‹ Les gemmes et joyaux de la couronne au Musée du LouvreChapitre 8 sur 65 · MONTÉ PAR LES ORFÈVRES DE SUGER · texte numérisé non relu

MONTÉ PAR LES ORFÈVRES DE SUGER

Hauteur, 0",430, — Envergure, 0,270.

Citer la mention qu’en fait l'abbé de Saint-Denis dans le livre de son administration, c’est en dire toute l’histoire :

« Nec minus porphyriticum vas sculptoris et politoris manu admirabile factum, cum per multos annos in scrinio vacasset, de amphora in aquilæ formam transferendo, auri argentique materia, altaris servicio adaptavimus et versus hujusmodi eidem vasi inscribi fecimus : Includi gemmis lapis iste meretur et auro; — Marmor erat, sed in his marmore carior est. » [Et aussi un vase de porphyre, chef-d'œuvre d’un sculpteur et lapidaire. Depuis longues années il était sans emploi dans l’écrin ; d’amphore qu'il était, nous l'avons transformé en un aigle, au moyen de l'or et de l'argent; nous l'avons adapté au service de l’autel et sur ce vase nous avons fait inscrire les vers qui suivent : « Cette pierre mériluit d’être enchâssée dans les gemmes et dans l'or; marbre elle était, mais dans cette monture elle est plus précieuse que le marbre. »]

Ce que Suger ne dit pas, c’est que la forme du vase antique, conservé longtemps sans emploi dans le trésor de Saint-Denis, appartient à l’art et à l’industrie égyptienne ; lorsqu'il parle avec admiration du double travail du sculpteur et du lapidaire, il distingue avec discernement la pureté du dessin et la perfection de la taille. Les Egy ptiens ont excellé à polir les matières dures; c’est d'Egypte que furent introduites à Rome les premières statues de porphyre; cette belle matière y fut souvent employée pour des urnes funéraires : elle fut prodiguée dans le tombeau de Néron, et le Vatican conserve les sarcophages de porphyre d'Hélène et de Constance, mère et fille de l’empereur Constantin.

Pour transformer en un aigle l’amphore antique qui leur était confiée, les orfèvres de Suger

sin de la tête et des serres est ferme et expressif;

ont fait preuve de beaucoup d’habileté. Le de l'exécution au repoussé et la ciselure sont d’une main hardie et exercée. Nous pensons que

a voulu posséder la représentation

l'abbé de Saint-Denis, en ordonnant que son vase fût un aig

de l’un des animaux évangéliques, et que s'il l’a adapté au service de l'autel, c’est en l'y faisant

placer pendant la lecture de l’évangile de saint Jean.

(N° 422 des anciens Inventaires du Louvre.)

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