I. -^ Description de Fusine d*Alttiaden
L'usine de distillation, désignée sous le nom de Cereo de Buitrenes (enceinte des Vautours) , occupe l'extrémité occidentale de la colline sur laquelle est bâtie la ville d'Almaden. Elle forme un rectangle irrégulier de 3ao mètres de longueur sur 240 mètres de largeur environ^ de telle sorte que la surface dépasse 7 hectares et demi. Des murs d'une grande hauteur entourent de toutes parts ce vaste circuit, pour protéger rétablissement contre les tentatives de vol.
L'installation à l'intérieur de cette enceinte, la disposition des différents groupes de fours ne méritent pas une étude spéciale ; l'usine, construite il y a plus de deux siècles, s'est agrandie peu à peu, de telle façon que si, il est vrai, les fours sont groupés dans le voisinage les uns des autres, ils sont cependant construits sans aucune disposition systématique et régulière.
On emploie à Almaden deux types de fours, tous deux d'ailleurs connus depuis longtemps. Le plus ancien est le four dit four de Bustamante qui, imaginé par Lope Saavedra Barba, à Huancavelica, fut introduit à Almaden, en i653, par Bustamante; l'autre a été copié, au commencement de ce siècle, sur les fours à chambres de condensation alors en usage à Idria, et on lui a conservé le nom de four d'Idria, quoiqu'il soit abandonné dans cette dernière localité.
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Les fours de Bastamante, ou fours à aludels, sont tou**jours réunis deux par deux ; ils sont dans l'usine entière ai| nombre de vingt, formant dix groupes de deux fours chacun.
Le four proprement dit est une cuve cylindrique, de 2 mètres de diamètre, sur 6'^^bo de hauteur; la cuve est fermée à sa partie supérieure par une voûtte hémisphérique, percée d'une ouverture destinée au chargement du minerai. Une paroi à claire-voie en maçonnerie de briques, nommé la red, divise la cuve, à mi-hauteur, en deux compartiments : cette red est formée par une série d'arcs en briques, parallèles les uns aux autres.
Le compartiment inférieur est le foyer ; une porte placée de côté sert à introduire le combustible et à attiser le feu : elle s'appelle Yatizadero. Une cheminée placée près de Yatizadero sert à faciliter la combustion en activant le tirs^e et à éviter le passage dans l'appareil de condensa* tion de la plus grande partie des fumées. On brûle des branches d'arbustes, désignées sous le nom de monU^bajo, que l'on trouve en abondance sur la plupart des montagnes qui entourent Almaden.
Le compartiment supérieur, ou le vase, est celui qui reçoit la charge; il communique par une série de fenêtres avec douze files parallèles d'allonges en terre, nommées aludels^ qui s'emboîtent les unes dans les autres de manière à former une véritable conduite à section variable ; les joints sont lûtes le plus exactement possible. Les aludels, au nombre de 4o ou 4^ dans chaque file, sont disposés sur deux plans inclinés convergents, appelés, le premier cabeza (tête) ou !•' demi-plan, le deuxième rabera (arrière) ou 2* demi-plan. Les aludels du demi-plan de tête portent au ventre une ouverture de 2 à 4 millimètres de diamètre qui permet au mercure condensé dans la panse de l'allonge d'en sortir et de descendre le long du plau incliné jusqu'à un canal en pente légère suivant la ligne d'inter-
section des deux demi-plans. Les aludels du deuxième demiplan u*ont ^as ces ouvertures ; ils aboutissent à deux chambres de condensation (une chambre par six files), surmontées de petites cheminées dont on peut ouvrir plus ou moins le registre pour régler le tirage au point que l'on juge convenable.
Le mercure sortant des aludels coule par le canal du bas du demi-plan de tête jusqu'à un récipient en pierre, nommé pila on pileta. Des conduites souterraines en fer le conduisent ensuite directement au magasin.
Le four d'Idria ne diffère réellement du four de Bustamante/ que par les appareils de condensation et par les dimensions.
Le four proprement dit a 3 mètres de diamètre et 7",5o de hauteur ; le feu y est, comme au four à aludels, séparé du minerai par une voûte à jours. Le compartiment supérieur communique par cinq conduites de chaque côté avec deux systèmes de six chambres chacun, communiquant l'une avec r autre par des ouvertures allernativement placées au haut et au bas. Lai dernière de chacune de ces chambres est plus haute que les précédentes, de manière à former cheminée.
Les chambres de condensation sont revêtues d'une couche de ciment de Portland pour empêcher le mercure de se perdre par les joints de la maçonnerie. Leur base a la forme d'une pyramide tronquée renversée, au sommet de laquelle se réunit le mercure pour aller, par un petit canal, au réservoir en pierre et de là par des conduites souterraines au magasin central.
L'usine d'Almaden n'a que deux de ces fours d'idria : ils sont réunis dans un seul massif.
La canalisation souterraine qui permet au mercure de tous les fours de descendre par son propre poids jusqu'au magasin est assurément un ouvrage bien simple : elle n'a néanmoins été établie qu'en 1871; grâce à ce travail, on
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évite dçs pertes dans le transport, et surtout on rend la fraude beaucoup plus difficile qu elle ne Tétait auparavant.
Le magasin est un bâtiment isolé, sévèrement surveillé, contenant douze cuves en fer, destinées à recevoir chacune le mercure qui provient d'un groupe de deux fours. Ces cuves sont exactement* graduées, de manière que la seule inspection du niveau permette de connaître le poids de mercure renfermé dans chacune d'elles.
Si nous mentionnons encore quelques ateliers de réparations, un petit atelier pour la fabrication et la cuisson des aludels, et quelques bâtiments servant de bureaux, nous aurons achevé la description de l'installation, extrêmement simple, on Je voit, de l'usine d'Almaden.
IL — Traitement du minerai (*).
La réaction sur laquelle est fondée la métallurgie du mercure est elle-même, en effet, d'une très-grande simpli-' cité. En présence de l'air, à une température suffisamment élevée, le sulfure de mercure se grille, donnant naissance à du mercure métallique, en vapeurs, et à de l'acide sulfureux. Le grillage s'effectue dans la cuve, la condensation des vapeurs dans les aludels du four de Bustamante ou dans les chambres du four d'Idria.
Voici de quelle manière se fait le travail :
i"" Au four Bustamante. Chaque opération, au four à aludels, dure trois jours.
Le chargement s'effectue en déposant d'abord sur la red (la grille en briques) une couche de o^jAo de solera pauvre ou, à son défaut, de pierre de carrière entièrement stérile. Sur cette première couche, on jette les morceaux les plus
(*) On ne distille qu'en hiver, et j'ai visité Almaden en été; ce n'est donc pas ici une description de visu^ mais seulement d'après les explications qu'ingénieurs et contre-maîtres m*ont données avec une inépuisable complaisance, et d'après les livres de l'établissement.
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gros de minerai pauvre» puis une certaine quantité ûe china pauvre et de requiebro^ au-dessus de laquelle s'entasse le métal (minerai riche) jusqu'à la hauteur des fenêtres. On met sur le métal les débris d'aludels cassés dans les.opérations antérieures, et Ton achève de remplir avec les briquettes ou boules de bacUco. On faii parfois aussi entrer dans ces briquettes les poussières mercurielles riches provenant de la condensation, et retirées des aludels aux opérations précédentes. Les boules sont alors naturellement plus riches que lorsqu'elles ne sont faites que de minerais menus et de terres.
Les charges ne sont ni pesées, ni même mesurées; les ouvriers ont toutefois une assea grande habitude des fours pour ne faire varier qu'assez peu la composition de la charge. Celle-ci est formée à peu prë9 de :
Métal
Solera / . .
Boutes de barfsisco.
mètres cubes.
200 boules.
pesant.
Total.
kilog.