‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 23 sur 345 · CHAPITRE III Memmius et ses amis · texte numérisé non relu

CHAPITRE III Memmius et ses amis

Etat général «!e la litlérature à Rome au temps de Sylla. — Le siècle de Cicéron; le rùle de protecteur des lettres est très recherché : Pison, Lucullus, Pompée, Antoine, etc., s'entourent de savants et d.' pi.èt.'s. — Memmius; un mot de ses mo'urs faciles, de sa vi.' agitée, de son exil, de sa retraite à Athènes; ses préférences littéraires. — .Memmius et Catulle. (>• qu'il laul penser du caractère de Catulle. Le voyage en Bithynie avec Memmius; désenchantement et plaintes amères du poète. — Memmius et Lucrèce. La philosophie dans la haute souété romaine; Memmius et l'école épicurienne; Mennnius dans le poème de Lucrèce.

Le demi-siècle qui s'étend de la mort de Scipion Emilien à la mort de Sylla est très fîivorable à réloqneiice : les enquêtes pei-pétuelles, les lois agraires, les factioiLs de la noblesse, les démêlés du peuple et du Sénat ouvrent à la parole publique les plus larges perspectives ^ de grands orateurs, Fannius, P. Xasica, les C.racques, Philippe, Crassus, Antoine, se disputent le crédit et le pouvoir. A son tour, le droit devient une puissance : les Tubéron, les Scœvola, les Rutilius Rufus, sont écoutés avec respect, et leurs avis ont presque la force d'un arrêt. Les annalistes apportent dans leur mission d'écrivains, sinon beaucoup d'art et d'élégance, du moins une autdrité et une gravité qui donnent une grande valeur à leurs récits.

La littérature prar/matifpie, si on peut ainsi parler, celle qui assun,' riniluence, celle qui sert d'instrument aux affaires, est donc en pleine prospérité. Mais, au contraire, la poésie semble un peu languissante. Nous avons d'ailleurs

Page 1