SÎ17E
sitis.
sij aith.
Sjus,
elsv,
sint,
sij aina.
En ce qui louche la formation des temps du prétérit, on trouve premièrement les verbes qui ont le redoublement et le changement de voyelle. Sanscrit : ttqj, frapper; prétérit, iutôpa. Grec : rejAVû),
Le sanscrit a perdu plusieurs formes que des dialectes plus jeunes ont retenues (1). On est donc conduit à supposer l'existence d'une langue mère, qui aurait fait pour ainsi dire la première éducation de la race indo-européenne, lorsque, peu nombreuse encore, elle vivait sous le même ciel, avant que chaque peuple s'en détachât pour aller attendre à son poste les ordres de la Providence. Dans cette longue émigration, à travers tant de siècles et de périls, comment les hommes n'eussentils pas beaucoup oublié? Plus ils s'enfoncent du midi au septentrion et de l'est à l'ouest, plus les traditions s'obscurcissent dans les langues comme dans les mœurs. Ainsi le grec conserve plus de flexibilité que le latin, tandis que l'éclat et la régularité du gothique ne se reconnaissent pas chez l'anglo-saxon, perdu aux dernières extrémités de l'Occident.
couper; T£Top.a. Latin : pango, pepigi. Gothique; slêpa, saislép. Secondement, ceux qui altèrent seulement la voyelle. Latin : capio, cepi; ago, agi. Gothique : giba, gab; standa, stoht. Troisièmement, ceux qui intercalent une consonne pour former une désinence. Grec: Xûu, XE>.u)4a. Latin : amo, amavi. Gothique : baba, habaida.
(4) En comparant le nombre des flexions que prend le verbe régulier dans divers idiomes indo-européens, j'en trouve environ 500 en sanscrit (sans compter les participes), à peu près autant dans le grec, 150 en latin, 40 en gothique, 25 enteutonique, 21 en Scandinave, 12 en anglo-saxon. Cependant, au subjonctif, le latin sint et le teutonique sijaina gardent la caractéristique n, qui disparait dans le sanscrit sjits.
24i CHAPITRE IV.
Les lan^^ues germaniques se raltnchent à celles de l'Asie par un autre lien, par Talphabet. On a longtvmps douté que l'art d'écrire lût connu en Germanie. Tacite veut que l'écriture y soit restée a un secret ignoré des hommes comme des femmes (1). Mais en même temps il décrit les bâtons divinatoires, marqués de signes déterminés, dont les combinaisons servaient à faire connaître l'avenir ; il indique, sur les confins de la Germanie et de la Pihétie, des monuments couverts d'inscriptions en lettres grecques. C'est assez pour laisser soupçonner l'emploi d'une écriture savante, consacrée à des usages religieux, et dont les formes n'étaient pas sans ressemblance avec l'alphabet commun de la Grèce et de l'Italie. Plus tard, lorsque Ulphihis traduit la Bible dans la langue des Goths, il se sert de l'alphabet grec ; mais il y ajoute plusieurs lettres, qui n'ont d'analogues que dans les caractères appelés runiques. Ces caractères paraissent au sixième siècle chez les Francs, ensuite chez les Anglo-Saxons, les Saxons, les Scandinaves. Ils y sont liés aux opérations magiques, aux rites des sépultures, à tout ce qu'il y a de plus ancien dans
(1) Tacite, Germania, 19 : « LiUerarum sécréta viri pariter ac fœraina; ignorant. » Cf. c. x et m. La question de l'existence de l'îilplialjft chez les Germains a été vidée dans le savant traité de W. Grimin : Die Deutsche Riiiien.
LES LANCIES. 243
les coutumes et dans les souvenirs (1). Odin luimême est l'inventeur des runes, il les porte gravées sur la baguette mystérieuse qui doiiie la paix ou la guerre aiiX nations; c'est lui qui en enseigna l'usage aux rois et aux sacrilicaleurs : de là ce système d'écriture sacrée con u par tout le Nord. Un chant angio saxon, d'origine païenne, mais qui a reçu des retouches chrétiennes, présente la série des runes, avec leurs noms et leurs sens, dans une suite de vers empreints de cette naïveté qui est le caractère des premiers âges.
F. Feoh, L'Argent. — L'Argent est la joie de l'homme. L'iomme doit donc le répandre avec libéralité, s'il veut obtenir jugement favorable.
(1) W. Grimm [Deutsche Runen) a publié deux alphabets gothiques et plusieurs alphabets anglo-saxons, saxons, Scandinaves. A la tin du sixième siècle, le poète Fortunat, écrivant à son ami Flavus, le conjure de lui répondre en langue barbare, s'il ne veut le faire en latin :
Barbaia fraxineis pingatur runa tabellis Quodque papyrus agit, virgula plana valet.
Rhabanus Maurus enrichit son traité de Invetitione linguarum d'un alphabet qu'il attribue aux Marcomans ; il en indique l'emploi superstitieux : « Littcras quibus utiinlur Marcomanni i|uos nos Nordmannos vocamus, inIVa sciiptas lialiemus, a quibus origincm qui theosticam loquentur linguam Irabunt. Cum quibus carmiiia sua incantalionesque ac divinationcs significare procurant qui adhuc paganis ritibus iuvolvuntur. » Au temps de Rhabanus, on donnait aussi le nom de Marcomans et do iNorniaiids aux taxons établis au delà del'Elije. Cf. Fulcuin, ap. d'Achery Spicilegiam, 155; et Ilclmoldus iXigeltus, Chronic.
U. t/r, Le Bison. — Le Bison a la tète dure et les cornes
hautes. C'est la bête cruelle qui combat les cornes en avant, frappant du pied dans le marais. C'est le plus fier des animaux.
Th. Thorn, L'Épine. — L'Épine est très-aiguë ; elle est dangereuse sous la main de l'homme ; elle est souverainement incommode à celui qui dort avec elle.