PREFACE
SAINT CLOUD. — IMPniMEIlIE BELIN FIILHE:.
co
Si peu qu'on touche à l'histoire Httéraire de Rome, il est impossible de ne pas remarquer quelle large place y ont toujours tenue les rapports de patronage et de cHentèle. Avec un peu de réflexion, ce fait s'explique sans difficulté. Pendant longtemps, les véritables auteurs de profession, ceux qui écrivaient par métier, les poètes surtout, ont été des étrangers, des plébéiens, des affranchis. Médiocrement estimés de la foule, ils n'auraient probablement jamais réussi à se faire jour dans une société hostile ou indifférente, s'ils n'avaient trouvé la protection bienveillante de quelques familles aristocratiques, déjà plus éclairées, qui ouvrirent à ces pauvres gens leur maison, leur crédit, leur influence. Vers la fin de la République, les conditions de la vie littéraire étaient déjà meilleures, et l'opinion s'habituait à croire qu'un <c scribe » méritait de la considération. Mais les hommes qui menaient alors les destinées de l'État, et passaient leur vie à se disputer les honneurs, avaient besoin, pour assurer leur pouvoir, d'une innombrable clientèle; ils travaillèrent à y attirer les gens de lettres, qui commençaient à devenir une puissance ;
18Hf)91
Tr