ACTE III, SCENE III
MARION
Oh ! il n'y a pas de mal.
LOUIS
Si, si, j'ai eu tort, je l'ai même reconnu devant monsieur Tiburce.
LUCIE
Bah?
LOUIS
Ma mère m'a fait entendre...
CÉSAR
La mère Tuffier s'est mêlée de ça, eh bien ! nous voilà propres !
III remonte.) LOUIS.
Après tout, monsieur Tiburce est dans son droit, puisqu'il est agréé par votre père et par vous peut-être.
Par moi?
LUCIE, à César.
Qu'est-ce qu'il dit donc?
LOUIS
Aussi je viens vous dire un éternel adieu.
(Il va pour prendre son chapeau sur la table.) MARION^ retirant le chapeau pour qu'il ne le prenne pas.
Hein?
CÉSAR, assis sur la causeuse;
Allons, bon! qu'est-ce que je disais?
MARION, à Louis.
Monsieur Tiburce agréé par moi, as-tu dit?
LOUIS, d'un ton dolent.
Oh ! je ne vous en veux pas, Marion.
MARION
Mais...
LOUIS, toujours sans l'écouter.
Vous n'êtes pas votre maîtresse.
MARION
Je...
LOUIS
Vous ne vous appartenez pas.
Encore une fois...
LOUIS
Et puis, cet homme... s'il a su vous plaire?
LUCIE et MARION.
Mais...
LOUIS j de même.
Je dois le respecter. Car ce ne peut être un homme ordinaire, celui qui a su se faire aimer de Marion.
MARION
Mais quand je te dis...
LOUIS , se retournant vers elle.
Vous voudriez peut-être faire violence à vos sentiments...
MARION
Mais je te répète...
LOUIS
Il ne le faut pas. Si vous reveniez à moi, ce ne serait que par charité, sans doute.
MARION
Hein?
LOUIS
Et mon cœur ne demande pas l'aumône; je ne veux pas de votre pitié.
MARION, impatientée.
Ah ! à la fin...
LOUIS
Ah ! du moins, Marion, ne me maltraitez pas, ne me dites pas de duretés...
MARION
Moi!
LOUIS
Puisque je me fais justice moi-même, en me retirant, puisqu'enfin je vous rends votre liberté.
MARION, se crispant.
Oh! ça va finir mal ! (voulant parier.) Une dernière fois..»
LOUIS, lui tendant la main, sans la regarder.
Oui, une dernière fois votre main, Marion.