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Jofîre ordonna d'édifier en ce lieu un monastère où il plaça des religieuses Bénédictines tirées du couvent de Sant Père de las Puellas, fondé par Louis-le-Pieux dans la banlieue de Barcelone, et Richilde fut la première abbesse du monastère de Notre-Dame du Montserrat.
Jean Gari se retira dans une grotte éloignée où il finit ses jours dans la pénitence. Richilde mourut le même jour, et ils furent admis l'un et l'autre aux joies éternelles du Ciel *.
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ofTre le Poilu ne put se remettre de l'agitation que lui avaient causée tant d'événements prodigieux. Il sentit (jue la vie se fermait derrière lui et que le terme de ses jours approchait. 11 manda en sa présence son fils aîné .lofTn*, son successeur, pour s'entretenir avec lui devant les barons, en ce moment rassemblés autour de son lit. Il lui fit jurer qu'il gouvernerait en foi et en loyauté, sous peine d'encourir l'ire et le courroux du Souverain Juge et de la Vierge Marie, protectrice de la Catalogne. Il demanda aussi sa femme et ses autres enfants pour les bénir et les recommanda aux barons avec prière de les conseiller sagement et de les garder lovalement. Et il rendit son âme à Dieu. Et ce fut en l'an de l'Incarnation de Noire-Seigneur neuf cent et deux.
Son corps fut ouvert et embaumé à la manière des rois et mis tn belle et glorieuse sépulture, à grande douleur et à grande tristesse de tous les assistants. Au dehors l'aniicfion fui générale parmi le peuple.
Le plus sage et le plus valeureux- des hommes fut porté en l'église du monastère de Sainte-Marie de Hipoll, (|ui suipassail «ans comparaison loules les autres églises en riches.ses cl en
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ornements. Des milliers de Catalans suivirent le cercueil avec des signes du plus profond respect et des sentiments de la plus grande tristesse, car chacun pçrtait honneur et grande alTection à l'illustre mort.
Au passage de son corps, les cloches des villages halançaient leurs glas funèbres, après avoir sonné tant de fois j)our célébrer ses victoires immortelles sur les ennemis de la foi chrétienne. Derrière le char, orné et paré de très riches draps de soie à marguerites et autres pierres précieuses, venaient les fils du grand homme, et son aîné portait la bannière et l'écu sur lesquels llamblaient les quatre barres écarlates.
I.e ix*" siècle venait de finir, .loflre le Poilu en est une des figures les plus saillantes, et il n'est point de popularité égale à la sienne dans l'histoire de la (Catalogne, il a fondé un Etat dont le rôle a été des plus brillants dans les annales des peuples, et c'est à dater de son principal que les Catalans commencent à être quelque chose comme une « Nation ».