LOUIS-NICOLAS STCBLEB
Baptisé à Thoune le 43 février 4784, il fut d'abord officier dans les milice^ bernoises et passa en 4809 au service de Russie. Comme capitaine du régiment des gardea Semenotvski, il fit avec distinction les campagnes de 4812 et 4813 jusqu'à ce qu'il reçut deux blessures assez graves à Kolm, puis celle de France à la suite de laquelle il fut nommé lieutenant-colonel h Paris en 4844. Devenu colonel en 4846, à l'âge de 32 ans et au bout de sept ans de service, il fut chargé de réorganiser à Narva le 1* régiment de carabiniers de la garde, après quoi il passa conune colonel commandant dans te régiment des grenadiers du corps (Leibgarde-Grenadier-Regiment) en 4824. On raconte qu'à cause de sa ressemblance, les gardes lui rendirent plus d'une fois les honneurs dûs à l'empereur Alexandre I". Lors de Tavènement de Nicolas, une émeute militaire éclata à Peiersburg le 26 décembre 1825. Stiirler accourut sur la place Isaac pour ramener au devoir une partie de son régiment. Un officier lui demanda en français: «Monsieur Stiirler, de quel parti ètes-vous?» — «Je suis du parti auquel je viens de prêter serment! » répondit celui-ci. Le Russe lui donna à la figure un coup de sabre qu'amortit la jugulaire de fer de son chapeau. Un autre officier en bourgeois l'atteignit d'un coup de pistolet à la poitcine, blessure h laquelle Stiirler succomba le 28, âgé de 41 ans, après avoir été nommé encore aide-de-camp du nouveau souverain , qui lui envoya les épaulettes et le brevet de général. 11 était
chevalier de St-Wladimir, de Ste-Anne, de la Croix de fer de Kulm et avait la médaille d'argent de 1812, ainsi que l'ordre prussien pour le Mérite. Il emporta la réputation d'un officier très-habile et brave , et celle d'avoir été le père de son régiment. D'Hélène baronne de Salza, d'une famille noble d'Ësthonie et dame d'honnenr de l'impératrice Elisabeth, il laissa une fille mariée actuellement à M. de Westmann» conseiller privé et chef de la chancellerie des affaires étrangères, et un seul fils, qae nous trouvons au 424.
D'après un portrait à l'huile que* possède H. de Sttirler-Mutach, frère du général, à Berne.
m. JEAN-IOUIS-MCOLAS DE OENIVEB.
Baptisé le 23 décembre 1765, il était lieutenant du régiment bernois d'Ernst an service de France, quand la révolution éclata. Lieutenantcolonel de celui de Kirchberger N° 29 au service des Pays-Bas, dès sa formation en 1814, il fut nommé colonel en 1816 et général-major en 1826, en conservant son régiment et sans aiignientation d'appointements. 11 est mort en retraite à Berne le 23 janvier 1833, laissant un fds et une fille de Marguerite Eftinger de Wildegg. Il était chevalier de l'ordre danois du Danebrog et avait figuré dans le Conseil souverain de son can« ton dés 1795.
D'après une copie peinte à l'aquarelle par Dietler et appartenant à M. le major Bernard de Jeûner, iiis du général, à Berne.
4U. THÉOPHILSl BABON YOIBOL.
Né le 3 septembre 1781 à Tavannes, préfecture de Moutier, où son père était aubergiste et propriétaire rural , il s'enrôlait comme volontaire en 1799 pour son frère aîné dans le 1" bataillon auxiliaire du Mont- Terrible incorporé plus tard dans la ^i'"" demi-brigade de ligne. Sergentfourrier dès le premier jour et plus tard sergent, il fait la campagne de 4800 en Allemagne et est proclamé officier sur le champ de bataille de Hohenlinden. Pour s'être distingué à Anslerlilz en 4805, il passe lieutenant au 64°' de ligne, reçoit à Jena en 1806 un coup de feu et la croix d'honneur que Lannes réclame pour lui. Sa brillante conduite à Paltusk le fait capitaine de grenadiers. Il se distingue de nouveau devant Sarragosse en 1809 et reçoit un second coup de feu à Ocana comme aidede-camp du général Chauvel , mais il se fait replacer sur son cheval et pénètre dans la ville enlevée à la bayonnette. C'est ainsi qu'il gagne son
épaulettc de chef de bataillon. Il se sif^naie particulièrement en 1810 à Badajoz et entre des preniiers à Séville avec Tavant-garde de Soult, qui lui voua des lors une estime toute particulière. Il se fait encore remarquer à la Gebora et en 1811 à Alhuera. A cette dernière bataille, il reçoit un troisième coup de feu , est pris par les Anglais , repris par les lanciers polonais. A peine remis de cette blessure, il sauve avec ses grenadiers les débris de la division Dombrowski à Arroyc-Molinos, où il est atteint d'une quatrième' balle à la jambe gauche et fait prisonnier. Emmené en Angleterre , il est échangé vers la fin de 1812 et se présente à Napoléon qui* de retour de Russie, le reçoit froidement et lui demande brusquement: «Qui êtes-vous?» — «Voîrol. » — «Je ne vous connais pas. » — « Moi, Sire, je vous connais, car vous m'avez comblé de bienfaits. » Replacé comme major au 156"^ de ligne, Voirai se fait décorer par lui à Bautzen en 1813 de la croix d'officier de la Légion d'honneur. Â la tète de 13 compagnies de voltigeurs, il fait la retraite de Leipzig à la gauche de la division Guillemînot, arrête longtemps l'ennemi à Kossin, charge avec trois d'entr'elles une colonne autrichienne au pont de Hoff sur la Kinzig et lui prend plus d*hommes qu*il n'en avait lui-même. Quelques jours après, il passait colonel au 67"* de ligne. A l'évacuation de Francfort^ il ramène tout seul au pont de ,1a Nidda une compagnie de voltigeurs qu*on avait oubliée sur la route de WiJrzburg. Hais en visitant ses malades à Fhêpital de Mayence, il prend le typhus, dont 11 guérit à Strasbourg. Le ^février 48lion lui confie le 48~ de ligne. Avec 500 hommes de ce corps et quelques compagnies des 11"* et 20^ légers, il est chargé par le duc de fiellune et le comte Bourmont de défendre Nogent 11 y tient 48 heures au bout desquelles il a Tordre de se retirer, l'ennemi ayant franchi la Seine à Bray. Hais il ne laisse pas un homme au pouvoir des alliés. Le général russe Boutouriin a dit que ces deux journées suffisaient pour illustrer tonte une carrière. A Bar-sur-Aube, il sauve quelques jours après la division Duhesme et gagne la croix de commandeur de la Légion d'honneur. A Doulevent, le général Gérard le présente a l Erapereur qui le nomme général de brigade et le charge de couper avec une brigade d'élite l'ennemi qu'il croit avoir passé la Marne. Il assiste aux adieux de Fontainebleau où Xapoléon lui rappelle celte dernière nomination. Voirol lui répond les larmes aux yeux : « Votre majesté m'a com-blé de bontés. M La Ueslauration ne la confirme pas, faute de brevet, et le Q^kt juin 1815 il se distingue avec son dernier régiment à Saarbriick et à Strasbourg, où ses soldats le portent en triomphe, puis à Hausbergen. Le générai Rapp l'appelle un des ofticiers les plus iotrépides de l'armée
française. Le licenciement des troupes en Alsace ne s'opéra pas sans troubles. Rapp y courut des dangers et Voirol fut un moment arrêté par les soldats. En 1819 seulement, Louis XVllI lui confiait le commandement de la légion des Basses-Pyrénées, qui devint le 13' ' léger. La présence et l'esprit conciliant du prolestanl Voirol à Nîmes en 1821 et 1822 préservèrent celte ville do réactions sanglantes. En 1823 le duc de Bellune fait nommer enfin le défenseur de Nogenl maréchal-de-camp. Mais celui-ci fut remis en disponibilité et appelé cinq ans plus tard à la tète d'uoe brigade au camp de St-Omer. Bourmont , devenu ministre de la guerre, lui confia l'inspection des troupes de la 9"* division militaire (Marseille). Après juillet 4S30i le général Gérard, à son tour ministre de la guerre, lui donna à commander une brigade à Paris, mais une députation de la garde nationale de Ntmes obtint son renvoi à la tète du département da Gard. Lors de l'enlèvement des croix, Voirol préserva de nouveau cette ville d'une effusion de sang. En 4832, quoique gravement malade, il se fit conduire en voiture dans les tranchées de la citadelle d'Anvers, oà il gagna le grade de lieutenant-général. Bientôt après, bien que le pins jeune de ce grade, il fut appelé au commandement-'en-cbef des troupes de l'Algérie; à la mort du duo de Rovigo, on le chargea de l'intérim du gouvernement, qui dura 22 mois jusqu'à l'arrivée du général Drouet d'Erlon, et qu'il signala par d'Importante services et de grands tiavauz. Il rentra en France en 4834 pour devenir grand-officier de la Légion d'honneur, et fut vivement regretté par la colonie, même par les indigènes. Nommé commandant de la 5"* division militaire Strasbourg) il arrêtait le 90 octobre 4836 le prince Louis-Napoléon Bonaparte. Sa fidélité fut cependant mise en doute et provoqua même son rappel. Mais il ne tarda pas a obtenir une réparation complète et éclatante. Il entra à la chambre des Pairs et nous ignorons si ce ne fut pas à cette occasion qu'il fut créé baron. En 4840 il passait au commandement de la 0^ division militaire (Besançon) , que la révolution de février 4848 lui retira brusquement. L'académie de cette ville l'avait nommé un de ses membres honoraires. Il mourut en retraite à Besançon le 15 septembre • 4853 et fut enseveli au cimetière protestant de cette ville, où il laissa d'unanimes regrets. Il était âgé de 72 ans. En dehors de ses qualités militaires, Voirol était un homme bon, aimant, généreux, particulièrement attaché à son pays natal ; il n'employa son crédit que pour être utile et ne brigua que pour les autres les faveurs du pouvoir.
Il avait épousé à Avignon M"* Aumont, une fille unique, dont il a laissé deux eniants. Cooune sous-préfet de Glay, son fils gagna. Ja croix
d'honneur par sa conduite lors d'une apparition du choléra dans cette localité française. II habite Paris avec sa méro. Sa sœur est M""Montbrun.
D'après ud portrait Jithographié, que possède M"' Baodelier née Morel, à Berne. ^
f15. ABRAHAM-RODOLPHE DE MUR ALT.
Né le 25 mai 1783 et frère du brigadier napolitain (N» 120), il faisait comme cadet, puis comme enseigne du régiment suisse de Watteville au service d'Angleterre les campagnes de 1801 et 1802 en Egypte, de 1805 à Naples. U passait le 1*^*^ janvier 1806 lieutenant au régiment étranger de Frohberg, y devenait capitaine le i septembre et recevait deux bles» sures graves à la révolte de ce corps le 6 avril 4807 à Malte. Après sa dissolution, il entrait aux chasseurs britanniques, dont il commanda lea grenadiers dès 4809. En 4810, le général Sluart lui confiait le commandement d'on corps franc calabrais, mais de Murait rejoignait en 4844 son régiment en Portugal, faisait les campagnes suivantes en Espagne et en France, et recevait un coup de feu devant St-Sébastien le 34 août 4813. En octobre 4844, son corps fut dissous et lui-même mis à demi-solde. U passait alors en qualité de major dans le régiment bernois de Kirchberger (H9 29) au service des Pays-Bas et alors en formation. Nommé premier lieutenant-colonel en 4846, il commanda dès lors ce corps de fait jusqu'au licenciement de 4829. En 4830, on le plaça comme colonel dans le ^ régiment dlnfanterie hollandaise. Mats eir 4832 il dut subir l'amputation d'une jambe par suite de les blessures de 4807. En 4834, il devenait commandant de la ville et place de Gronîngne; en 1835, du dépôt général de Fermée de terre k Harderwyk; en 4837, de la province d'Utrecht. Nommé général-major en 4838, il commanda dès 4840 la province du Brabant septentrional (Bois-Ie-dnc) et prit sa retraite en 4844, après avoir fait admettre sa famille dans la noblesse bollandaise. Il est mort a Utredit le 27 décembre 4859, laissant un Ois et trois filles d'Agathe -Sophie -Gérardtne van Hoey, dont le père commandait comme général à Bois-leduc en 4845.
D'après un portrait possédé par la famille du général à Utrecht.