‹ Les gemmes et joyaux de la couronne au Musée du LouvreChapitre 35 sur 65 · VERRE À BOIRE, CRISTAL DE ROCHE · texte numérisé non relu

VERRE À BOIRE, CRISTAL DE ROCHE

XVI* SIÈCLE, RÈGNE DE FRANÇOIS Ier

Hauteur, 0,144. — Diamètre, 0,122,

Le calice est d’un seul morceau et est taillé sur un plan elliptique dont le contour détermine huit lobes ; le pied est rapporté. Les figures gravées, réparties sur quatre des divisions ou côtes, sont reliées entre elles par des guirlandes composées de fleurs et de fruits; les figures qui

finissent en gaine et dont les bras sont relevés pour maintenir sur les épaules ou sur la tête

des corbeïlles abondamment remplies, représentent alternativement des compagnons de Vertume

et des nymphes de Flore. Les montures d’orfé rerie, Cachant sous un anneau la jonction du

calice et du pied, et entourant d’un cercle la patte du verre, sont semblables à celles que nous avons signalées sur la coupe, sur le drageoir, la nef et la salière que reproduisent les planches XXII, XXVI, XXVII et XX VIN, ciselées, niellées et enrichies par des émaux dont les colorations imitent des rubis, des saphirs et des émeraudes.

Nous avons dit, aux premières pages de cette publication, que les peuples de l'antiquité avaient surtout aimé dans le cristal de roche la pureté d’un corps transparent et que, lorsqu'ils le rencontraient sans défauts, ils se gardaient de le cacher sous des gravures. Les artistes du moyen âge, en Europe du moins, ont suivi cette tradition; nous pouvons observer dans les vases et dans les hanaps des temps antérieurs au seizième siècle que le plus souvent les dessins gravés ont eu pour but de dissimuler des étoiles ou de couvrir des écumes qui ternissaient le

ins sont extrêmement simples : ce sont des fleurettes semées de loin en loin,

cristal; ces di des oiseaux; le mérite de l'œuvre est cherché dans l'invention des formes souvent chimériques et dans la difficulté de la taille. Il n’en est pas de même au seizième siècle, nous en avons déjà signalé quelques exemples, et le goût si franchement accusé dans les ornements gravés du verre à boire que reproduit la planche XXIX peut étre ici remarqué de nouveau : le cristal était

sans défauts, la taille a été poussée si loin que la transparence et le jeu de la lumière sur des

courbes ingénieusement tracées eussent suffi Pour constituer un objet agréable et complet; mais il n'eût pas semblé tel dans ce siècle élégant, épris jusqu'à l'excès des arts du dessin. Nous devons reconnaitre que le graveur à choisi avec esprit ses motifs de décoration et qu'il les a

ménagés avec grâce.

244 de l'inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)

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