MONTÉ PAR LES ORFÈVRES DE SUGER
Diamètre du vase, 0,120. — Hauteur totale, 0,355.
Le vase est de même nature et de même origine que celui qui est gravé sur la planche II.
La monture d’orfévrerie ajoutée pour l'agrandir et l’approprier à l'usage auquel il était destiné, est d'argent doré, travaillé au repoussé, et ciselé; elle est ornée de filigranes et enrichie de pierres fines et de perles.
Complétons l'inscription tracée sur le pied, dont notre gravure n’a pu donner qu'une partie : DUM LIBARE DEO GEMMIS DEBEMUS ET AURO, HOG EGO SUGERIUS OFFERO VAS DOMINO. [Puisque nous
devons faire les libations à Dieu avec les gemmes et l'or, moi Suger j'offre ce vase au Seigneur]
Les deux vers que Suger a eu la bonne pensée de faire inscrire sur la monture de son vase
de sardonyx, nous les retrouvons dans le livre qu’il a dicté sur les actes de son administration ;
qu il nous soit permis de placer ici l'extrait du très curieux passage où il désigne les aCTÉéS acquis et ornés par ses soins : € Comparavimus etiam præfati altaris officiis calicem pretiosum quod est de sardio et onice.. » [Nous avons aussi acheté pour le service du même autel un
rdonyx, c’est-à-dire sardoïne et onyx...] Puis il continue :
calice précieux d’un seul morceau de « Vas quoque aliud huic ipsi materia, non forma persimile, ad instar amphoræ adjunximus,
cujus versiculi sunt isti : Dum libare Deo gemmis debemus et auro, — Hoc ego Sugerius offero
vas Domino. » [Nous y avons joint, en guise d’amphore, un autre vase de la même matière,
mais de forme différente, sur lequel sont ces vers : Puisque nous devons faire les libations
à Dieu avec les gemmes et l'or, moi Suger j'offre ce vase au Seigneur.] Ce vase était donc l’'amphore pour les libations, et puisque Suger nous dit qu'il l'a réuni au calic chrétien fait dans le calice, en commémoration du sang de
, la libation dont
il parle est celle que le prêtre
Jésus-Christ; le vase qu'il nomme amphore est donc de l'espèce de ceux qui, dans la langue
française, ont pris le nom de burettes.
Nous emprunterons au glossaire de M. le comte de La Borde quelques lignes qui expliqueront toute notre pensée : « Les deux burettes, l’une contenant le vin, l’autre l’eau, dont on se sert ont un double emploi : on s’en sert pour verser le vin dans le calice,
aujourd’hui à la messe,
verser l’eau sur les mains du prêtre; au moyen âge, les burettes avaient la première
puis pour
de ces fonctions, et deux plats ou bassins les remplaçaient pour la seconde. » La conclusion que
nous voulons tirer de cette explication, c'est qu'aussi longtemps que les deux bassins ont été en usage pour laver les mains de l’officiant, l’'amphore contenant le vin à été le seul vase qui fût édons donc le vase à libations de Suger, et
nécessaire pour la libation dans le calice. Nous po
nous connaissons par ce vase la forme, qui a été peu changée, et les dimensions d’une burette
du douzième siècle.
(N° 127 des anciens Inventaires du Louvre.)