‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 298 sur 345 · Capit., Duo Maxim. ^ y · texte numérisé non relu

Capit., Duo Maxim. ^ y

ET LEURS PROfTECTEURS A ROME. 443

nom de son rival ; on lui dit toujours : « C'est Tullus qu'il s'appelle ; » à la quatrième question, l'esclave impatienté répond : « Jam dixi tei\ Tullus dicitur^ , » On peut penser si le peuple applaudit à ce jeu de mots transparent.

Mais ces variations improvisées n'étaient pas même toujours nécessaires pour faire rire le peuple aux dépens du prince ou du gouvernement. Les acteurs, par des intonations habiles et des gestes à l'appui, savaient à l'occasion donner un sens satirique aux passages les plus anodins de leur rôle. La multitude, accoutumée à saisir au vol ces allusions rapides, ne se méprenait pas sur l'intention des mimes* ; la partie chantée, le canticum des espèces de vaudeville qu'on représentait presque toujours, était l'endroit le plus favorable à ces perfidies théâtrales. Le peuple, qui savait beaucoup de ces refrains, y saisissait vite les épigrammes soulignées par le jeu et la voix de l'acteur. Galba, qui pouvait faire un empereur très sortable, avait cependant le malheur de déplaire à la foule; on lui reprochait sa lésinerie; on disait qu'il avait des goûts de paysan ladre. Beaucoup de gens, dont toute la profession était de vivre des largesses du pouvoir, auguraient donc mal d'un règne qui débutait par des économies. Aussi, au premier spectacle qui suivit l'entrée de Galba à Rome, on prétendit le reconnaître dans un air d'atellane, qui cependant n'avait pas été fait pour lui, et tout le monde répéta le couplet moqueur avec entraîna

C'étaient là les petites représailles du peuple contre l'autorité ; mais parfois ces vengeances de la foule étaient terribles. Voici ce qu'osa faire un simple mime sous le règne de Néron, ou plutôt seul un mime pouvait aller jusqu'à cette

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