‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 21 sur 345 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

Marins, qui se vantera de no rien entendre aux niaiseries qui s'apprennent dans les écoles. Désormais les hommes d'Iùat, les généraux, les ambassadeurs, cultiveront les lettres, s'entoureront de philosophes et de poètes; et si quelques-uns, comme l'orateur Antoine, pour flatter les dernières préventions de la foule, font semblant de rester étrangers à la littérature', cette tactique sera bientôt usée, et ne trompera plus personne.

Douze ans après la prise de Carthage, Rome envoyait Scipion contre les Numantins. Dans cette guerre, on voit paraître pour la première fois le poète Lucilius', qui fit ses premières armes sous les yeux de Scipion-. Le général remarqua ce Jeune homme, d'honorable famille, profondément honnête, malgré ses libres allures, et dont l'esprit vif et caustique ne lui déplaisait pas. Il se fit son protecteur officieux, et favorisa ses débuts.

La tradition a conservé de curieux détails sur l'intimité sans façon de Scipion et de La^lius avec leur jeune ami. Cicéron ose à peine croire que ces grands hommes, les premiers de la République, aient pu à ce point u redevenir enfimts' ». Il raconte donc, non sans rougir un peu, non sans demander pardon de la liberté grande, qu'un jour on vit deux consulaires, et quels consulaires! en compagnie d'un tout jeune homme, presque un enfant, ramasser des coquilles sur la plage de f.aëte ; nos trois gadlards, en simple tunique, sans ceinture, jouaient sur la grève comme de vrais gamins du Champ de Mars. Vn autre jour, après dîner — mais ici on se voile la face ! — Lucilius, ayant roulé une serviette en forme de corde, poursuivit Lnelius autour de la salle à manger !

Quoi qu'il en soit de cette aventure, Lucilius ne put jouir longtemps de l'amitié de Scipion; celui-ci périt peu d'an-

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