‹ Les gestations dites prolongéesChapitre 17 sur 26 · Causes générales de prolongation de la grossesse · texte numérisé non relu

Causes générales de prolongation de la grossesse

a) PRÉDISPOSITION. — HÉRÉDITÉ.

Il semble que certaines femmes présentent des conditions particulières et personnelles qui les prédisposent à voir se succéder chez elles des grossesses prolongées.

Charpentier rapporte le cas d’une femme qui a eu 8 enfants : le premier dans un délai normal, les 7 autres sont nés 10 mois révolus après la date dé la dernière époque. Les enfants ont tous dépassé les proportions normales, le plus petit pesant 4.750 gr., ils ont tous présenté une tête plus ossifiée qu'à l'ordinaire et une longueur de 53 à 54 c/m.

Deewes à noté une tendance semblable chez quatre femmes et Montgomery a observé une femme qui a été enceinte 13 fois et a dépassé 4 à 5 fois la date prévue de 4 à 6 semaines. Des observations semblables

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ont été faites sur les animaux ; sur huit vaches multipares, Krahmer en trouve trois qui ont tendance à avoir des gestations plus longues que les autres.

Au point de vue de l’hérédité, Retzius rapporte le cas d’une mère et de ses deux filles qui présentaient toutes trois des gestations de durée anormale. Le cas des femmes d’une même famille qui accouchent prématurément est bien connu. Pourquoi un facteur inverse ne pourrait-il jouer ?

Nous n'avons pu relever de faits de cet ordre dans nos observations.

Le rôle de la prédisposition et de l’hérédité semble donc pouvoir être incriminé dans une certaine mesure, dans le cas de grossesse prolongée.

b) LA GESTATION RETARDÉE,

La notion de la gestation retardée a été mise en lumière par les travaux de Lataste, cités dans la thèse de Lavoine. Celui-ci, expérimentant sur les souris, a montré que lorsqu'une femelle pleine allaite le temps normal un nombre normal de petits, la gestation, au lieu de 20 à 21 jours, dure de 29 à 36 jours. Le retard de la gestation est proportionnel au nombre de petits allaités et, en général, à chaque nourrisson, correspond un jour de retard. Celui-ci est aussi proportionnel à la durée de l'allaitement. Or, pendant les 4 à 6 premiers jours, la lactation n'influe pas sur la durée de la gestation, parce que l’ovule fécondé n'arrive dans l'utérus qu'à ce moment. Si la lactation se prolonge plus de 6 jours, la gestation subit un arrêt dont la durée correspond au retard dont elle est affectée. Pour-

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quoi subit-elle cet arrêt et ce retard ? C’est que, pense Lataste, l’activité de l'organisme maternel étant détournée au profit de la lactation, l’ovule ne trouve pas dans l'utérus les conditions d'alimentation dont il a besoin. Si l’on provoque expérimentalement une dépense d'activité de l'organisme, par un traumatisme par exemple, on obtient également un retard, comme dans le cas de la lactation. Re

Ainsi la lactation, les traumatismes et toute cause susceptible de détourner l’activité de l'organisme maternel peuvent engendrer en quelque sorte une vie latente de l'œuf. Pourquoi n’en pourrait-il pas être de même dans lespèce humaine ? I} nous est impossible de savoir si la femme qui allaite présente une gestation prolongée, car le point de repère que cons: titue la menstruation manque dans ce cas, ainsi que les observations de grossesse ayant débuté après un seul coît, chez une fenime qui nourrit. Mais en raisonnant par analogie, nous sommes forcés de conclure que le fait est possible. D’autres causes qui nous échappent sont peut-être également capables de produire cette vie latente de l'œuf, cause de prolongation de la gestation.

Dans le nombre de nos observations, nous n’avons trouvé que deux cas de maladie en cours de gestation : une fièvre typhoïde et des crises comitiales, auxquels on pourrait appliquer la théorie de Lataste pour expliquer la prolongation de la gestation qui a duré respectivement 311 jours et 302 jours.

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