‹ Les Généraux morts pour la patrie, 1792-1871Chapitre 46 sur 57 · CHAMPEAUX · texte numérisé non relu

CHAMPEAUX

ment de chasseurs des Cévennes le 12 août 1785, souslieutenant à pied le 27 septembre 1785 et à cheval le 28 décembre 1786, il passa au régiment de chasseurs à cheval de Bretagne le 6 mai 1788 et fut promu lieutenant le 19 avril 1792. Détaché en qualité de commandant de la compagnie des guides à l'armée du Rhin le 27 mai 1792, il fut confirmé dans le grade de lieutenant le 17 juin et devint capitaine le i" septembre et chef d'escadron au 10^ chasseurs à cheval le 8 octobre. Champeaux, élevé au rang de chef de brigade le 8 mars 1793, fut suspendu comme noble par les représentants du peuple Saint-Just et Le Bas le 8 novembre 1793 et interné à Auxerre. Il ne fut réintégré que le 2 février 1796 par Aubert Dubayet. Appelé par le Directoire, le 24 mars, au commandement du 12^ hussards, il ne prit pas possession de ces fonctions, mais fut mis, le 27, à la disposition de Bonaparte, général en chefde l'armée d'Italie, qui le nomma commandant du 7'' bis de hussards (futur 12''). Devenu chef de la 22" division de gendarmerie à Grenoble le 10 juin 1797, il reçut, le 6 mars 1800, le commandement de la gendarmerie du quartier général de l'armée de réserve et fut élevé au grade de général de brigade le 9 mars. Bonaparte lui confia les i" et 8" dragons au mois de mai. Le 14 juin, à la bataille de Marengo, Champeaux fut placé avec sa brigade derrière l'aile droite de l'armée. Dès le début de l'action il chargea les Autrichiens à la tête de ses dragons et tomba frappé d'un coup de feu à la poitrine. Transporté à Milan, il y mourut des suites de cette blessure le 28 juillet 1800.

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1800, 14 juin. — Marengo (Italie).

DESAIX (Louis-Charles- Antoine), ou plutôt des Aïx, chevalier de Veygoux, né au château d'Ayat (Puy-de- Dôme) le 17 août 1768. Il fut admis à l'école royale militaire d'Effiat le 18 octobre 1776, puis entra au régiment d'infanterie de Bretagne (futur 46* d'infanterie) comme 3" sous-lieutenant en pied sans appointements le 20 octobre 1783 et devint sous-lieutenant le 8 juillet 1784. En garnison à Strasbourg, il remplit les fonctions d'aide de camp du colonel Mathieu Dumas (janvier 1791) et refusa de suivre son frère aîné dans l'émigration, ce qui le brouilla avec sa famille (avril). Promu lieutenant le 24 novembre 1791, il fut nommé commissaire des guerres à Clermont le 20 décembre 1 791 et prêta serment en cette qualité le 9 janvier 1792. Mais n'ayant pas les vingt-cinq ans exigés pour remplir cette fonction, Desaix dut l'abandonner et rentrer avec son grade de lieutenant au 46^ d'infanterie le 13 mai 1792. Il fut promu capitaine le 23 mai, alla servir à l'armée du Rhin et devint, le i^"" juin 1792, aide de camp du général Victor Broglie. Le 12 août il vit le feu pour la première fois en accompagnant les généraux Custine, Kellermann et Broglie dans une reconnaissance en avant de Landau. Les Français rencontrèrent les Autrichiens, les chargèrent, mais furent contraints de reculer sur le camp d'Arzheim devant des forces supériaiures. Desaix eut son cheval blessé et fit prisonnier un hussard hongrois. Quand les commissaires de l'Assemblée législative, Carnot, Coustard, Prieur et Ritter, vinrent faire prêter à l'armée le serment au nouveau gouvernement (15 août 1792), l'aide de camp de Victor Broglie suivit l'exemple de son général, mais ne fut pas, comme lui, suspendu. Cependant il crut devoir rejoindre

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celui-ci à Bourbonne, mais il fut arrêté le 8 septembre, dans un village des Vosges, à la Chapelle-aux-Bois, emprisonné à Épinal, puis remis en liberté le 25 octobre. Le 28 novembre il demanda à Carnot-Feulint le commandement d'une compagnie au 46^ de ligne et fut adjoint, le mois suivant, à Tétat-major de l'armée du Rhin. En janvier 1793 Desaix fut chargé de la défense de Worms, Le 17 mai suivant il protégea la retraite de l'armée de Custine à l'affaire de Rûlzheim, et le 20 il fut promu adjudant général chef de bataillon. Le 20 août, dans un combat livré en avant de Lauterbourg aux Impériaux, il eut les deux joues traversées par une balle et fut nommé par les représentants général de brigade provisoire sur le champ de bataille. Le 14 septembre suivant il dirigea une des colonnes au combat de Nothweiler et chassa les Autrichiens de la forêt de Bienwald, mais, après la prise des lignes de Wissembourg, il battit en retraite et rejoignit le reste de l'armée à Reichstett le 20 octobre. Le jour même Desaix fut nommé général de division provisoire et commandant de l'avant-garde. Suspendu le 13 novembre 1793 par Bouchotte, comme parent d'émigrés, sur une dénonciation du comité de surveillance de Riom, il n'en resta pas moins à son poste et, au combat de Berstheim, le 2 décembre, il eut un cheval tué sous lui et fut contusionné. Le 27 il s'empara de Lauterbourg. L'année suivante, il servit sous les ordres du général Michaud. Le 23 mai 1794 il commandait la droite de l'armée près de Schifferstadt quand il fut attaqué par les Autrichiens. Il les repoussa victorieusement après un combat opiniâtre. Le 19 juin, au combat de Weistheim, il culbuta de nouveau les ennemis. Le 2 juillet il reprit l'offensive à Schweigenheim, mais une panique de ses troupes le força à battre en retraite. Il recommença son attaque le 13 avec plus de succès. Le 2 septembre 1794 Desaix fut confirmé dans son grade de général de division. Le 8 octobre il s'empara de Franc-

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kenthal, évacua cette place, le 12, devant des forces supérieures, la reprit le 15, en même temps que (frûnstadt, et entra, le 22, dans Alzey et Oppenheim. Enfin le 12 novembre il chassa les Autrichiens de Weisenau, un peu au-dessus de Mayence. Il campa devant cette ville pendant le terrible hiver de 1794 et 1795, et fut envoyé par Pichegru en juin 1795 avec sa division sur le haut Rhin, entre Brisach et Bâle. où, durant trois mois, il empêcha Wurmser de franchir le fleuve et de pénétrer en Alsace. Le 1 8 octobre il fut chargé par Pichegru de défendre le pont de Mannheim et se maintint jusqu'au 19, où il fut obligé de rétrograder. Le 10 novembre sur les lignes de la Pfrimm il soutint tout le choc de l'armée autrichienne et se retira ensuite sous les murs de Landau. Après la trêve du 25 décembre il fut appelé au commandement par intérim de l'armée de Rhin et Moselle.

La campagne de 1 796 ne fut pas moins glorieuse pour Desaix, qui commandait le centre de l'armée de Moreau. Le 14 juin il dirigea une attaque sur le Rehebach et repoussa la cavalerie ennemie dans la plaine de Mutterstadt. Le 24, à une heure et demie du matin, il franchit le Rhin et vers midi s'empara du fort de Kehl. Le 2'è il décida la victoire au combat de Renchen et prit une part importante aux batailles de Rastadt {5 juillet) et d'Ettlingen (9 juillet). Le 3 août 1796 il atteignit les Autrichiens près d'Aalen et les refoula ; le 11 il coopéra à la bataille indécise de Neresheim ; le i®' septembre il triompha au combat de Geisenfeld, après une lutte sanglante. Le 8, Desaix fut détaché par Moreau dans la direction de Nurenberg, mais il reçut bientôt l'ordre de rétrograder et il repassa le Danube le 16 septembre pour rejoindre le gros de l'armée. Ensuite continua la retraite, pendant laquelle il décida la victoire de Biberach (2 octobre) et prit part au combat malheureux d'Emmendingen (19 octobre). Dans la nuit du 20 au 21 octobre il passa le Rhin à Vieux-Brisach et fut chargé de défendre

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