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Berthelot et de Pasteur : l’Zntroduction à la médecine expérimentale (1865) paraît trois ans après la traduction de l'Origine des espèces de Darwin. Alors, tous prétendent découvrir les lois de la vie ou les représenter. Savants, écrivains et artistes rivalisent d’exactitude et de probité; ils ont le culte du fait minutieux, du petit faitnoté avec toutes ses circonstances, aussi complètes et aussi inaltérées que possible : qu'il s'agisse d’un physicien comme Regnault (:), d’un historien comme Fustel, d’un exégète comme Renan, … d'un critique comme Taine. Il n’est pas jusqu'aux peintres qui adoptent une manière objective et scrupuleuse (Meissonier, Millet, Bastien-Lepage).
Une conséquence immédiate du mariage de l'art avec la science positive est la théorie de l’impersonnalité de l'écrivain. Celui-ci ne prend plus le public pour confident de ses misères, comme jadis les romantiques, mais 1l essaie de représenter objectivement la nature et l’homme, il se soumet à l’objet qu'il veut représenter, s’affranchit de son « équation sentimentale », photographie le réel, enfin laisse au lecteur le soin d’apprécier la vérité de ses représentations et d'en dégager la signification humaine. Nous voilà, par un détour, revenus au classicisme, à La Fontaine et à Molière : ce n'est pas sans raison que Flaubert admirait Boileau! Mais les classiques étaient des « honnêtes gens », ils étaient savants sans prétendre à ce titre, et sans connaître la science de leur temps qui ne leur faisait pas encore concurrence. Ils accordaient au lyrisme sa place légitime, et intervenaient discrètement dans leurs études psychologiques et sociales, soit pour exprimer leur pensée, soit pour souligner la leçon qui aurait pu échapper au lecteur.
() G. R. Picrer, La Physique expérimentale, p.15, et sur Fusrz, l'Annuaire de l'Ecole normale supérieure.
Les réalistes (et voici un second corollaire) poussent limpersonnalité jusqu'à l’impassibilité (apparente). Comme ils représentent des choses banales, voire triviales, encore en haine du romantisme, ils s’appliquent à éviter
® la banalité de la forme, et n'écrivent plus pour les pro-
fanes. Ils systématisent la remarque de Boileau :
Il n’est point de serpent ni de monstre odieux Qui, par l’art imité, ne puisse plaire aux yeux.
Comme ils peignent des serpents et, sinon des monstres romantiques, du moins des êtres vulgaires, parfois abjects, comme ils se font cliniciens et fréquentent les hôpitaux ou les salles de dissection, ils veulent peindre en beauté. Ils adoptent donc l'écriture artiste, la religion de la forme et la théorie dangereuse de l’art fin en soi, qui est l'opposé même du classicisme.
Enfin (et c’est le dernier corollaire) ils dépouillent à tel point leurs sentiments, ils affectent à tel point le désintéressement du savant, et font tellement violence à leurs répugnances instinctives que leur individualisme se réfugie dans la sensation : ne voulant plus être des sentimentaux, ils sont des sensoriels et des plastiques. IL n’est point de sensation que l’art ne puisse transfigurer et qui ne puisse être la matière de la poésie : bien plus, le poète a le droit d'éprouver et de faire partager toutes les sensations (‘). Ainsi, les réalistes, qui avaient débuté comme les classiques, en arrivent à se séparer de la
__ morale et à renier la raison qui est commune à tous les
hommes : le virus romantique circulait encore dans leurs
(2) Sur le goût des sensations fortes chez les frères de Goncourt, cf. P. Mannno, le Roman réaliste, p. 231 et sq. — « Huysmans croit que toutes les sensations se valent, qu’elles sont toutes également intéressantes; les plas fortes sont les plus intéressantes. De 1à la quête des sensations rares, des sensations étranges, des sensations neuves, du puant, du laid, de l'extravagant, du satanique... » (Foxsgérive, De Taine à Péquy, p. 85.)
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veines, et les fils des romantiques ne pouvaient ressembler aux fils des stoïciens ou des chrétiens de la Fronde. Par une voie détournée ils rejoignaient leurs pères. Les romantiques, ces individualistes de la passion, avaient montré les ravages du sentiment dans la vie; les réalistes, ces individualistes de la sensation, nous enseignent le danger moral de la sensation cultivée pour elle-même. . C'est une forme inédite, une quatrième forme de l’individualisme ou.de l’égoïsme, source de toutes nos misères. Tous deux aboutissent à la désorganisation de la vie personnelle et collective par la culture exclusive d’une des puissances de l’homme : les uns par excès de sensibilité, les autres par raffinement sensoriel(‘). Leur doctrine est aussi anarchique que la précédente, mais pour des motifs différents, puisqu'elle établit une cloison étanche entre l'aristocratie intellectuelle et la masse ignorante, puisqu'elle isole même les divers représentants de l'élite, dont chacun a sa vision des choses, puisque enfin elle aboutit au mécanisme déterministe qui excuse toutes les fautes : la vertu et le vice sont des produits comme le vitriol et le sucre! Les romantiques avaient au moins l’excuse de l'entraînement passionnel : ceux-ci s’abritent derrière la science, mais leur science est celle d'Épicure rajeunie par Darwin. La religion de la science est une religion à base matérialiste, parce que c’est une religion du réel conçu sous forme de sensations tactiles : sile réel est l'absolu, c’est le toucher qui nous le révèle. L’atomisme évolutionniste est le dernier mot des choses. Les hommes de cette génération enclosent leur horizon dans le cercle des choses terrestres.
(‘) Des Esseintes d'A Rebours est le type extrême des amateurs de sensations inédites et rares, spécialement olfactives et gustatives. Huysmans, en retard sur sa génération, prolonge dans la génération suivante le pessimisme morbide dont l’issue est le suicide ou la foi.
Une réaction était inévitable dans le sens de la moralité humaine et de la simplicité de l’art. L'univers est réductible aux sensations, avaient déclaré les Parnassiens : le sentiment est l'âme de la sensation, répliquent les Symbolistes: les couleurs et les formes doivent non pas représenter le réel, mais suggérer des sentiments, parce qu'il y à une affinité secrète entre le monde visible et les états d'âme. Le monde n’a plus de mystères, avait vaticiné Berthelot : on lui répondait que le mystère nous enveloppe de toutes parts, que tout dans l’homme et hors de l'homme est mystère. Au déterminisme accablant allait se substituer une philosophie de la liberté créatrice: les moqueries de Renan (!) sur Le « créationnisme mesquin » étaient passées de saison. La psychologie associationniste qui morcelle l'esprit était remplacée par une psychologie concrète et fluide; la morale émiettée qui prêche la résignation personnelle, par une morale de la solidarité et du syndicalisme. Bref au matérialisme pessimiste, au positivisme étroit succédait un idéalisme mystique pénétré du sentiment de la dignité humaine.
Nous arrivons à la génération qui précède immédiatement celle qui se bat aujourd’hui : celle que D. Halévy a vue à travers le prisme de ses illusions humanitaires, et qu'il s’est trop hâté de nommer « la génération de l’églantüne rouge » à cause de l'insigne que les partisans de Dreyfus portèrent aux funérailles de Zola (*); celle que V. Giraud appelle plus complètement, mais inexactementencore, « la génération de l'esprit nouveau ». Selon nous, on peut l’intituler la génération nocturne ; d'ailleurs Giraud la fait commencer beaucoup trop tôt (1871) et
(:) Une des attaques les plus significatives contre Renan est celle de G. Séailles, faite du point de vue de la libre pensée. (°) Votre Jeunesse, dans Cahiers de la Quinzaine du 17 juillet 1910.
Halévy beaucoup trop tard (1897) : elle débute entre 1880 et 1885, et se termine entre 1910 et 1914.
Le moment n’est pas encore venu de peindre cette génération avec la sérénité et l'indépendance qu'on attend d’un historien. Mais il nous est permis d'en parler avec discrétion, et de dire que nous ne -saurions partager l’optimisme de Giraud, dont les Maitres de l'heure sont loin d’égaler le livre similaire de Bourget, auquel on l'a imprudemment comparé.
Pourtant, cette génération, comme la précédente, débuta sous d’heureux auspices. En 1885, Bourget venait de terminer son enquête, il avait décrit les maladies qui rongeaient les forces vives du pays, et il avait pris poliment congé de Taine et de Renan, pour s’élancer à son tour dans la carrière. Réfléchissant sur « l'espèce d’intoxication littéraire » dont il avait failli être victime comme tant d’autres jeunes gens, il découvrit la responsabilité de l'écrivain, et que le détachement philosophique était passé de saison. Le Disciple (1889), qui surprit et peina Taine (‘), montrait par un exemple saisissant les dangers du scientisme, et sa Préface contenait des reproches voilés à l’adresse d’écrivains ou d’intellectuels qui n'avaient point soupçonné que les idées sont des forces qui tendent à passer à l'acte : les excès de l’art pour l’art ramenaient au souci du fonds et engendraient presque le mépris du métier ! De toutes parts, on secouait le pessimisme qui avait comme emmuré les âmes; on commençait à mépriser la science brutale, en attendant qu'on démontrât sa contingence (cf. Boutroux), sa rela-
(*) Sur la portée du Disciple, sur la polémique entre A. France et F. Brunetière, sur la lettre de Taine à Bourget, je renvoie le lecteur à V. Grau», t. I, p. 277 à 283. « Le goût a changé, écrivait Taine, ma pré ration est finie, et je me renfonee dans mon trou de Savoie. »
tivité (cf. Duhem et H. Poincaré) et sa malfaisance (cf. la Nouvelle Idole de F. de Curel) (). En même temps, on se lançait avec ardeur dans l'exploration de l'inconnu, qui n’était plus l’inconnaissable : la religion de la science perdait de jour en jour son crédit. Les Pécheurs d'Islande (1886) de P. Loti produisirent un effet analogue à celui des Méditations deux générations plus tôt : celui d’une délivrance. Les jeunes gens s’évadaient de l’étroitesse du positivisme et de la grossièreté du naturalisme, que Zola était en train de déshonorer (*). Un souffle d'idéalisme salubre, venu du large, balayait les miasmes délétères du nihilisme, et le coursier blanc de l’âme, longtemps paralysé par le coursier noir, reprenait son élan. L'Essai sur les données immédiates de Bergson (1889), important d'Amérique le stream of consciousness, rendaït à l'âme sa fraîcheur, et faisait éclater les cadres rigides du déterminisme. Peu après le Devoir présent de P. Desjardins (1891), les Zdées morales du temps présent d'Ed. Rod (1892), les Regards historiques et littéraires de M. de Vogüé (1892) donnaient quelque consistance à des aspirations vagues : c'était, chez tous trois, le même appel généreux et pressant à la jeunesse, le même souci de la moralité, le même respect de la religion, et presque déjà un retour timide à La foi. Décidément « les cigognes du néo-christianisme » annonçaient des temps meilleurs :
() Sur la faillite de la science, cf. l’article retentissant de F. Brunetière : « Science et Religion. » (Rev. des Deux Mondes, janvier 189,5), et la réplique de Richet dans la Revue scientifique.
(@) L'année même où parut l& Terre, cinq disciples se séparaient bruyamment du maître (v. leur manifeste dans le Figaro du 18 août 1887) ;. alors M. Barrès débutait dans le roman avec les encouragements de Bourgot (Sous l’œil des Barbares). — « Nous réagissions avec générosité, a écrit M. Denis, contre ce qu’il y avait de bas, de vulgaire et de médiocre dans les écoles qui nous avaient immédiatement précédés, contre le matérialisme et le naturalisme alors en faveur. » (Le Symbolisme et l'art religieux moderne dans la Revue des Jeunes, novembre 1918.)
le pays avait pansé ses blessures, et l'espoir renaissait dans les cœurs.
Hélas! l'illusion fut de courte durée. A. France, ce charmeur aux idées dissolvantes, plus dangereux que Voltaire et Renan, prolongeait à la fois le voltairianisme et le renanisme, qu'il relevait par un fumet de sensualité. La France entrait dans une période de malaise, de doute et de désarroi, une période de divorces et de séparations, une période .de crises aiguës (jamais le mot « crise » ne fut plus employé): il y eut une crise de la religion, une crise de la morale, une crise de la pédagogie, une crise de la science, une crise politique, une crise de l'idée de patrie, que sais-je encore ? On vit, nouveauté assez paradoxale, le catholicisme défendu par des théologiens laïcs ou par des écrivains presque athées, comme Barrès et Maurras ; les socialistes français, oublieux de leur tradition nationale, se mettre à la remorque de Karl Marx, et prêcher ;la lutte fratricide en même temps que le désarmement : leur haine allait aux Français et leur tendresse aux étrangers! Des historiens français prenaient plaisir à diminuer Jeanne d’Arc, et des philosophes qui se disaient Français se demandaient gravement si l’idée de patrie . n’était pas une notion périmée. Les vrais Français se déracinaient. De temps à autre cependant, on apercevait dans le ciel quelques éclaircies : l’esprit nouveau de Spuller, le discours de Périgueux de Briand, et même l’Affaire qui, malgré ses suites militaires et politiques désastreuses, servit de tonifiant aux jeunes Français; mais toujours de nouveaux nuages se reformaient, sans cesse plus menaçants. Les Français se cherchaient à tâtons dans les ténèbres, et (c'est leur honneur) ils se cherchaient en gémissant (:); ils descendaient dans les souterrains de
(*) CE. la Justice de Sully-Prudhomme.
l'âme et dans les nécropoles du passé, et partout leur pied heurtait des ossements. Ils admiraient le Gloria Victis de Mercié, qui glorifiait des vaincus, et stationnaient devant la porte basse du Monument en mémoire des morts de Bartholomé. Cependant, les hontes nationales alternaient avec les scandales publics. On fermait les yeux officiellement sur le péril extérieur et sur la menace allemande toujours grandissante. Le théâtre, qui avait perdu son indépendance et sa dignité, reflétait les mœurs dissolues du tout-Paris, du Paris des « demi-vierges » et des « rastas »..Par une ironie amère, on se passionnait pour « l’autre danger », pour le danger que court une mère de perdre son amant au profit de sa fille, et l'on ne voulait pas voir le vrai danger, le danger de la race minée par l'alcool et tarie par le néo-malthusianisme : car le nombre des avortements approchaità grands pas du chiffre des naïissances ! Ilse trouva sans doute des écrivains clairvoyants et courageux pour jeter l'alarme et dénoncer le « tumulte » de la France : ce furent les mainteneurs de la tradition nationale auprès des jeunes. Déroulède répondait au geste las de Renan par un vibrant Quand même! et il préférait une vie de moderne chevalier à la carrière d’académicien. Pendant qu’au dehors J. Ferry et le cardinal Lavigerie travaillaient à l'expansion nationale, M. de Vogüé dans les Morts qui parlent et Louis Bertrand dans le Sang des races nous invitaient à ne pas désespérer de la vitalité française, et nous apprenaient que la patrie n’est pas là seulement « où dorment les morts », mais « partout où la France est vivante ». Mais la voix de ces bons Français était couverte par celle des littérateurs déliquescents, ou se perdait dans le silence des âmes enlisées! Le témoin le plus perspicace de cette génération est l’auteur du roman de l'énergie nationale, M. Barrès, qui vivra comme le Saint-Simon de la période qui précède la
grande guerre (:). Il n’a jamais été mieux inspiré que dans Leurs Figures, dans Scènes et Doctrines du Nationalisme et dans l’opuscule intitulé : Dans le Cloaque. Ses tableaux ont soulevé des colères, mais ils sont d’un grand peintre, et l'historien de l’avenir les estimera à leur prix (?}. L'âme française était alors en quête du salut, mais elle ressemblait à une boussole affolée. Prête à aecueilbr tous les souffles bouddhiques, théosophiques, oecultistes, ésotériques, qui venaient des quatre points cardinäux, elle s’éprenait tour à tour des philosophies nébuleuses et des littératures embrumées, également hospitalière pour les Mages du Nord et pour les Pèlerins slaves. Une vague religiosité, plus séduisante qu'efficace, remplagçait la foi solide de nos pères; une sentimentalité bête, une sensiblerie humanitaire avait détrôné la sensibilité saine qui souffre Le contrôle de la raison. La France, déjà cosmopolite sous la génération fprécédente, se laissait envabir, exploiter et dominer par une tourbe de métèques, de journalistes et de financiers sans scrupules : les vrais Français étaient chez eux des parias et des suspects. L'anarchie se glissait partout : dans la famille, dans l’armée, dans la magistrature, dans la « république des camarades »; suivant le mot de Barrès, la France était
« dissociée et décérébrée ». Ainsi nous jugeaient les
étrangers qui nous observaient avec curiosité, et qui nous évaluaient d’après nos productions artistiques et littéraires. Une minorité agissante monopolisait la France aux yeux de l'univers, et étouffait la sourde révolte des Français de France restés en majorité chrétiens de cœur
(‘) Gn peut consulter aussi, avec précaution, les Souvenirs de Léon Daudet (de 1880 à 1905).
() Gertaines parties de l'œuvre de Barrès qui fut, comme tant d’autres,
envoûté par Renan, sont assez troubles et même dissolvantes. Je mets à
part ses Diverses Familles spirituelles de la France.
sinon toujours de pratique, et fidèles aux traditions mo- . rales qui assurent la grandeur véritable d’une nation, bien plus que l'éclat charmant de l'art le plus délicat : la Grèce antique ne nous enseigne-t-elle pas qu'on peut mourir en beauté ? Mais la France voulait vivre, et elle se préparait à affronter tous Les risques de la vie.
Les tendances de la génération nocturne se reflètent avec une particulière netteté dans les œuvres des poètes, et plus encore des philosophes. Ceux qu'on a appelés les « symbolistes » sont les chantres de l'inconscient et de l'intuition : l'inconscient séduisait les esprits par son caractère mystérieux et par la satisfaction immédiate qu’il apporte à des besoins séculaires. C'était le divin rémtégré dans l'humanité, mais sous une forme vague qui s'adapte à toutes les exigences individuelles. Cette nappe d'eau vive qui sourd des profondeurs de l'organisme et qui affleure parfois à la conscience, rafraîchissait les âmes desséchées par le doute et contentait les intimes aspirations de chacun ; mais elle ne fournissait pas une règle de - vie éprouvée ct rationnelle. L'inconscient était d'impor- - tation germanique, et son emprise fut telle que des poètes d'inspiration bien française, comme l'auteur de la Princesse lointaine et de Cyrano, se crurent obligés de sacrifier au goût du jour et de fabriquer des machines symboliques comme Chantecler, cette pièce si admirée des Allemands où l'imagination française se débat contre l’obscurité germanique. Wagner comme musicien et Ed. von Hartmann comme philosophe eurent, entre 1880 et 1885, * une influence profonde sur tous nos poètes : je dis nos poètes puisque nous les adoptions, bien que peu d'entre eux fussent d’origine française (‘). Et les grands prosa-
«@) Cf. Faewsr, article sur le Symbolisme dans la Revue des Deux Mondes du 45 janvier 1913. Mentionnons seulement les noms de St-Mallarmé,