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QUELQUES INDUSTRIES A LA MODE

— Voici, mon cher ami, lui dit-Il, le quartier des manufacturiers, tailleurs, arrangeurs et fripiers du pays. Les manufacturiers sont rares, mais les arrangeurs abondent. Ils sont classés par catégories.

Les souffleurs s'emparent d'un petit rien, d'un détail négligé par l'ouvrier, et savent si bien l'enfler en le soufflant, qu'ils en fabriquent un volumineux ouvrage.

Les ravaudeurs sont moins ingénieux. Tout leur

art consiste à donner un air de nouveauté aux choses les plus vieilles et les plus usées. C'est le procédé qu'emploiera un jour l'écrivain qui doit publier notre voyage.

Les ravaudeurs ont pour auxiliaires quelques teinturiers qu'on appelle collaborateurs.

Les vrais peintres sont en très-petit nombre. Mais on trouve en revanche des enlumineurs étonnants. Toutefois il ne faut rien leur demander de ressemblant; ce n'est pas là leur métier. Ils exagèrent si bien ce qu'ils ont vu, qu'il est impossible de se représenter un objet quelconque d'après la description qu'ils en savent faire.

Ces derniers venus, qui se sont installés dans des boutiques toutes neuves, nous donnent le dernier mot de l'artifice moderne. Poussés par cette soif de publicité qui prive de leurs commis tant de boutiquiers de province, n'ayant d'ailleurs ni l'imagination, ni la fécondité nécessaires, ces industriels s'emparent de l'œuvre d'un autre.

Ils changent les hommes en femmes — et réciproquement. Il est très-difficile de reconnaître un roman

arrangé de la sorte. Je recommanderai ce procédé aux jeunes fruits secs de la littérature.

— Tous ces personnages me portent sur les nerfs, interrompit Aristide. Mélous-nous plutôt à ces groupes de promeneurs.

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