‹ Les Germains avant le christianismeChapitre 21 sur 26 · LE CALENDRIER DES ANGLO-SAXONS · texte numérisé non relu

LE CALENDRIER DES ANGLO-SAXONS

FRAGMENT d'UiN TRAITÉ DE BEDE SUR LE CALCUL DES TEMPS (l).

« Les anciens Anglo-Saxons (car il ne me semble point convenable de l'aire connaître le calendrier des autres peuples, et dépasser sous silence celui de ma nation) mesuraient leurs mois sur le cours de la lune; d'oij vient que, chez eux, la lune nommait le mois, comme chez les Hébreux et les Grecs. En effet, dans leur langue la lune est appelée mona, et le mois monalli. Et leur premier mois, celui que les Latins nomment janvier, s'appelle (juUi; février, sol moiialh ; mars, rhed inonalh ; avril, eo5/wr monath ; mai, trimilchi ; iw'm, //rfrt; juillet, //</r/; août, iceid vionath ; septembre, lialerj monatlt ; octoUn', wuijulyr fijllijtli ; noxemuiv, blot monath;

(1) Beda |a'cs]ntcr, de l^ilioiie iemporum, c;ip. xui.

décembre, giiili, du même nom que janvier. Or ils commençaient l'année le liuitième jour avant les calend(;s, où nous célébrons maintenant la Nativité du Seigneur ; et la nuit, qui est sainte pour nous, était appelée d'un nom païen mœdrenech, c'est-à-dire, la mère des nuits, probablement à cause des cérémonies qu'on y célébrait pendant la veille sacrée. Et, toutes les fois que l'année était commune, ils donnaient à cbaque saison trois mois. Mais quand il y avait lieu à l'intercalation, c'est-cà-dire à une année de treize mois lunaires, ils ajoutaient le mois excédant à l'été; en sorte qu'alors trois mois prenaient le nom de lida, et, par cette raison, l'année s'appelait trilidi, avec quatre mois d'élé et trois mois pour cbacune des autres saisons. Ils faisaient aussi deux grandes divisions de toute l'année entre l'biver et l'été, attribuant à l'été les six mois où les jours sont plus longs que les nuits, et les six autres à l'biver ; d'où vient que le mois où commençait le temps d'hiver était appelé iviiyntyr fijllyth, d'un nom composé de celui de l'hiver et de celui de la pleine lune, parce que l'hiver commençait à la pleine lune de ce mois. Il n'est pas non plus hors de propos d'expliquer la signification des noms qu'on donnait aux autres mois. Les deux appelés guili tirent leur nom du retour du soleil, et de la croissance des jours, que l'un de ces mois précède, et que l'autre suit. Sol monalh peut se traduire le mois des gâteaux sacrés, parce qu'alors ils en offraient à leurs dieux. RJied monath était le nom de leur déesse Rhcda, à qui ils faisaient alors des sacrifices. Eoslur monath, qu'on appelle aujourd'hui le mois pascal, était ainsi nommé de leur déesse Eostre, dont ils célébraient alors la fête. Ils ont conservé la même dénomination au temps de Pâques, désignant ainsi par le nom d'une observance antique les joies d'une solennité nouvelle

Trimilchi se nommait ainsi, parce que dans ce mois on avait coutume de traire les troupeaux troisrfois par jour ; car telle était autrefois la fécondité des pâturages en Bretagne ou en Germanie, d'oii sortit le peuple des Anglo-Saxons. Lida signifie clément ou navigable , parce que dans ces deux mois le ciel est clément et serein, et que c'est le temps ordinaire de la navigation. Weid monatli est le mois de l'ivraie, parce que c'est alors surtout qu'elle foisonne. Ilaleg monatii était le mois des cérémonies sacrées. Wuyntijr fyUyth désignait, d'un nom composé, la pleine lune et l'hiver. Blot monath signifiait le mois des immolations, parce qu'alors ils égorgeaient les victimes vouées à leurs dieux. Grâces vous soient rendues, ô bon Jésus, qui, nous retirant de ces vaincs superstitions, nous avez donné de vous offrir des sacrifices de louanges! »

ALPHABET RUiNIQUE SCANDINAVE.

Bien neTprouve'mieux la communauté des traditions du Kord que la comparaison du poëme anglo-saxon sur l'alphalict runique, dont j'aidoinié la tiaduction, avec le chant Scandinave qu'on va lire, où les mêmes lettres se reproduisent dans le même ordre, accompagnées des mêmes interprétations et souvent des mêmes sentences. Seulement chaque strophe se compose ici de deux vers rimes, liés entre eux par la consonnanceetnon par le sens. Les retouches chrétiennes s'y font

mieux sentir, sans effacer cependant les allusions mythologiques obscures maintei^nt, mais qui avaient alors leur commentaire dans la tradition.

F. fe, l'argent.

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