MOULIN — HAXO
dans une rue de Cholet il fut assailli par les ennemis et blessé de deux balles. Moulin, se voyant sur le point d'être pris, se brûla la cervelle avec son pistolet. Le 1 1 février le général Cordellier, qui avait reconquis Cholet, fit enterrer son infortuné camarade au pied de l'arbre de la liberté. Le 24 pluviôse an II (12 février 1794) la Convention décréta qu'un tombeau serait élevé à TifFauges au général Moulin et, le 9 floréal (28 avril), que son nom serait inscrit dans le Panthéon sur une colonne de marbre.
*é^at04-^^t
1794, 20 mars. — Les Clouzeaux (Vendée).
HAXO (Nicolas), né à Étival (Vosges) le 7 juin 1749. Enrôlé au régiment de Touraine infanterie le 13 février 1768, grenadier le 21 avril 1770, caporal le 26 août 1775, sergent le 11 décembre 1775, fourrier le 15 juin 1776, il fut congédié le 25 février 1777. Il était conseiller au bailliage de Saint-Dié quand ses compatriotes l'élurent lieutenant-colonel en i^"" du 3® bataillon des volontaires des Vosges le 29 août 1791. Il fit en cette qualité les campagnes de 1792 et de 1793 et se distingua pendant la défense de jMayence, Il y gagna le grade de chef de brigade (29 juin 1793) et fut, après la capitulation, envoyé à l'armée des Côtes de la Rochelle et promu général de brigade le 17 août 1793. Le 19 septembre suivant il mit en déroute les rebelles. Il passa à l'armée de l'Ouest le 2 octobre suivant et fut appelé, le 6, au commandement de la réserve de la division de Mayence. Haxo fut chargé, le 20 octobre 1793, de tenir tête à Charette et de s'emparer de Noirmoutier, et, le 26 novembre, il prit
HAXO — SARRET
Machecoul. Le 3 janvier 1794 il entra dans Noirmoutier et le 12 il battit la bande du chef La Cathelinière. Il s'installa ensuite à Machecoul et de là surveilla Charette, qu'il harcela constamment et battit, le 8 mars, près de la forêt des Gats. Dès lors il se lança à la poursuite de ce chef, arriva le 18 mars à Pont-James, le 19 à Légé et le 20 à Beaulieu, non loin de la Roche-sur- Yon. Haxo, apprenant que l'ennemi était dans le bourg des Clouzeaux, s'élança aussitôt à la tête des siens. Une panique momentanée s'étant produite, il chercha à rallier ses troupes, fut atteint de deux coups de feu et roula à terre avec son cheval. Entouré par les cavaliers ennemis, il s'acheva d'un coup de pistolet plutôt que de se rendre. Le 9 floréal an II (28 avril 1794) la Convention décréta que le nom du général Haxo serait inscrit dans le Panthéon sur une colonne de marbre.
1794, 6 avril. — Mont-Cenis.
SARRET (Henry-Amable-Alexandre de), né à Alilhau (Aveyron) le 6 septembre 1767. Il était étudiant à Montpellier quand il partit en 1784 pour l'Espagne, où il servit dans le régiment wallon de Brabant, puis dans le corps royal du génie, comme lieutenant. Il rentra en France le 5 août 1791, et fut attaché, le 18 septembre 1792, àl'état-major de l'intérieur comme adjoint aux adjudants généraux. Il devint capitaine dans le bataillon des chasseurs des Hautes-Alpes et fut réclamé pour aide de camp, le 27 mai 1793, par le général Kellermann. Il se signala au combat de Cluzes (29 septembre 1793) et fut promu gé-
!i794] SARRET — BRÛLÉ — PIERQUIN 19
néral de brigade le 26 vendémiaire an II {26 octobre 1793) et appelé au commandement du camp de ïournoux. En cette qualité, il chassa les Piémontais de la vallée de Barcelonnette (novembre 1793). L'année suivante Sarret servait à l'armée des Alpes sous les ordres du général Alexandre Dumas quand, le 17 germinal an II (6 avril 1794), il dirigea une attaque sur le Mont-Cenis. Il fut repoussé, et, blessé d'un coup de feu, il disparut dans un précipice.
1794, 29 avril. — Saorgio (Italie).
BRÛLÉ (Nicolas), né à Véronnes-les-Petites (Côted'Or) le 25 novembre 1758. Élu chef du 2^ bataillon de la Côte-d'Or le i" septembre 1791, il servit avec distinction au siège de Toulon et fut nommé général provisoire parles représentants du peuple le 6 nivôse an II (26 décembre 1793). Il passa ensuite à l'armée d'Italie, sous les ordres du général Du Merbion. Il faisait partie de la division Masséna et commandait la colonne de droite quand il périt en héros à l'assaut de la redoute du Col Ardente dans le défilé de Saorgio le iofloréalanII(2 9 avril 1794). Le 17 du même mois (6 mai 1794) la Convention décréta que le nom du général Brûlé serait inscrit sur la colonne du Panthéon.
1794, 18 mai. — Tourcoing (Nord).
PIERQUIN (Nicolas^ né à Aviller (Meuse) le 7 novembre 1741. Milicien le 26 octobre 1758, soldat au
PIERQUIN — MATENOTTE
régiment de Barrois le 3 janvier 1759, sergent le 21 février 1762, il passa au régiment de Foix (futur 83' régiment) le 7 juillet 1763. Il devint porte-drapeau le 11 septembre 1763 et fit les campagnes de 1763 à 1765 aux colonies et sur mer. Promu sous-lieutenant de grenadiers le 23 janvier 1772, lieutenant en 2* le 8 avril 1785, lieutenant en i^le 2g juin 1786, il reçut la croix de Saint-Louis le 27 juillet suivant. Capitaine le i""" avril i 791, capitaine de grenadiers le 21 février 1792, 2' lieutenant-colonel d'un bataillon de grenadiers le 21 octobre suivant, il fit les campagnes de 1792 et 1793 à l'armée des Ardennes, exerça les fonctions de commandant temporaire à Marienbourg et fut élevé au grade de général de brigade le 13 septembre 1793. Suspendu par les représentants le 10 novembre 1793, il fut bientôt réintégré et envoyé à l'armée du Nord, Pierquin eut le genou droit traversé par une balle à la bataille de Tourcoing le 29 floréal an II (18 mai 1794) et mourut des suites de cette blessure à Lille le 20 prairial suivant (8 juin 1794),
1794, 3 juin, — Berdaritz (Pyrénées-Occidentales).
MATENOTTE (Joseph Matenot, dit), né à Delme (Meurthe) le 24 novembre 1750. Il s'engagea, le 2 décembre 1770, au régiment Dauphin, où il prit le surnom de La Victoire, fut compris dans la formation du régiment du Perche en 1776 et obtint son congé le 22 septembre 1777. Il s'établit alors comme maître tailleur d'habits à
[i;94J MATENOTTE - LA BARRE 21
Uhart (Basses-Pyrénées) et entra, le 3 août 178g, dans la garde nationale de Saint-Jean-Pied-de-Port.dont il devint adjudant-major, puis lieutenant-colonel. Le 2 avril 1793 il abandonna ces fonctions pour prendre le commandement d'une compagnie franche et il fut nommé, le 10 nivôse an II (30 décembre 1793), chef du i«' bataillon de chasseurs basques. Il mérita, par son courage, d'être promu général de brigade par le Conseil exécutif le 25 germinal an II (14 avril 1794)- Matenotte, qu'on appelait le général La Victoire, servait sous les ordres de ^loncey quand il fut blessé d'une balle au ventre à l'attaque de la redoute de Berdaritz le 15 prairial an II (3 juin 1794). ^' / ' >
Transporté à ç/^Uut~ ^^ -i^luTÏÏIuU^^y^ Saint - Étien - ' / y^ ).
ne-de-Baïgor- ^^^^UjuVd^^
ry, il mourut kz^Z--^^
le 19 prairial ç /
(7 juin 1794)-
1794, 7 juin. — Près de Figuières (Espagne).
LA BARRE (André de), né dans le fort de Missouri (États-Unis) le 30 novembre 1749- Cadet à l'aiguillette dans les troupes des colonies le i" juin 1759, aspirant dans l'artillerie le 20 avril 1764, volontaire dans les carabiniers le I" avril 1767, il entra dans la légion de Lorraine avec le rang de sous-lieutenant de dragons sans appointement le 11 avril 1770 et obtint définitivement ce grade le 26 octobre 1772. Lieutenant en 2« dans Condé dragons le 5 décembre 1776, il fit la campagne d'Amérique et fut blessé, sous les ordres de l'amiral d'Estaing, au siège de Savannah en septembre 1779. H reçut la croix de Saint-Louis le 20 janvier 1780, revint en France, obtint une réforme de capitaine au régiment de Royal-
22 LA BARRE — PROTEAU [1794]
Cravattes le 4 juillet et, par permutation, passa au régiment Royal-Normandie cavalerie le 20 janvier 1784. Il fut nommé adjoint au corps de l'état-major de l'armée le i" juin 1785 et, le i"" juillet 1788, aide-maréchal-général des logis avec rang de major. Lieutenant-colonel du 15° régiment de dragons le 25 juillet 1791 et colonel le 23 novembre suivant, il fut employé à l'armée d'Italie et nommé général de brigade provisoire le 25 juin 1793. Confirmé dans ce grade le 22 août suivant, il servit au siège de Toulon sous les ordres de Dugommier et, le 17 décembre 1793, commanda une colonne à la prise de la redoute anglaise. Il suivit son général à l'armée des Pyrénées-Orientales, Le i*"" mai 1794 au combat du Boulou il acheva par une charge de cavalerie la déroute des Espagnols. Le 7 juin suivant (19 prairial an II), entre Roses
et Figuières, La . /
Barre tomba mor- ÛU^uI^^Û^a
tellement blessé à la tête de ses cavaliers.
1794, 15 juillet. — Canal de Louvain (Belgique).
PROTEAU (Jean), né à Libourne (Gironde) le 8 octobre 1752. Enrôlé au régiment de Foix (futur 83" d'infanterie) le 25 mars 1769, sergent le 6 septembre 1775, sergent-major le 13 mai 1783, sous-lieutenant de grenadiers le 10 juin 1786, il devint lieutenant le 15 septem.bre 1791 et capitaine le i" mai 1792. Il fit en cette qualité la campagne de 1792, exerça les fonctions de commandant tem-* poraire de la place de Douai, puis fut promu général de brigade le 3 septembre 1793 et employé à l'armée du Nord. Il prit part aux opérations qui précédèrent la prise
PROTEAU — ROUYER
de Marchiennes et, le 23 octobre, attaqua Orchies. Il était sous les ordres de Pichegru quand il périt, le 15 juillet 1794, dans le combat sur le ca- y^' nal de Louvain qui amena l'en- /^ trée des Français dans Malines. «=> ^^ *^
1794, juillet. — La Guadeloupe.
ROUYER (Charles-Etienne), né à Vicherey (Vosges) le 16 mars 1760. Il s'engagea dans le régiment des gardesfrançaises le i""" juin 1780, devint grenadier le 16 août 1784, servit comme instructeur au dépôt des élèves et reçut son congé le 15 mai 1787. Instruit et connaissant plusieurs langues, il obtint la place de gouverneur d^un des enfants du fils du lieutenant général d'Affry. En 1791 il quitta ces fonctions et rentra dans l'armée, le 15 septembre, comme sous-lieutenant au 25" d'infanterie. Lieutenant le i'"" mai 1792, capitaine le i" octobre suivant, il fit la campagne de Belgique et fut nommé, le 12 février 1793, i*"" lieutenant-colonel du i" bataillon d'infanterie du département de Jemappes. Le 29 octobre 1793 il reçut le brevet d'adjudant général chef de brigade et fut employé à Paris. Général de brigade le 8 mars 1794, Rouyer alla commander la force armée de l'île Sainte- Lucie dans les Antilles. Il partit de Rochefort en mars 1794 et débarqua à la Guadeloupe en avril. En défendant cette île contre les Anglais, il fut frappé d'un éclat de bombe dans le fort de Fleur d'épée et succomba aux sui- ^ K ^
tes de cette blessure le 2 thermidor an II (20 juillet 1794).