I, INTRODUCTION
créé à un père infortuné le triste devoir de parfaire l'œuvre de son fils. Surmontant une inconsolable douleur, il a, le cœur brisé, essayé de remplir cette pieuse tâche, et il publie une première série comprenant la période révolutionnaire, de 1792 à 1804. •
Dans un tel travail il importait de déterminer rigoureusement le plan. Voici celui auquel on s'est arrêté :
On a dressé la liste des généraux qui ont été tués ou mortellement blessés sur les champs de bataille ou dans un service commandé (1), à l'aide des tables de bronze du musée de Versailles (2), du livre d'or dressé au Ministère de la guerre par M. Léon Hennet et de la liste publiée par M. A. Martinien dans la Révolution française (3). On n'a admis que ceux qui étaient, au moment de leur mort, généraux à titre définitif ou provisoire (4), et on a par conséquent écarté : i° Ceux qui, quoiqu'inscrits à Versailles, n'ont pas eu le grade de général (5); 20 les généraux qui, ayant succombé à des épidémies ou à des maladies, ne peuvent être considérés comme morts sur le champ de bataille ou de leurs blessures (6).
(1) C'est à ce dernier titre que figurent ceux qui ont péri dans des séditions ou des insurrections, tels que Théobald Dillon, Duphot, Négrier, Damesme, Duvivier et Bréa.
(2) Le catalogue du musée de Versailles contient des notices très sommaires et parfois inexactes sur les généraux tués à l'ennemi.
()) N° du 14 mai 1891, p. 4^2. Cette liste ne comprend que les généraux tués pendant les guerres de l'Empire. — On a consulté aussi une Liste chronologique des généraux français ou étrangers au service de France, morts sur le champ de bataille des suites de leurs blessures ou de mort i>io!entc de 179a à 1 8 î 7 ", Paris, 1839, in-8 de 3, pages. Cette liste est pleine d'erreurs et incomplète; elle comprend, pour la partie révolutionnaire, plusieurs adjudants généraux gratifiés à tort du grade de général, tels que Jouye, Langlois, Fouler, Weber, Leturcq, Crétin.
(4) Au cours des recherches, j'ai découvert cinq généraux, de la période révolutionnaire, dont les noms ne figurent pas sur les tables de Versailles: Ihler, Lecomte (René-Françoisi, Blosse, Marigny et Botta.
((,) Tel le major Morlant, tué à la bataille d'Austerlitz.
(6) Tel le général de cavalerie Le Clerc d'Ostein, mort de maladie à Rosette (Egypte). Des généraux, qui avaient été blessés, succombèrent plusieurs mois après à des épidémies. C'est le cas du général Marbot,
INTRODUCTION m
Chaque notice comporte les éléments suivants :
Nom, prénoms, date et lieu de naissance, états de service, principaux combats, récompenses honorifiques, date et nature de blessures, date et lieu de mort.
Les noms sont classés par ordre chronologique de la date du combat où a été reçue la blessure mortelle ; la table rétablira l'ordre alphabétique des noms.
Ce recueil comprend donc des notices sommaires (i), mais d'une exactitude aussi rigoureuse que possible. Tous les points du curriculum vitœ ont été soigneusement déterminés et vérifiés. Les dates de naissance ont été contrôlées sur les actes de baptême, soit aux archives administratives de la guerre, soit aux archives municipales des villes. Une seule n'a pu être retrouvée, celle de Jean-Louis Dumas, tué en Vendée et nommé général après sa mort. Ce Dumas, officier de fortune, né dans les camps, d'un père soldat, orphelin de bonne heure, ignorait lui-même son origine. Quand, en 1782, on lui demanda son acte de baptême pour régler sa pension après trente-huit ans de service, il répondit : « On m'a dit que j'étais né en 1727. J'aurais par conséquent cinquante-cinq ans. » Il faut donc se résigner à n'en savoir pas plus long que Dumas sur sa date de naissance (2).
mort de la peste pendant le siège de Gênes et que son fils, le célèbre auteur des Mémoires, essaya vainement de faire inscrire sur les tables de Versailles, et des généraux Dugua et De Belle, que l'épidémie de Saint- Domingue emporta. — On a aussi écarté le maréchal Mortier et le général Delachâsse de Vérigny, tués par la machine de Fieschi, et qui figurent sur les tables de Versailles.
(1) J'ai recueilli des documents nombreux sur les généraux morts pour la patrie et, si le temps me le permet, je publierai des monographies détaillées sur chacun de ces guerriers, avec la collaboration de M. Léon Hennet. Mais c'est là une tâche longue, et, en attendant, ces notices sommaires seront un guide commode pour les biographes et les historiens et me permettront de bénéficier de toutes les communications et surtout des rectifications que la lecture de ce premier travail suggérera.
(2) Je dois à l'obligeance de M. de Beaurepaire, archiviste de la Seine- Inférieure, l'acte de baptême de Drouet; — de M. Ad. Quantin, maire de