‹ Les gisements de mercure de Californie;Chapitre 1 sur 41 · I. — Introduction · texte numérisé non relu

I. — Introduction

L'exploitation des mines d'Almaden remonte certainement à mie haute antiquité ; mais les premières notions un peu précises sur leur constitution géologique datent du milieu de notre siècle, et sont dues, pour une grande partie, à une des illustrations du corps des ingénieurs des mines espagnols, Casiano de Prado. Le premier, en i85o, il dressa un plan pétrographique de la mine principale ; il remarqua les lignes de stratification, et commença à distinguer les différentes roches. Devenu, vers 1841, directeur des tablissements d'Almaden, il se consacra à cette lourde tâche avec un dévouement infatigable, dont se sou<*

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viennent encore aujourd'hui quelques vieux chefs mineurs, et ne l'abandonna que lorsque sa santé, minée par les vapeurs mercurielles contre lesquelles son zèle ne lui permettait aucune précaution, l'obligea à renoncer à un poste si dangereux.

Après avoir occupé cette place pendant deux ans « sans pouvoir presque penser à la géologie ♦» , comme il le dit lui-même, et chargé désormais de fonctions moins absorbantes, il put, en 1846, publier sur les mines d'Almaden un premier travail, dans lequel il décrivit les gisements, les rapportant, sans plus de distinctions, aux terrains de transition.

Beudant disait, vers i83o, que le mercure se trouvait à Almaden dans le trias. Un peu plus tard, M. Leplay avait reconnu dans la Sierra Morena deux terrains de transition, mais sans arriver à établir des lignes de démarcation précises (*).

Ce fut M. de Verneuil qui, le premier, en i85o, s'occupa sérieusement dé l'étude paléontologique de la Sierra Morena. Après avoir recueilli un certain nombre de fossiles, il ne tarda pas à reconnaître qu'il y en avait de deux époques : il put faire la part de ceux qui appartiennent au terrain silurien, et de ceux qui caractérisent le terrain dévonien, tâche facile, dit M. de Verneuil, puisque, malgré les dislocations du sol, les fossiles siluriens etdévoniens ne sont jamais réunis dans les mêmes couches.

Il restât à connaître l'ordre de superposition des couches et la disposition des deux terrains, l'un par rapport à l'autre, à voir s'ils y existaient seuls, à étudier les roches plutoniques, à trouver l'époque de l'apparition du cinabre et à chercher le plus grand nombre possible de fossiles. C'est à cette tâche que se consacra M. de Prado.

(♦) Voir Annotes des mines, 5* série, t. V, p, 176 et suîv., et 5* série, t. Ti, p. 397 et suiv., notamment p. 3/ko.

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Les recherches qu'il fit de 1 852 à 1 855 et dont le résultat est exposé dans le Bulletin de la Société géologique : Sur la géologie SAlmaden. d'une partie de fa Sierra Mo-renay et des montagnes de Tolède (tome XII, i855), achevèrent de prouver que le système silurien supérieur n'était représenté dans le centre de TEspagne que par exception, et seulement par les schistes à Cardiola interrupta, tandis que dans la plupart des cas les couches • dévoniennes reposaient immédiatement sur celles du système silurien inférieur, contemporaines des grès et schistes de LIandeilo.

Si le grand espace qu'occupent les terrains anciens en Espagne donne beaucoup d'mtérêt aux fossiles que M. Gasiano de Prado y a découverts, on peut dire que les difficultés que présentent les études stratîgraphiques dans cette région ajoutent encore à cet intérêt. En effet les plissements, les failles et les dislocations que l'écorce du globe y a éprouvés font qu'il est souvent très-difficile, sinon impossible, de se rendre compte de l'ordre de superposition originaire des couches. Certaines bandes dévoniennes paraissent être intercalées dans le terrain silurien inférieur; mais comme les fossiles qu'elles renferment sont les mêmes que dans les couches dévoniennes régulièrement superposées au terrain silurien, comme jamais il n'y a de mélange des fossiles des deux époques, le paléontologiste se*prononce sans hésitation, là où le stratigraphiste reste incertain. En présence des convulsions auxquelles l'Espagne a été soumise, on peut affirmer que la paléontologie y fournit aux géologues un instrument plus nécessaire que dans aucune autre partie de l'Europe.

Cette complication extrême des terrains anciens en Espagne permet de comprendre que leur étude ne soit pas plus avancée qu elle ne l'est aujourd'hui. Les moyens de communication sontsi insuffisants, les conditions matérielles de la vie sont si difficiles dans la Sierra Morena, que les reconnaissances géologiques y sont forcément limitées.

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Les ingénieurs qui se sont succédé à Àlmaden n'étaient pas tous géologues, et d'ailleurs ils étaient trop absorbés par leurs fonctions spéciales pour pouvoir s'occuper beaucoup de recherches scientifiques. D'autre part, les ressources ont longtemps fait défaut ; les crédits alloués à la Commission de la carte géologique étaient des plus restreints, et ce n'est que depuis quelques années que cette Commission est en état de fournir des travaux réguliers.

L'état actuel des connaissances sur la géologie d' Almaden est dont à peu près le même qu'il y a vingt ans (*) ; le développement des travaux a sans doute fait connaître quelques faits nouveaux, mais bien des questions restent dans le doute, et y resteront sans doute encore longtemps.

Nous n'avons pas,, dans le présent travail, la prétention d* élucider tous les points obscurs; notre but est simplement d'exposer l'état des connaissances acquises sur les gisements d' Almaden.^ Nous avons essayé de les étendre un peu par une étude attentive des roches qui accompagnent les filons, et d'arriver ainsi à déterminer approximativement l'époque de la venue du mercure.

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