MEUSNIER — BLOU DE CHADENAC
Dans la nuit du 20 au 21 mai il s'empara de l'île Kopf, et le 3 juin de la Bûrgerau. Toujours le premier au feu, il eut le genou droit fracassé par un biscaïen le 5 juin 1793 dans la traversée des îles du Rhin au fort de Kastel. Transporté à Mayence, Meusnier y mourut le 13 juin, sans avoir su ^.^^-^ v^ que Bouchotte ^O^V^^;;?^^^ l'avait nommé, ^ *^ ^ '^'^ -^ ^""^
le 3 mai, général de division.
1793, 27 juin. — Mayence.
BLOU DE CHADENAC (Jean-Antoine de), né à Thueyts (Ardèche) le 8 mai 1737. Lieutenant en 2" dans le régiment de Picardie le 28 septembre 1746 et en i*"*" le 14 novembre suivant, il fit les campagnes de 1747 à 1749 et devint enseigne à la réforme. Réintégré comme lieutenant le II mai 1752, capitaine le i" septembre 1755, il fit les campagnes de 1757 à 1762. Passé à une compagnie dans les grenadiers de France en 1761, nommé lieutenant-colonel du régiment provincial de Troyes en 1771, chevalier de Saint-Louis le 16 octobre delà même année, il devint lieutenant-colonel du régiment de Piémont (3" d'infanterie) le 18 avril 1776 et colonel le 25 juillet 1791. Elevé au grade de maréchal de camp le 30 mai 1792, il reçut de Custine le gouvernement de Landau, puis celui de Mayence (janvier 1793). Il était enfermé dans cette ville assiégée quand le Conseil exécutif le nomma général de division le 27 mai 1793. Blou de Chadenac ne jouit pas de ce nouveau grade, car il fut tué par une bombe dans la cour du quartier général à Mayence le 2 7 juin 1793.
[17931 IHLER 9
1793, 20 août. — Jockrim (Palatinat).
IHLER (Louis-Théobald), né à Thann (Haute-Alsace) le 16 mai 1756. Il entra au service comme sous-lieutenant au régiment Royal-Bavière (futur Royal-Hesse- Darmstadt) le 26 février 1774. Il devint lieutenant en 2® le i'"' septembre 1777, i" lieutenant le 13 août 1779 et capitaine en 2^ le 3 novembre 1782. Le lieutenant général Luckner le prit comme aide de camp le i'"'' avril 1791. Ihler fut promu lieutenant-colonel du 38° régiment d'infanterie le 20 décembre 1791 et redevint aide de camp de Luckner le 5 février 1792. Il reçut le grade de colonel du 8" dragons le 17 juin 1792, mais il ne rejoignit pas son régiment, le maréchal Luckner l'ayant conservé près de lui comme colonel aide de camp en remplacement de Beurnonville, promu maréchal de camp. Le i" octobre suivant Ihler se trouva sans emploi par suite de la retraite du maréchal et vint à Paris. Il y demeura en disponibilité, demanda un service actif et le grade de maréchal de camp le 19 janvier 1793, fut attaché, le 26, à l'état-major de l'armée du Rhin et se rendit à Strasbourg. Le général Custine le nomma général de brigade provisoire dans les premiers jours du mois d'avril 1793 et le plaça au camp de Lauterbourg sous les ordres du général Ferrier. Non compris dans l'organisation du 15 mai 1793,11 devait cesser ses services le i"' juin, mais il n'en resta pas moins à l'armée du Rhin. Le 20 août 1793, à l'attaque des lignes de Wissembourg par les Impériaux, Ihler se conduisit en héros et périt frappé d'un coup de sabre à Jockrim en essayant de reprendre des pièces de canon que l'ennemi venait de nous enlever.
lo DUMAS — CHAMBON [1795
1793, 22 septembre. — Clisson (Loire-Inférieure).
DUMAS (Jean-Louis), né vers 1727. Entré au service le 25 mars 1745, dans la compagnie des chevau-Iégers d'Artois, il fit les campagnes de Flandre de 1745 à 1748 et celles d'Allemagne de 1757 à 1762. Il y conquit les grades de fourrier (20 mars 1759), porte-étendard (12 mai 1761) et sous-brigadier (23 mars 1762). Il avait rang de lieutenant de cavalerie et, au retour de la guerre, il passa, par suite de la réforme des chevau-Iégers, dans les gendarmes bourguignons (18 juin 1763). Il devint brigadier (rang de capitaine) dans ce corps le 2g juin I 770, reçut la croix de Saint-Louis le 19 avril 1772 et fut promu maréchal des logis le 13 juin 1774. Il se retira le 17 juin 1782 avec une pension de 800 livres. Dumas habitait Chatel-sur-Moselle quand il fut élu, le 29 août 1791, lieutenant-colonel en 2® du 3" bataillon des volontaires des Vosges; il servit à l'armée du Rhin, prit part à la défense de Mayence, pendant laquelle il devint i""" lieutenant-colonel (29 juin 1793), fut envoyé en Vendée après la capitulation et périt au combat de Clisson le 22 septembre 1793. Le Conseil exécutif provisoire, ignorant la mort de Dumas, lui conféra, le 29 octobre 1793, le grade de général de brigade.
1793, 9 octobre. — Châtillon (Deux-Sèvres).
CHAMBON (François), né à la Celle (Puy-de-Dôme) le 20 août 1744. Il entra au service le 27 juillet 1771 dans le régiment de dragons de Languedoc (6^ chasseurs à
[i7<;]] CHAMBON — LECOMTE n
cheval), devint maréchal des logis en second en 1783, maréchal des logis en chef en 1786 et fut congédié le 6 novembre 1790 avec une place de maréchal des logis des Invalides. Chambon entra dans la garde nationale parisienne et s'occupa en même temps du complètement des recrues de son ancien régiment, dans lequel il rentra, le 2 juin 1792, comme sous-lieutenant. Détaché à Amiens pour les opérations du recrutement du 22 août au 14 septembre, il fut promu capitaine au 7'^ his de hussards le 24 novembre 1792. Chambon servit en Vendée avec la plus grande distinction; le 22 juin 1793 il entra dans Chinon et, le 26, dans Saumur. Le 5 août il contribua à la prise de Doué ; le 6 septembre il prit et incendia le château de Langremière. Sa bravoure lui mérita le grade de ofénéral de brigade le 30 septembre et il mourut en héros au combat de Châtillon le 9 octobre 1793.
1793, II octobre. — Châtillon (Deux-Sèvres).
LECO]\ITE (René-Francois), né à Fontenay-le-Comte (Vendée) le 14 mai 1764. Il entra au service, en 1779. comme pilotin à bord du Saint-Michel, devint timonier, l'année suivante, et fit partie de l'expédition de SufEren aux Indes. Il passa au régiment d'Austrasie et fut nommé sergent-major pour être entré le premier dans les retranchements de nie de Gandelour défendus par les Anglais. Rentré en France, il obtint son congé en 1785 et devint régisseur des biens de IMaynard, baron de Langon. En 1790 il remplit les fonctions de chef de bureau à l'administration départementale de la Vendée et s'enrôla le 19 septembre 1791. Le mois suivant il fut élu lieutenant du 3'' bataillon des Deux-Sèvres. En septembre 1792
ij LECOMTE — BLOSSE I179J]
Lecomte commanda provisoirement ce bataillon et en novembre il reçut le grade de chef de bataillon. Élu chef du bataillon le Vengeur le 27 février 1 793, il acquit, ainsi que sa troupe, une réputation légendaire de bravoure. Le 28 juin 1 793 il décida la victoire à l'affaire de Luçon et fut récompensé par le brevet d'adjudant général en juillet. Le 24 du même mois il se distingua au combat de Pont-Charron et fut promu, le 30, général- de brigade. Le 5 septembre Lecomte soutint, à Chantonnay, avec 4,000 hommes, une lutte inégale contre 20,000 Vendéens et se replia sur Luçon, après avoir été blessé. A peine rétabli il vint reprendre sa place à l'armée et fut proposé par les représentants comme général de division, le 8 octobre 1 793. Le 1 1 du même mois il montra la plus grande valeur au combat de Châtillon
dats à Bressuire, il succomba, le 15, aux suites de sa blessure.
et reçut une balle dans le corps. Transporté par ses sol-
1793, 27 octobre. — Entrammes (Mayenne).
BLOSSE (Louis), né à Troyes (Aube) le 18 janvier 1753. Enrôlé au dépôt de recrues des colonies le 15 septembre 1770, incorporé au régiment irlandais de Clare le 18 janvier 1771, il fit aux Indes les campagnes de 1771 et de 1772 et fut congédié le 17 juin 1775. Il se rengagea au dépôt des colonies le 17 juillet suivant, passa au régiment de la Guadeloupe (futur 109" d'infanterie) le i" décembre 1778 et devint porte-drapeau le 23 octobre 1781, sous-aide-major le 14 juin 1782, lieutenant de chasseurs le i"^ avril 1785 et capitaine le 16 septembre 1792. Blosse alla comme capitaine de grenadiers à l'avantgardede l'armée des Côtes de Brest. Il était commandant
[I79J] BLOSSE — BURCY ij
temporaire d'Ancenis lorsque les représentants IMerlin, Gillet et Cavaignac le nommèrent adjudant général chef de bataillon le ii juillet 1793. Confirmé dans ce grade le 8 août, il sortit de Nantes, le 26, avec le général Canclaux et mit en fuite les rebelles. Le 5 septembre il défendit avec une bravoure, devenue bientôt proverbiale, le poste des Sorinières et fut légèrement blessé. Le 13, attaqué par les Vendéens au poste du village du Chêne, il les repoussa vigoureusement. Le 17 il prit part au combat de Vertou et fut promu, le 30, adjudant général chef de brigade. Le 6 octobre 1793 Blosse se conduisit en héros au combat de Tiffauges et reçut, le 16, des représentants le grade de général de brigade provisoire, en même temps que Marceau. Le lendemain 17 il fit des prodiges de valeur avec ses grenadiers à la bataille de Cholet. Après cette victoire il fut chargé, le 20 octobre, de désarmer la rive gauche jusqu'à Saint-Florent et remplit cette mission avec une grande humanité. Le 2 7 octobre, au funeste combat d'Entrammes, Blosse essaya vainement de rallier les troupes ; quoique frappé d'une balle à la tête, il voulut défendre avec quelques braves le pont de Château-Gontier et il y périt avec la plupart de ses compagnons.
1793, 26 novembre. — Gundershoffen (Alsace).
BURCY (Pierre- Augustin-François de), né à Caen (Calvados) le 7 décembre 1748. Il entra au service comme gendarme à la compagnie de Berri le 30 mars 1768, devint gendarme de la garde le 25 septembre 1771 et fut réformé le i" juin 1776. A la Révolution il fut élu lieute-
14 BURCY — MARIGNY [1793]
nant de la garde nationale de Caen le 25 juillet 1789 et devint ensuite capitaine aide-major (15 septembre 1789) et major (15 avril 1791). Pourvu d'une commission de lieutenant de la gendarmerie nationale le 17 juin 1791, il reçut la croix de Saint-Louis le 17 juin 1792 et fut élu à Lunéville, le 20 novembre suivant, chef de brigade de la 2" division de gendarmerie, organisée dans cette ville pour le service des armées. Il alla servir à l'armée delà Moselle et y gagna le grade de général de brigade le 1 1 septembre 1793. Il commandait l'avant-garde du corps des Vosges quand il fut suspendu de ses fonctions par le Conseil exécutif le 25 brumaire an II (15 novembre 1793), en vertu du décret qui excluait des armées ceux qui avaient servi dans la maison du ci-devant roi. Burcy n'eut pas le temps d'obéir à cet ordre, car il périt au combat de Gundershoffen, près de Reichshoffen, le 6 frimaire an II (26 novembre 1793). Son cheval s'étant abattu, il refusa de se rendre et fut littéralement haché à coups de sabre.
1795, ^ décembre. — Durtal, près d'Angers.
MARIGNY (Jean-Fortuné BoiJiN de), né à Châtellerault (Vienne) le 6 mai 1766. Elève à l'école militaire de Vendôme en 1781, sous-lieutenant à cheval aux chasseurs des Cévennes le 26 février 1788, il fut réformé le 6 mars suivant. Il rentra comme sous-lieutenant dans les chasseurs à cheval de Bretagne le 30 septembre 1788, et fut promu lieutenant le 17 juin 1792 et capitaine le i" septembre 1792. Il forma et commanda la légion des Francs pendant le siège de Mayence et seconda Kleber dans sa
[I79J] MARIGNY i^
tâche périlleuse d'empêcher les travaux des assiégeants. Nommé chef d'escadron le l'^'^mai 1793, il fit d'incessantes sorties, notamment les 7, 17 et 18 mai. Dans la nuit du 30 au 31 il pénétra dans Marienborn, qu'il n'abandonna que faute de soutien. Le 4 juin il attaqua Bretzenheim ; le g il défit les chevau-légers du régiment saxon de Courlande ; le 10 il attaqua et brûla le village de Sainte-Croix; le 24 il pénétra de nouveau dans Bretzenheim ; le 29 il tenta de reprendre la redoute de Weisenau, dont les Prussiens s'étaient emparés la veille. Marigny, dont les entreprises audacieuses stupéfiaient l'ennemi et remplissaient d'admiration la garnison, fut récompensé de ses exploits par le grade de chef de brigade le 30 juin 1793. Le 7 juillet il fit de vains efforts pour reprendre la flèche de Zahlbach. Quand Mayence capitula, il sortit de la ville avec la première colonne commandée par Kleber et Aubert Dubayet. Il se rendit ensuite en Vendée avec sa légion et se trouva encore sous les ordres de Kleber. Il continua à se signaler par son intrépidité. Le 9 septembre 1793 il chargea et poursuivit les Vendéens à Saint-Léger ; le 1 4 il repoussa les attaques de l'avant-garde de l'armée royaliste; le ig il combattit en héros à la malheureuse affaire de Torfou ; le 2 octobre il mit en déroute l'arrière-garde ennemie à Saint-Fulgent. Le 21 octobre Marigny fut chargé du commandement des troupes depuis Nantes jusqu'à Paimbœuf et montra beaucoup d'humanité à l'ég^ard des vaincus. Le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) il reçut des représentants du peuple le grade de général de brigade provisoire. En novembre il commanda l'infanterie légère dans la division Kleber; le 19 il traversa Pontorson, arriva à Dol, chargea les ennemis, mais, non soutenu, se retira à une lieue de cette dernière ville. Le 2 i novembre à une heure du matin il marcha de nouveau sur Dol avec Westermann, engagea le combat, mais se replia, faute de cartouches. Une panique s'étant emparée d'une partie des troupes, il couvrit la retraite et courut les plus grands dan-
i6 MARIGNY — MOULIN [1794]
gers. Il venait d'être suspendu par le ministre de la guerre, lorsqu'en chargeant les Vendéens à Durtal, près d'Angers, il périt frappé d'un boulet de canon le 5 décembre 1793.
1794, 9 février. — Cholet (Maine-et-Loire).
MOULIN (Jean-Baptiste), né à Caen (Calvados) le 28 janvier 1754. Engagé dans le régiment de Cambrésis le 7 février 1771, caporal le 14 août 1774, il passa par incorporation aux grenadiers du régiment de Saintonge le 16 juin 1775 et obtint son congé le 30 septembre 1777. Il entra alors dans les Ponts et Chaussées, qu'il quitta le 14 juillet 1789 pour servir dans la garde nationale parisienne. Sous-lieutenant, puis lieutenant de grenadiers, il devint sous-adjudant général de la 3'' légion le 15 décembre 1791 et adjudant général le 12 août 1792. Moulin demanda, le 17 juin 1793, un congé pour aller à l'armée de l'Ouest. Il servit d'abord comme adjoint aux adjudants généraux, se distingua au combat de Doué le 5 août 1793, puis reçut, le 5 septembre suivant, des représentants Choudieu, Richard et Bourbotte, le grade d'adjudant général chef de bataillon, confirmé le 1 1 par le Conseil exécutif provisoire. Le 28 novembre suivant sa valeur le fit élever au grade de général de brigade. Le i""" février 1794 Moulin était établi à Cholet, et le 6 il était menacé d'une attaque de l'armée vendéenne, qui se produisit le 9. Les Français ayant été pris d'une terreur panique, leur général fit d'héroïques efforts pour les rallier et pour couvrir la retraite avec quelques braves, mais