BONNAUD
César. Promu général de brigade le 9 pluviôse an II (28 janvier 1794) et divisionnaire par les représentants du peuple le 11 floréal (30 avril 1794), il se signala à la bataille de Tourcoing (17 mai) et força les lignes de Breda (27 décembre). Le 23 janvier 1795 il entra le premier dans La Haye. Bonnaud fut confirmé dans son grade le 25 prairial an III (13 juin 1795) et envoyé, le 27 messidor (15 juillet), à l'armée des Côtes de Cherbourg. Il en fut détaché avec 6,000 hommes par suite des instructions du Comité de salut public en date du 1 er septembre 1795, pour seconder les opérations de Hoche, et fut chargé de repousser les rebelles qui menaçaient Xantes et de les forcer de se réunir à Charette. Hoche le plaça à la tête de la 3e colonne mobile qui envahit le pays insurgé du côté de Monta igu pour atteindre Saint-Florent (4 octobre 1795). Le 5 frimaire an IV (26 novembre 1795), Bonnaud fut nommé général en chef de l'armée des Côtes de Cherbourg. Il passa ensuite à l'armée de Sambre-et-Meuse, où il prit le commandement de la réserve de cavalerie le 14 pluviôse an IV (3 février 1796). Il fut un des héros de l'armée et s'empara de Castel le 17 août 1796. Le 3 septembre suivant Bonnaud eut sous ses ordres toute la cavalerie de l'armée, et, le 15, il repoussa l'ennemi au combat de Giessen, mais il eut une cuisse cassée par une balle. 11 ne put se rétablir de cette blessure et il succomba à Bonn le 10 germinal an V (30 mars 1797).
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1796, 19 septembre. — Altenkirchen (Allemagne).
MARCEAU-DESGRAVIERS (François-Séverin), né à Chartres (Eure-et-Loir) le Ier mars 1769. Il s'engagea, le 2 décembre 1785, dans le régiment de Savoie-Carignan (infanterie), où il resta jusqu'en juillet 1789, puis entra dans la garde nationale parisienne après avoir assisté à la prise de la Bastille. Admis comme capitaine dans la garde nationale de Chartres en octobre 1789, il fut élu capitaine de la 2 e compagnie du ier bataillon des volontaires d'Eure-et-Loir le 6 novembre 1791, adjudantmajor le ier décembre suivant et lieutenant-colonel en 2e le 25 mars 1792. Il fit partie de la garnison de Verdun et, pendant le siège de cette ville par les Prussiens, il se prononça, dans le conseil de défense, pour une énergique résistance et fut chargé de porter au camp ennemi la capitulation (2 septembre 1792). Il obtint, le 4 septembre 1792, un brevet de lieutenant en premier dans les cuirassiers légers de la légion germanique. Marceau,, envoyé en Vendée, fut promu capitaine en avril 1793 et passa dans le 19e régiment des chasseurs à cheval le icrmai suivant. Au combat de Saumur il arracha de la main des rebelles le représentant Bourbotte, qui avait eu son cheval tué sous lui (9 juin 1793). La Convention déclara, le 13 juin, que Marceau avait bien mérité de la patrie. Le
15 il fut nommé adjudant général chef de bataillon et alla servir à Luçon sous les ordres du général Lecomte. Il se signala aux combats de Luçon (14 août 1793) et de Chantonnay (5 septembre), fut nommé à Beaupréau, le
16 octobre 1793, général de brigade provisoire par les représentants et, le 1 7, contribua puissamment à la victoire de Cholet. Confirmé dans son grade le 5 novembre suivant, il fut promu divisionnaire le 10 du même mois.
42 MARCEAU-DESGRAVIERS [1796]
Après plusieurs échecs subis par le général Rossignol, Marceau fut appelé à remplacer celui-ci comme général en chef de l'armée de l'Ouest par intérim le 28 novembre 1793. A la prise du Mans (13 décembre 1793), il montra autant d'humanité que de bravoure. Enfin la victoire de Savenay (23 décembre), qu'il remporta avec Kleber, couronna cette suite d'heureux succès. Le général dut abandonner son commandement pour cause de santé le 25 décembre; il obtint un congé le 30 et alla se soigner à Rennes, puis à Paris. Dès qu'il fut guéri, il reprit du service actif et fut envoyé, le 14 avril 1794, à l'armée des Ardennes, sous les ordres du général Charbonnier. Il passa la Sambre et prit Thuin le 10 mai suivant et il se couvrit de gloire à la bataille de Fleurus (26 juin). Lors de la formation de l'armée de Sambre-et-Meuse (2 juillet), il y fut attaché sous les ordres de Jourdan, Il prit une part active à tous les combats, notamment à la bataille d'Aldenhoven (2 octobre), et il s'empara de Coblentz où il entra victorieux le 23 octobre 1794. Marceau prit ensuite le commandement de l'aile droite de l'armée (novembre 1 794). Il resta sur les bords du Rhin, à Coblentz, pour surveiller l'ennemi, de décembre 1794 à octobre 1795. Il repassa alors le Rhin, soutint un combat à Neuwied le 18 octobre, s'empara des gorges de Stromberg le 10 novembre, mais fut accablé, le 7 décembre, par les Autrichiens au travers desquels il se fit jour. Il reprit sa revanche à Sultzbach, le 17 du même mois, et signa, le 31, un armistice avec le général Kray. Les hostilités ayant repris le 21 mai 1796, Marceau fut chargé de surveiller la ligne du Rhin avec le commandement de quatre divisions. Il se montra le lieutenant le plus habile de Jourdan dans la fameuse retraite de l'armée de Sambreet-Meuse. Il se battit en désespéré à Limbourg (16 septembre) et à Freylingen (18 septembre). Le 19 septembre, il arrêta l'ennemi à Altenkirchen, mais il fut blessé au côté gauche d'un coup de carabine par un chasseur tyro-
[1796] MARCEAU-DESGRAVIERS — BEAUPUY 4;
lien. Porté chez le commandant prussien de la ville. Marceau succomba le 21 septembre, à trois heures du matin. Il fut inhumé le 24 à Coblentz dans la redoute de Petersberg. L'année suivante, au jour anniversaire des obsèques, le corps de Marceau fut incinéré solennellement et ses cendres, recueillies dans une urne de marbre, furent déposées dans le tombeau en forme de pyramide qui avait été élevé à sa mémoire sur les plans de Kleber.
1796, 19 octobre. — Emmendingen (Bade).
BEAUPUY (Michel- Arnaud de Bacharetie de), né à Mussidan (Dordogne) le 14 juillet 1755. Il entra au service comme volontaire au régiment d'Aunis le 10 juillet 1771, devint sous-lieutenant le 2 mars 1773 et passa au régiment de Bassigny le 26 avril 1775. Lieutenant en 20 le ier octobre 1779.il fit, pendant la guerre contre les Anglais, une campagne sur mer le long des côtes (1780), et fut promu lieutenant en ier de grenadiers le 27 mai 1785. Capitaine au 32e d'infanterie le 15 septembre 1791, capitaine de grenadiers le 14 juillet 1792, il alla servir à l'armée du Rhin sous les ordres de Custine, coopéra à la prise de Spire le 30 septembre 1792 et fut nommé, le 21 octobre suivant, lieutenant-colonel du 4e régiment de la 2e brigade de grenadiers. Attaché à la