‹ Les gemmes et joyaux de la couronne au Musée du LouvreChapitre 43 sur 65 · DE HENRI II · texte numérisé non relu

DE HENRI II

Hauteur, 0%,185. — Longueur, 0,220. — Largeur, 0",240.

La coupe est limitation d’une coquille. Le pied, les anses taillées en ronde bosse et

figurant des sirènes, sont rapportés. Les montures sont d’or émaillé; celles qui garnissent le bord supérieur du bassin ne sont pas de simples motifs d'ornement : elles cachent une surprise, constituant une sorte de petit canal ou réservoir dans lequel un liquide peut se répandre et circuler lorsqu'on approchait la main pour la laver dans la coupe, voici quel était le jeu : le

liquide, qui devait être une eau parfumée, était introduit dans le petit vase de cristal, taillé

en forme de balustre, que l’on voit au-dessus du dauphin, à la naissance des côtes de la coquille dans la gueule du dauphin l'on peut remarquer l'extrémité d’un tuyau perforé par

lequel s'écoulait le principal jet du liquide, le trop-plein se distribuant dans le canal et trouvant

des issues dans les sections de tuyaux qui se projettent en avant des huit petits vases de cristal,

ali

gnés sur la monture et posés comme des pions. Les filets d’eau qui s’échappent de ces

appendices perforés étaient dirigés de façon à s’entre-croiser, formant entre eux et avec le jet

principal les jeux d’une cascade artificielle.

Les surprises étaient fort à la mode à la cour des Valois : Brantôme parle d’une coupe € pour l'avoir vue souvent et bu dedans, non sans rire, » qu'un grand prince avait achetée d’un orfèvre, comme un chef-d'œuvre; les représentations qui y étaient figurées, tant d'hommes que

aient de nature à eff

d'animaux,

yer la pudeur la moins timorée. « Quand ce prince festinoit

les dames et filles de la cour, comme souvent il les convioit, ses sommeilliers ne failloient

jamais, par

on commandement, de leur bailler à boire dedans; et celles qui ne l’avoient jamais

vue, où en buvant ou après, les unes demeuroient étonnées et ne

voient que dire là-dessus ; aucunes demeuroïent honteuses et la couleur leur sautoit au v isage ; aucunes s’entredisoient entre

elles : Qu'est-ce que cela qui est gravé là-dedans ? je crois que ce sont des salauderies, je n'y

bois plus... »

La surprise de notre bassin était plus innocente et n’a rien que d’agréable.

(N° 254 de l'Inventaire des Bijoux de la Couronne, 1791.)

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