‹ Les généraux bernoisChapitre 64 sur 113 · ROBEBT-SCIPION BARON BE LENTULUS · texte numérisé non relu

ROBEBT-SCIPION BARON BE LENTULUS

Fils unique du feldmaréchal lieutenant César-Joseph (N° 56) et né k Graffendorf dans la Basse-Autriche le 18 avril 1714, il débutait comme cornette dans la compagnie de son père à l'âge de 14 ans. Il assistait en 1734 à la bataille de Parme comme adjudant-général du feldraaréchal comte Mercy qui y était tué. Capitaine en 1735, il combattait sur la Moselle sous Seckendorf et réglait l'armistice qui suivit le combat de Klausen. De 1727 à 1739 il servait en Hongrie et prenait part aux combats et batailles de Cornia, Krotzka, Panczowa et Mehadia. A cette dernière bataille il sabrait à la tête de deux escadrons un gros de Janissaires et contribuait à la victoire. A la paix de Belgrade il aidait à régler, comme commissaire, les frontières de la Servie et du Banat de Temesvar et était envoyé à Constantinople pour y faire ratifier le traité. Dans la première guerre de Silésie en 1743 et 1744, il combattait de nouveaa en Bohème et en Bavière, entr'autres à Bramiaa> Cette dernière année, il se trouvait avec 200 dragons de son régiment devenu Balayra dans Pragae assiégé et exécutais plusieurs sorties heureuses. Enveloppé dans la capitulation de cette place , il ne voulût pas se rendre prisonnier de guerre et déclara au général prussien Einsiedel, cpi'il était venu là pour se battre et non pour déposer les armes. Il brisa son épée et ses dragons suivirent son exemple. Frédéric II l'invita à sa table et le relâcha sur parole. En 1745 Lentnius se rendit à Berne et entra an conseil des Deux-Cents. Après la paix et au commencement de 1746, il quittait le service impé-

rial et acceptait les offres du roi de Prusse qui le nommait major et un de ses aides-de-camp , puis le mariait ea 1748 avec Marie-Anne , fille dn comte Schwerin, ministre d'Etat et grand-écuyer. Nommé lieutenantcolonel en 1752, colonel en 1755 et créé baron de Colombier, il introduisait plusieurs améliorations dans la cavalerie prussienne et se distinguait en 1756 à Lowositz, en 1757 à Prague, à KolUn et à Rossbach. A la fin de cette dernière victoire il fut chargé de poursuivre l'ennemi jusqu'au-delà d'Effort. Devenu général-major, il se faisait de nouveau remarquer à Leuthen, y avait un cheval tué sous lui et poursuivait une seconde fois l'ennemi jusqu'à Lissa, après quoi il investissait Sckweidnitz avec sept régiments de cuirassiers. En janvier 1758 il était nommé chef du 3~ régiment de cette arme (LethkUratnere) et faisait cette campagne en Moravie sous Keith et Forcade. A la levée du siège d'Olmutz, il passait en Bohème sons le prince Maurice d'Anhalt-Dtessau. Il culbutait les grenadiers russes à Zomdorf et le roi déclarait lui avoir une obligation réelle de sa part à cette victoire. A Hochkirch sa brigade de cavalerie ne put arrêter les Autrichiens, tout en enfonçant plusieurs fois leur infanterie. Il fit la campagne de 1759 ; dans celle de 1761 il se distinguait encore à KIosterwahIstadt, et dans celle de 1762 an combat de Reicbenbadi. En 1767 il revoyait Berne oii il avait une succession à recueillir. Son pays le nommait lieutenant-général de ses milices et peu de jours après Frédéric II le faisait lieutenant-général de sa cavalerie. L'année suivante ce souverain l'envoyait à Berne médiatrice entre lui et Neuchàtel soulevé. Les milices, mises sous les ordres de Lentulus, occupèrent cette ville et lui-même devint gouverneur de cette principauté. .Mais à la fin de l'année, il était de retour en Prusse. 11 habitait quelquefois la seigneurie de Hedekin qu il avait achetée près de Magdeburg. En 1770 il recevait l'ordre de I .-Vigle noir et en 1773 on le retrouve en Pologne à la tête de 15,000 hommes chargés d'appuyer des prétentions que la Prusse avait sur quelques provinces et assistant comme plénipotentiaire de sa cour à la Diète de Varsovie. La Russie et l Autriche prirent les mômes niesures. 11 reçut plus tard aux frontières du royaume le grand-duc Paul de Russie et l'accompagna lors de son second mariage , ce qui lui valut l'ordre de St-André. Dans la guerre de succession «le Bavière (1778 — 79) le prince Henri de Prusse le demanda pour commander la cavalerie de son aile droite (oO escadrons). En 1779 Lentulus obtint sa démi'ssion non sans peine et pour des motifs de santé. Après avoir vécu dans l'intimité du roi , il se voua dès lors au service de sa patrie et perfectionna l'organisation de ses milices. U fut mis à la tête du corps bernois

chargé de pacifier Genève en 1782 de concert avec les Français et les Sardes du marquis de Jaucourt et du comte de La Marmora. Devenu président de la Société militaire suisse en 1785, il succombait k l'âge de 72 ans h une hydropisie de poitrine le 26 décembre 1786 à sa campagne de Mon Hopos pr^s Derno où il est enseveli. Il avait eu de sa première femme trois iils et aae âUe ; les deux fils, qui lui survécurent, servaient dans Tarmée prussienne. Sa seconde femme fat Julie-Rosine d'Brlacfa, veuve de Vincent Frisching, seigneur de Wyl.

a. D'après une copie à l'huile qui appartient à M. de Stiirler-Gumoëns à î'Altenberg (Berne).

b. D'après un buste en marbre que possède li~ Wallier née de Lentulus à Berne.

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