LA JUSTIFICATION DE GIDRUNA
ou l'épreuve de I-'eaU BOUILLAMTE chez les SCANDINAVES (l).
Gudruna, la veuve de Sigurd, devenue l'épouse d'Alli (d'Attila), est accusée d'infidélité par une esclave appelée Ilerkia. Gudruna demande l'épreuve du feu.
« Convoque mes frères, dit-elle, avec leurs guerriers cuiras- « ses ; que je sois entourée de tous ceux qui me tiennent de « près par le sang.
« Fais venir, du pays des Saxons qui habitent au midi, (( riionmie puissant, celui qui sait consacrer par des paroles la « chaudière bouillante. » — Sept cents hommes sont entrés dans la salle avant que l'épouse du roi plongeât la main dans la chaudière.
« Je ne vois point Gunar, dit-elle; je n'appelle point « à mon secours Ilogni. , . Je ne reverrai plus mes deux « frères. Je pense que l'épée d'IIogni vengerait une si « grande injure ; maintenant je suis réduite à me défendre « moi-même. »
« Aussitôt elle plongea sa main blanche jusqu'au fond, et elle en tira les cailloux verdoyants- « Maintenant, soyez té- « moins, guerriers, que je suis déclarée innocente, selon les « rites sacrés, si fort que bouille cette chaudière.»
(1) Edda Sœmv7idar , II, Gudrunar qnida en Thridia.
« Alors Attila rit dans son cœur, en voyant Gudruna lever
ses mains intactes. « J'ordonne maintenant, dit-il, que l'es-
(( clave Herkia s'approche de la chaudière, elle qui a porté
« contre Gudruna le témoignage du crime. »
« Nul n'a vu chose digne de pitié, s'il n'a vu comment les mains d'Iîerkia furent bri^ilées. On emmena la jeune fille, on la noya dans le marais fangeux. Ainsi Gudruna eut satisfaction de ses injures. »