‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 24 sur 345 · Voy. Dial. Or · texte numérisé non relu

Voy. Dial. Or

très peu de renseignements certains sur les rares poètes de cette période ; Pomponius, Novius, Afranius, Atta, ne sont pour nous guère autre chose que des noms. Nous ne connaissons rien de leur vie, et tout au plus pouvons-nous soupçonner, d'après l'histoire ordinaire de la poésie à Rome, qu'ils ont du se mettre sous le patronage de quelque puissante famille. Nous savons du moins que Furius d'Antium, auteur d'une épopée*, vivait dans la familiarité deCatulus", le vainqueur des Cimbres, homme instruit, délicat dans ses goiits littéraires, initié aux finesses de Fatticisme grec et de l'urbanité latine % qui semble avoir continué les traditioiLs léguées par Fulvius Nobilior et les deux Scipions.

Pendant Tépoque suivante, qu'on peut bien appeler le siècle de Cicéron, puisque le grand orateur la remplit tout entière de sa gloire, nous n'aurons qu'à choisir entre ceux qui ont protégé les lettres. Les hommes célèbres de ce temps-là ont des clients littéraires, comme ils ont des clients politiques \ et les premiers ne sont pas ceux qui assurent le moins de prestige. Il serait aisé de multiplier ici les exemples et les témoignages ; Catulle est disputé entre cinq ou six nobles maisons \ L. Pison luimême, ce lourd, grossier et cynique personnage, flagellé par Cicéron dans un discours fameux, s'entoure de philosophes corrompus qui servent ses plaisirs ^ Les rapports d'Antoine avec le rhéteur Clodius ne sont pas plus honorables, du moins s'il en faut croire les révélations un peu suspectes de Cicéron ; Clodius était admis à ces « parties de buveurs », où Antoine et ses dignes compères mettaient leur gloire à vider des flacons ; et, comme le rhéteur était pétri d'esprit et de malice^, il ranimait à propos la conver-

1. A. Gell., xvin, 11; Macrob., Salurn.. vi, 1; SchoL Vcron. ad ^neid., L\, 379.

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