‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 53 sur 345 · Calif/., 8. Cf. A. GjII., X · texte numérisé non relu

Calif/., 8. Cf. A. GjII., X

preuves de leur empressement. 11 est bien difficile de croire, par exemple, que Marathus, affranchi d'Auguste, eût écrit ses Mé/^ioires 'd\ec une parfaite sincérité*. Nous avons encore un morceau d'une de ces biographies, composée en grec par Nicolas Damascène : c'est un pauvre travail, inspiré par la flatterie la plus maladroite, et un zèle sans dignité.

Ce tableau, rapide et incomplet, que nous ne voulons pas surcharger de minutieux détails, suffit cependant à faire voir qu'Auguste a été assez habile pour attacher à sa fortune les écrivains illustres dé son règne, et la plupart des autres. On peut dire, à tout prendre, que la littérature de ce siècle accepte de bonne grâce la protection de César. Mais quelles sont les séductions offertes aux écrivains agréables?

On comprend que le tarif des récompenses n'était pas uniforme. Quelques écrivains, plus besogneux, plus prodigues ou plus avares, étaient surtout sensibles à des avantages substantiels ; c'étaient des appétits grossiers qu'il fallait satisfaire avec des mets solides, des pensions, des gratifications^ des emplois rétribués. Horace a tracé, il est vrai, ce beau portrait du poète : « 11 n'a pas l'esprit porté à la cupidité ; il aime les beaux vers, voilà toute sa passion; pertes d'argent, fuites d'esclaves, incendies, il se rit de ces mésaventures; il vit de légumes et mange du pain de qualité médiocre-. » Mais c'est l'image du poète idéal; tout au plus pourrions-nous reconnaître ici Horace lui-même et ses amis. Parmi cette foule de poètes qui assiégeaient le pouvoir pour en obtenir des faveurs, il y avait bien des gens positifs, et il fallait à leur empressement des récompenses palpables ; chaque vers de ces âpres panégyristes semblait une requête. C'est d'ailleurs Horace lui-même qui a mis en scène ces hardis quémandeurs, dont l'importunité finissait par arra-

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