ACTE i, SCÈNE VIII
vous moucher sans bruit... parler dans les cordes graves, et ne bouger que dans les cas d'absolue nécessité...
Mais..,
MARTEAU
Enfin, si vous continuez à mettre de la pommade comme celle que vous avez là, et si tous vos gilets sont comme celui-ci, d’un ton criard et irritant, vous n’étes point mon fait 1 Refusé le candidat!
TIBCRCEs
Enfin, je...
MARTEAU
Et pour ne vous laisser aucun doute à cet égard... sachez que j’ai mis hors de céans un garçon spirituel, instruit, le propre fils de ma sœur, mon neveu César, tout simplement parce qu’il me tapait sur les nerfs... Donc, tàtez-vousi et si vous ôtes de nature à vous agacer et à. m’agacer, à vous énerver et à m’énerver...
(Il va s'asseoir sur le fauteuil près de la table.)
TIBURCE, le suivant.
Mais permettez,
MARTEAU
Vous comprenez bien, n’est-ce pas, que je ne suis point env barrassé de Marion ?
TIBURCE
Certes, je....
MARTEAU
Et que quand je voudrai la marier...
TIBURCE
Oh! je ne doute pas de...
11 ne me sera pas difficile de trouver...
TIBURCE
Assurément* monsieur,
MARTEAU, qui a donné plusieurs (ois des marques d’Impiticnce, éclatant enfin et te levant.
Mais, ventre d’un petit poisson! ne me coupez donc pas m phrases comme ça!
TIBURCE
Oui, monsieur, (a p«ru) C’est une torpille que ce beau-pêre-là!
MARTEAU
Je disais donc qu’il ne me serait pas difficile de trouver un gendre aussi joli, aussi spirituel.
X1BURCG, ***«.
Mais...
MARTEAU. '
Car vous ne devez pas être fort, vous?
TIBURCE, à Bergetin.
Ah ! il est agaçant 1
MARTEAU, «prêt lui .voir fuit (igné de revenir,
Vous n’ôtes pas beau non plus. (Mouvement’ de Tiborce, qui parte A d..« e .) Mais cela m’est égâl. Ce qui m’importe, encore une fojs, c’est le tempérament de mon gendre. Ma pauvre Marion, je ne veux pas qu’elle ait à souffrir des nerfs de son mari... comme ma pauvre défunte... car ce sont mes nerfs, je le parierais, qui ont tué madame Marteau.
BERGERIN, tranquillement.
Moi, j’en suis persuadé.
MARTEAU
Aussi, je l’ai juré, mes deux filles épouseront n’importe qui cl n’importe quoi, pourvu que ce n’importe quoi-là ne soit pas nerveux... Voilà... vous éles fixé.
Tl BU R CE, vivement.
Ah! monsieur, mais c’est que je suis parfaitement votre ■ homme, parfaitement... car je ne suis pas nerveux du tout, je vous jure que je ne suis pas nerveux !
' MARTEAU
Vous le jurez, vous le jurez... c’est facile à dire, (a paru) Mais nous allons bien voir...
S*»» rien «lire, et au moment ou TiUurce »’v attend le moins, il lui donne eo criant une
Upe fm m. (labié eut «’ épaule, pui* loi saisit le |K> gn«t d'une num, et fl/eud sa montre de
l'autre.)
TI BU R CE, surpris. \
Fichtre! vous m’avez démanché l’épaule! v
MARTEAU, qui compte.
Ça ne fait rien, (a lu.-iuèuu.-.) Le pouls est Ion, il est calme. Une
Diqili ied-’
wnaa ja