‹ Les Germains avant le christianismeChapitre 20 sur 26 · LA JUSTIFICATION DE GIDRUNA · texte numérisé non relu

LA JUSTIFICATION DE GIDRUNA

ou l'épreuve de I-'eaU BOUILLAMTE chez les SCANDINAVES (l).

Gudruna, la veuve de Sigurd, devenue l'épouse d'Alli (d'Attila), est accusée d'infidélité par une esclave appelée Ilerkia. Gudruna demande l'épreuve du feu.

« Convoque mes frères, dit-elle, avec leurs guerriers cuiras- « ses ; que je sois entourée de tous ceux qui me tiennent de « près par le sang.

« Fais venir, du pays des Saxons qui habitent au midi, (( riionmie puissant, celui qui sait consacrer par des paroles la « chaudière bouillante. » — Sept cents hommes sont entrés dans la salle avant que l'épouse du roi plongeât la main dans la chaudière.

« Je ne vois point Gunar, dit-elle; je n'appelle point « à mon secours Ilogni. , . Je ne reverrai plus mes deux « frères. Je pense que l'épée d'IIogni vengerait une si « grande injure ; maintenant je suis réduite à me défendre « moi-même. »

« Aussitôt elle plongea sa main blanche jusqu'au fond, et elle en tira les cailloux verdoyants- « Maintenant, soyez té- « moins, guerriers, que je suis déclarée innocente, selon les « rites sacrés, si fort que bouille cette chaudière.»

(1) Edda Sœmv7idar , II, Gudrunar qnida en Thridia.

« Alors Attila rit dans son cœur, en voyant Gudruna lever

ses mains intactes. « J'ordonne maintenant, dit-il, que l'es-

(( clave Herkia s'approche de la chaudière, elle qui a porté

« contre Gudruna le témoignage du crime. »

« Nul n'a vu chose digne de pitié, s'il n'a vu comment les mains d'Iîerkia furent bri^ilées. On emmena la jeune fille, on la noya dans le marais fangeux. Ainsi Gudruna eut satisfaction de ses injures. »

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