‹ Les gens de ParisChapitre 26 sur 47 · OKNS DB PA^I · texte numérisé non relu

OKNS DB PA^I

lîne jourAée de plaisir (Jans ronanibç^ ^e ^ain|- Cloud.

Hélas ! non, celles qui portent des châles bruns n'ont pas de journée^ de plaisir.

Pauvres chères créatures, disgraciées ou honnir tes, quand elle^ vont à Saji^î-Clpud ou à Vinççnnes, ce n'est pas dans les bois!

Voulez-vous la sjiyoir au juste^ rhistpirçpjyrante 4e ce f^MYTe ç^|tl§ de inérinps ^run^

Il appartient aune fepiipe pauvre.

— Pourquoi? demandez -vous d'un air ipalin. Qu'en savez-vous?

Je le sais.

Ce châle n'a pas toujours été brun.

On n'achète pas des châles bruns.

On ne vend pas de châles bruns.

Autrefois celui-ci étjaât gris. Gfis avec une jfraagè jgrise.

Dn jour il est devenu brun, grâce à la çiisère et au teinturier.

La femme qui le portait i [ét^ chjercher au ca^a-

ret son mari, qui buvait et jouait le paia de la maison.

Le mari est venu.

Mais dans la rue solitaire il y a eu une explication.

— Je ne veux pas être blagué par les camarades , a dit rhomme.

— Pense que nous n'aurons pas de pain-; ce n'est pas pour moi que je dis cela, j'y suis habituée; c'est pour le petit, a répondu la femme.

— Je pense ce que je veux. Ce n'est pas moi qui me laisserai mener par une femme.

— Qui songe à te mener?

— Et la preuve, c'est que je m'en retourne.

— Non, tu ne partiras pas.

Vous devinez le reste.

La femme a perdu son châle.

Par suite du système de compensations, elle a trouvé des coups.

Elle a eu faim pendant huit grands jours. Le propriétaire lui a donné congé. Non qu'il

soit aussi mauvais qu'on le prétend, le propriétaire, non, mais son portier lui a dit :

— Puh I la femme ne vaut pas mieux que le mari. Ça va au cabaret. Ça se cogne. Pas plus tard qu'il y a huit jours elle est rentrée sans son châle.

0 bonnes gens qui avez trouvé ce châle brun, si la fortune vous a favorisé, si Dieu vous a donné un bon cœur; quand cette pauvre femme viendra réclamer son triste couvre-misère, forcez-la d'accepter une récompense honnête.

Du reste, je remarque sur la même liste :

Une dame qui a perdu une robe noire;

Une autre, un paletot gris;

Une autre, un châle de laine à effilés ;

Une autre, un manteau de drap.

Bizarre! bizarre!

Gomment font les femmes pour perdre tant de choses?

Après tout, pourquoi s'en plaindre? il n'y a qu'avec ceux qui perdent qu'on a toujours quelque chose • à gagner.

230 JjF.S (ilRm DB PAftIS

S'il est des gens tu^ri^u)^ de r^trpuypr pe qu'ils oot perdu, d'autres sont ^olésf et ipp pajSMraieAt bien du renseignement.

Ils nuudissfiot radm}ni3tratioii ti)tél»|re qui pre^d soin de recueillir la chose égarée.

Ils n^audisfient la feuille obligeant^ qui les iu&)nue.

II9 m^ndissent le déposi^irç trop (ic^ëlp et Tapr pelleat « imbiécile. »

TT- p'où vieps-tuî demande uu mari ^ ^ fiçwipe.

— Je viens de la messe, doupî répond la dame.

— A trois heures?

— D'abord, il n'est p9i3 trois heures,

— Pardon.

— Moins dix.

— Moins dix, soit, Tu es partie à QPze heures,

— La messe a fini à deux heures.

— Trois quarts d'heure pour venir de Notre-Dame de Lorette à la rueOUivier, c'est raide!

— Je yais te dire : c'est que j'ai perdu mon livre de messe,

— Eh bien?

^|:$| GENS P9 PAEIS 231

,^ m biep, je l>i.chçrcJï^,40»»' W 9'»i»epas à perdrçsps, adirés.

— L'as-tu retrpuY.é^jjjpoÎps?

— Si je l'avais retrouva, jg n^ ?çyw§ p3§ ep re-

— C'est iu^te,

-T- Çne je sp j? dppç jcopîrwée l

— B^tb ' lîiÇ yas-tu piWf l« ,(Jé?Qlçy ppur uij ^vre de pjflij frwpç?

— Ce n'est pas pour les cept spus^ ipaîs QP p'aîipe pas à pe^rp ce qp'Qp jj, jjppc !

Huit jour? après, Je ip^ri dij, à sa femme :

— Je vais acheter la Patrie.

Pourquoi faire?

— Je veux voir aux objets trouvés si ton Jivre n'y pst pas.

— J'en ai fait mon (ieuil.

— Jenedispas, njaî^..,

TT- Up liyre dp cent sous, ça n'en vaut pas la peine.

-^ Jiep?, pQfliBjppjs, c'esjt çenj gops,

— Marie, dit monsieur, allez acheter la Patrie, La dame lance à la bonne un regard qui augmentera tous ses poulets de vingt sous.

La domestique revient.

— J'ai demandé la Patrie, il n'y en avait plus; j'ai apporté le Tintamarre à monsieur.

— Ce n'est pas la même chose, dit le monsieur; cette fille est étonnante. Allez changer ce journal.

— Du tout, dit la dame, il est bien plus amusant que la Patine, je pense.

En rentrant dîner, le mari dit à sa moitié : —Tu ne sais pas une drôle de chose?

— Non.

— J'ai lu la Patrie.

— Ahl

— Oui, je crois que j'ai retrouvé ton livre ; il y a : a Dn paroissien et son étui trouvés dans une voiture aux environs du Luxembourg. »

— Quelle bôtise! j'ai perdu le mien à Notre-Dame de Lorette.

— Tiens, c'est juste, je n'y pensais plus. Après ça,

OQ te Ta peut-être pris, et le voleur l'aura peut-être perdu à son tour.

— Que tu es ennuyeux! Tu soupçonnes tout le monde, toi ; tu soupçonnerais l'univers entiers si tu osais.

Suite de la liste des objets trouvés le 18 courant :

« Un porte-monnaie contenant 182 francs.

Un monsieur qui a 182 francs sur lui n'est pas malheureux.

« Un porte-monnaie contenant trois francs soixante-quinze centimes. »

Pauvre garçon 1 II y a des clercs d'huissier qui ne dînent pas tous les jours.

a Une broche en or avec améthiste, »

Une améthiste, quelle horreur 1 C'est bien fait, • épicièrel

« Un porte-salière en argent. »

Tant mieux! voilà un domestique réhabilité.

« Un bouton de manchette en diamant. »

Encore une leçon. Une autre fois, madame, faites des adieux plus modérés.

Un billet de banque. »

(Réflexion du lecteur). Si je l'avais trouvé et que j'eusse appris qu'il appartenait à un pauvre garçon de recette, je l'aurais rendu. Mais si l'on était venu me dire, il est au bureau de Rothschild, ma foi...

a Une montre d'argent. »

Brave Dumanet, doit-il être content!

« Un lorgnon en or. p

Perdre son lorgnon , c'est prouver qu'on en a besoin.

Voici ce qu'on trouve sur la voie publique, dans les omnibus et dans les voitures.

Un autre jour je dirai ce qu'on pourrait y trouver.

Page 1