment démontés, sont constitués par une tresse d’amiante logée dans une gorge et enduite de graisse Belleville; il faut raccorder soigneusement les deux bouts de la tresse et veiller à ce qu’il n’y ait aucun corps étranger sur les surfaces de joint.
Le caoutchouc, le cuir, sont parfois employés dans les régions froides de l’installation.
Pour changer un joint, il faut, après avoir enlevé le joint défectueux, gratter les portées en évitant de rayer les surfaces et mettre en place le joint neuf, imprégné de graisse Belleville, sans excès cependant, car un abus de graisse entraînerait un manque d’étanchéité.
Le serrage des écrous d’une bride à plusieurs boulons ou goujons doit se faire progressivement : pousser le serrage à la main aussi loin que possible, puis se servir de la clé en serrant un peu à la fois, mais toujours dans un ordre tel que- le joint, en s'écrasant, puisse glisser entre les brides : les figures 15 et 16 donnent des exemples de l’ordre à adopter. Lorsque le joint est situé dans une région exposée à la chaleur, il est bon de resserrer les écrous quand les appareils sont chauds.
FIG. 15 et 16. — Ordre de serrage des écrous d'une bride.
Lorsqu’un filetage n’est pas étanche (filetage conique, par exemple, ou assemblage de raccord union), il est nécessaire
GENERALITES SUR LES GAZOGENES
de 1 enduire de graisse et d’enrouler autour du filetage un fil gras à défaut de rondelle spéciale.
Avant de démonter une porte, faire des repères qui permettront de remettre la porte dans la même position; si on doit démonter en même temps des portes identiques, il faut veiller, en les remontant, à ne pas les changer de place.
62. Explosions dans les gazogènes. — En principe, aucune explosion ne peut se produire dans un générateur bien conduit, bien entretenu et surtout parfaitement étanche.
Si une déflagration se fait entendre, il faut en rechercher la cause dans une entrée d’air d’une importance suffisante pour qu un mélange explosif puisse se former : si cette entrée d’air affecte une région de 1 appareil où la température est élevée, une explosion est presque inévitable et très souvent on observe sa répétition à intervalles d’autant plus rapprochés que la rentrée d air est importante. Les explosions sont souvent accompagnées d’un crachement de petits moreaux de charbon, par la tuyere, dû à une surcompression dans le générateur.
Les joints à incriminer sont ceux des portes de cendrier ou
de foyer et, plus souvent, celui de la porte de chargement. Il
se peut aussi qu une soudure de la trémie soit défectueuse.
, ,° n constate encore des déflagrations lorsque le générateur a
cte incomplètement rechargé, ce qui a eu pour effet de laisser
dans la tremie une quantité notable d’air et, au moment où
le leu atteint la couche supérieure du combustible, un mélange explosif se forme. b
Enfin, dans un gazogène qui comporte plusieurs tuyères non convergentes, une explosion peut se produire si, par inadvertance, on a omis d’allumer une des tuyères : on conçoit que 1 air qui entre par cette tuyère inactive puisse former, zvec le gaz produit par les autres, un mélange tonnant qui s enflamme au contact des charbons incandescents