DESAIX
Kehl contre le prince Charles. Le 21 novembre 1796 Desaix dirigea contre les Autrichiens une attaque qui ne réussit pas et au cours de laquelle il eut un cheval tué sous lui et reçut une forte contusion à une jambe. Il continua à se défendre héroïquement et n'évacua Kehl que le 10 janvier 1797, en vertu d'une convention conclue la veille avec l'ennemi. Le 3 1 janvier il remplaça par intérim Moreau dans le commandement de l'armée de Rhin et Moselle jusqu'au ig avril. Le 20 de ce mois il passa le Rhin à Diersheim et fut atteint d'une balle à la cuisse en chargeant à la tête de ses troupes. Il fut transporté à Strasbourg, pendant que les préliminaires de paix signés à Leoben interrompaient brusquement la campagne. Rétabli à la fin du mois de mai, Desaix partit, le 19 juillet 1797, pour aller rejoindre Bonaparte en Italie et il arriva le 28 à Milan. Il alla ensuite visiter les célèbres champs de bataille d'Italie, assista aux conférences d'Udine et repartit, le 18 septembre, pour remplir une mission en Allemagne. Le 26 octobre suivant il fut nommé commandant en chef provisoire de l'armée d'Angleterre, que devait conduire Bonaparte, et fut envoyé à Rennes. Il visita les ports de l'Océan, et notamment Brest (14 février 1798). Enfin le 16 mars 1798 il partit pour Civita- Vecchia, où une portion de l'armée devait s'embarquer. Il arriva à Rome le 2 avril et partit de Civita-Vecchia sur la frégate la Courageuse le 26 mai 1798.
Desaix était, le 8 juin 1798, en vue de l'île de Malte et, le lendemain 9, il fut rejoint par la flotte partie, le 19 mai, de Toulon. Il dirigea l'attaque du fort de Marsa-Sirocco et resta quelques jours à INIalte après le départ de la flotte (19 juin). Il rattrapa celle-ci devant Candie et, lors du débarquement à Alexandrie, il marcha à l'avant-garde à la tête de sa division. Il déploya la plus grande bravoure aux batailles de Chébreiss (13 juillet) et des Pyramides (21 juillet), et fut nommé, le 7 août, commandant de la province du Caire. Chargé par Bonaparte d'aller
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conquérir la haute Egypte, il s'embarqua à Boulaq le 25 août 1798 et remonta le Nil. Le 31 il s'arrêta non loin des ruines d'Héraclée. Le 3 septembre il défit les Mamelucks à Behneceh et, le 7 octobre, Mourad-Bey à Sédiman. Il fut frappé d'une cécité momentanée, alla trouver Bonaparte au Kaire et revint à Beni-Soûef le 16 décembre. Il arriva, le 29 décembre, à Girgèh, battit Mourad-Bey à Samanhout le 22 janvier 1799, visita, le 24, Denderah, et, le 25, Thèbes. Enfin il parvint le i^"" février avec son armée victorieuse en face d'Assoûan, aux confins de l'Egypte. Desaix redescendit ensuite le Nil, atteignit, le 5 mars, Mourad-Bey, le contraignit à se retirer dans les déserts de la Libye et soumit tout le pays. Le 2 avril 1799 il battit de nouveau les Mamelucks. Il se montra si bon et si paternel administrateur qu'il reçut des habitants le beau surnom de Sultan Juste. Le 14 août Bonaparte lui envoya un sabre sur lequel il avait fait graver ces mots : Conquête de la haute Egypte. Le 24 il prévint Desaix de son départ pour la France et lui prescrivit de venir le rejoindre. Desaix visitait la vallée des Tombeaux à Thèbes, quand il reçut cette nouvelle (2 septembre 1799). Il continua son œuvre et culbuta les cavaliers de Mourad-Bey à Sédiman le 9 octobre 1799. Rappelé par Kleber, il arriva au Kaire le 16 octobre. Il remplit la pénible mission de discuter avec l'amiral anglais Sidney-Smith les conditions de l'évacuation de l'Egypte et signa à regret la convention d'el Arich le 24 janvier 1800. Le i "" février il rentra au camp de Salahieh et obtint de Kleber l'autorisation de revenir en France. Il quitta le Kaire, descendit le Nil jusqu'à Rosette et gagna ensuite Alexandrie (21 février). Il s'embarqua, le 4 mars, sur un bâtiment ragusais. Après avoir relâché à Coron (Morée) et à Sciacca (Sicile), il arriva en vue des îles d'Hyères au commencement d'avril, mais fut pris par la frégate anglaise la Dorothée et conduit à Livourne où l'amiral Keith, malgré les sauf-con-